Analyses et points de vue
L’économie bleue en RDC : un avenir durable pour l’océan, le fleuve et les rivières
Alors que le monde a accueilli plus de 70 chefs d’État et de gouvernement à Nice pour la troisième conférence des Nations Unies sur les océans, il est essentiel de porter une attention particulière à l’impact que cette thématique a sur des pays comme la RDC. Avec un réseau fluvial parmi les plus vastes et les plus riches en biodiversité, la RDC a un rôle crucial à jouer dans la promotion de l’économie bleue.
Cette économie qui vise à exploiter les ressources maritimes et d’eau de manière durable. L’économie bleue représente une opportunité pour les pays côtiers et ceux dotés de vastes ressources en eau douce, comme la RDC. Elle englobe toutes les activités économiques qui dépendent de l’eau, qu’il s’agisse de la pêche durable, de l’aquaculture, ou encore du tourisme écologique.
Dans un monde où les océans sont menacés par la pollution accrue, la surexploitation des ressources et les effets du changement climatique, l’économie bleue offre un cadre pour une gestion durable des écosystèmes aquatiques. Les océans, qui couvrent 71 % de la surface de notre planète, jouent un rôle vital dans la régulation du climat. Cependant, ils font face à de nombreux défis.
Environ 8 millions de tonnes de plastique y sont déversées chaque année, et 34 % des stocks de poissons sont considérés comme surexploités. Malgré les efforts pour protéger ces écosystèmes marins, seulement 3 % des océans bénéficient d’une protection stricte. Pour la RDC, cela signifie une nécessité urgente d’adopter des pratiques de gestion durable des ressources aquatiques.
Elle doit tenir compte de la pollution et des pressions exercées sur les écosystèmes fluviaux, notamment le fleuve Congo, l’un des plus longs et des plus importants au monde. Lors de la conférence de Nice, l’Union européenne présentera un Pacte européen pour les océans, qui met l’accent sur la nécessité de restaurer les océans et d’assurer un développement économique durable.
La stratégie européenne repose sur six piliers, incluant la protection active des écosystèmes marins et la promotion d’une économie bleue durable. Cela souligne que pour atteindre un bon état des mers et océans, il est impératif de préserver les zones marines. Cela inclut l’objectif ambitieux de 30 % d’aires marines protégées d’ici 2030. Cette initiative peut inspirer des pays comme la RDC.
Elle doit également prendre des mesures pour protéger ses richesses hydriques et promouvoir une gestion durable de ses ressources. L’avenir de l’économie bleue en RDC dépend de l’engagement à préserver les écosystèmes aquatiques tout en développant des initiatives économiques durables. En adoptant des pratiques de pêche responsables et en investissant dans l’aquaculture durable. Mais aussi en sensibilisant les communautés locales aux enjeux de la protection de l’eau.
La RDC peut non seulement contribuer à la préservation des ressources maritimes et fluviales, mais aussi garantir un avenir meilleur pour ses citoyens. Un élan vers la durabilité n’est pas seulement une nécessité éthique, mais un impératif économique. La protection des océans et des rivières est intimement liée à la prospérité des générations futures. En prenant des mesures dès aujourd’hui, la RDC pourrait devenir un modèle d’économie bleue, inspirant d’autres nations à faire de même.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Analyses et points de vue
RDC : Quid de la réinsertion familiale et la protection des enfants ? (Par Zagor Mukoko Sanda)
Le profil social de Kinshasa est caractérisé par la pauvreté, les inégalités, les disparités dans les conditions de vie entre les différentes couches de la population. Dans la Ville de Kinshasa, on compte plusieurs catégories de groupes vulnérables : enfants et femmes en situation difficile, personnes du troisième Age, personnes vivant avec le VIH, personnes avec handicap, déplacés, malades mentaux, les personnes victimes de sinistres et calamités naturelles.
Les activités dans ce secteur sont assurées par le Ministère des Affaires sociales, en partenariat avec les Organisations non gouvernementales avec l’appui des organisations humanitaires internationales. Ces activités visent principalement l’assistance sociale, la récupération, la réinsertion socio-professionnelle.
En optant pour l’accompagnement des acteurs sociaux dans le travail social , le CEPEF s’est orienté principalement dans l’analyse des phénomènes sociaux et des pratiques professionnelles ,la vulgarisation des normes et standards de prise en charge des enfants en situation difficile et les activités de renforcement des capacités des acteurs sociaux dans le domaine de réinsertion et la protection des droits des enfants et leurs familles dont certaines ont élues domicile dans la rue.
CEPEF, structure de réflexion pour des pratiques innovantes

Il faut noter que le CEPEF est une organisation non gouvernementale initiée par les Chercheurs, les Experts en travail social qui œuvrent pour la promotion des droits et la protection de l’enfant et de la famille et la réinsertion socioéconomique des enfants et jeunes de la rue.
Le CEPEF a pour ambition de faire le point sur les savoirs et des pratiques professionnelles du travail social au profit de ses bénéficiaires. Il se focalise sur les rôles et les fonctions des travailleurs sociaux dans les structures publiques et dans celles du mouvement associatif congolais. Le CEPEF s’appuie sur les réalisations professionnelles dans une perspective actualisée qui permet d’entrevoir ce qui est effectivement reconduit aujourd’hui et ce qu’il faut impérativement faire advenir demain pour une coresponsabilité dans la protection de l’enfant dans la société.
Le Processus de Réinsertion
Un des objectifs du CEPEF est, d’une part, de renforcer les compétences de l’acteur social à mieux accompagner l’enfant en rupture familiale à s’intégrer réellement dans la société et rétablir la relation entre cet enfant et dans sa famille grâce au processus de réinsertion « IDMRS » à travers la scolarisation, l’intégration des enfants dans les différents mouvements de jeunesse.
A propos de l’aspect « rétablir la relation entre l’enfant et la famille « , il importe de faire remarquer qu’il renvoie au départ de la relation entre l’enfant et l’éducateur social ou l’assistant social. Le premier contact avec l’enfant, selon les acteurs sociaux, est très déterminant car il peut favoriser la réussite du processus en cas d’acceptation mutuelle. Pour parvenir l’acteur social utilise ses techniques professionnelles de base marquées par sa disponibilité à savoir : l’observation, l’entretien et l’écoute. Grace à l’identification de l’enfant, le travailleur social prend connaissance de l’enfant puisque ce dernier est appelé à décliner son identité, celle de ses parents, ses ambitions et son problème.
Par les enquêtes sociales, l’acteur social prend connaissance de la famille biologique ou élargie, jauge la possibilité de réunification familiale, établit un contact direct avec la famille, cherche l’implication effective de la famille au projet de réinsertion à court ou long terme de l’enfant.
Le processus de réinsertion demande beaucoup des moyens humains, matériels et psychologiques. Chaque enfant est un cas qui demande des moyens selon la gravité de sa situation car chaque enfant à son histoire spécifique.
Suivi psychologique pour les violences
Les cas les plus difficiles pour l’aboutissement de la réinsertion sont dans l’accompagnement psychosocial des enfants victimes des violences psychologiques, verbales ou physiques. L’apport des psychologues cliniciens est très déterminant pour redonner la confiance en soi annulée. L e CEPEF s’appuie l’expertise de l’équipe des psychologues cliniciens sous la responsabilité de la Sœur Professeur Jacky BUKAKA PhD et de la CT Etiennette Mukwanga.
La formation continue ou le renforcement des capacités est très indiqué, gage d’un bon résultat dans la protection de l’enfant dans les centres d’hébergement du territoire.
Zagor Mukoko Sanda
