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Lemba plongée dans l’horreur : Meurtre du professeur Abata Diabar et lynchage d’un suspect présumé
La commune de Lemba s’est réveillée sous le choc d’une tragédie d’une rare violence. Dans la nuit du dimanche 4 au lundi 5 janvier 2026, entre 1 h et 2 h du matin, le professeur Abata Diabar, éminent enseignant de droit à l’Université de Kinshasa et avocat respecté du Plateau des Professeurs, a été sauvagement assassiné à son domicile.
Ce crime odieux a instantanément plongé le quartier dans une stupeur glaciale, brisant le sentiment déjà fragile de sécurité dans cette partie de la capitale.
Un suspect reconnu, une foule déchaînée
Le lendemain du drame, un événement tout aussi tragique est venu alourdir le bilan. Selon des témoignages concordants des habitants, un individu s’est présenté au domicile du défunt, prétendant venir présenter ses condoléances. Mais le fils du professeur aurait reconnu en lui l’un des présumés agresseurs de son père et a aussitôt alerté les voisins.
En quelques minutes, la colère populaire a supplanté toute retenue. L’homme a été pris à partie, ligoté, lynché, puis brûlé vif. Des images d’une violence insoutenable, largement relayées sur les réseaux sociaux, témoignent de la brutalité de la scène et soulèvent de graves interrogations sur la dérive de l’autodéfense populaire à Kinshasa.
Silence et lenteur des forces de l’ordre
Le plus troublant dans cette double tragédie reste l’absence d’intervention rapide des forces de sécurité. Bien que des agents de police aient été signalés à proximité du lieu des faits, ils ne seraient arrivés que plusieurs heures plus tard, laissant la foule exercer sa justice expéditive.
Cette lenteur, perçue comme une défaillance grave, alimente l’indignation et ravive les critiques sur l’efficacité et la réactivité des services chargés de la protection des citoyens.
Une insécurité persistante à Lemba
Ce drame s’inscrit dans un contexte sécuritaire déjà préoccupant. Le 24 décembre dernier, la commune de Lemba avait été le théâtre d’un braquage au cours duquel plus de 4 000 dollars américains avaient été emportés par des malfrats, heureusement sans faire de victimes.
Le meurtre du professeur Abata Diabar et le lynchage qui s’en est suivi viennent renforcer le sentiment d’abandon et d’insécurité qui gagne les habitants.
Un vide intellectuel et une question nationale
Figure respectée du monde académique et juridique congolais, le professeur Abata Diabar laisse derrière lui une communauté universitaire endeuillée, un vide intellectuel profond et une famille plongée dans une douleur indicible.
Au-delà de l’émotion, son décès repose avec force la question de la sécurité urbaine à Kinshasa, où la population oscille dangereusement entre désespoir, colère et quête de justice dans un contexte d’État fragilisé.
Dans l’attente des conclusions officielles des enquêtes annoncées, une interrogation s’impose avec acuité : combien de vies faudra-t-il encore sacrifier pour que Lemba, et Kinshasa tout entière, trouvent enfin des réponses crédibles à la crise sécuritaire qui les ronge ?
Barca Horly Fibilulu Mpia/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Nord-Ubangi à l’arrêt : les médecins déclenchent une grève sèche pour salaires impayés
L’intersyndical de la santé du Nord-Ubangi a annoncé une grève sèche dans toutes les structures publiques de la province à compter de ce vendredi 06 février. La décision a été prise à l’issue d’une Assemblée générale tenue dans l’après-midi par les médecins et infirmiers.

Des mois de salaires impayés en cause
Réunis sous la bannière de l’intersyndical, les professionnels de santé dénoncent le non-paiement de leurs salaires par la Banque Afriland First Bank. Selon les représentants syndicaux, le personnel de santé des quatre territoires de la province cumule trois mois d’arriérés de paie ordinaire (PO), tandis que celui du chef-lieu, Gbadolite, attend encore un mois de salaire.
À ces retards s’ajoutent les paies complémentaires (PC) du quatrième trimestre 2025, également restées impayées.
« Nous n’avons plus d’autre choix »

Face à cette situation jugée intenable, les « blouses blanches » ont décidé de suspendre toute activité médicale jusqu’au règlement intégral des arriérés.
« Nous n’avons plus d’autre choix que de recourir à une grève sèche. Nos revendications sont claires : le paiement immédiat des salaires de novembre et décembre, ainsi que des compléments du dernier trimestre 2025 », a déclaré le docteur Sisco Ngunde, président syndical, à l’issue de la réunion.
Un système de santé public menacé

Cette grève risque de paralyser le système de santé public dans la province du Nord-Ubangi, où les hôpitaux et centres de santé font déjà face à de sérieuses difficultés matérielles et financières. En attendant une issue favorable, les patients pourraient être contraints de se tourner vers des structures privées ou de différer leurs soins.
Appel urgent aux autorités

L’intersyndical lance un appel pressant aux autorités provinciales et nationales afin qu’elles interviennent sans délai pour éviter une crise sanitaire majeure aux conséquences potentiellement dramatiques pour la population.
Caroline Ndoba/CONGOPROFOND.NET
