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Analyses et points de vue

Illusion agricole et abandon politique : le mirage de la « revolution verte » sous Jean Bakomito Gambu

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Le Haut-Uélé, province historiquement agricole, se retrouve aujourd’hui engluée dans une confusion politique et un manque de vision criant. Alors que le gouverneur Jean Bakomito Gambu avait fait de la « revanche du sol sur le sous-sol » un slogan phare de sa campagne, force est de constater que les réalisations sur le terrain peinent à convaincre.

Entre projets symboliques, communication politicienne et absence de transparence budgétaire, la politique agricole provinciale ressemble davantage à une opération de relations publiques qu’à une véritable stratégie de développement. Pire encore, une pépinière à Itayi suffit-elle à masquer l’inaction généralisée ? Avec Jean Bakomito, c’est toujours grandes ambitions et petites réalisations.

En 2023, Jean Bakomito Gambu dans son discours de campagne s’engageait à réaliser une « révolution agricole. Relancer les cultures pérennes (café, cacao, palmier à huile) pour diversifier l’économie provinciale. Soutenir les petits planteurs via des subventions en semences et outils agricoles. Réhabiliter les routes de desserte agricole pour désenclaver les zones rurales.

Faire du Haut-Uélé un modèle national en matière d’agro-industrie. Le bilan après deux ans est un trompe-l’œil politique. Une pépinière à Itayi serait-elle un arbre qui cache la forêt ? Le gouvernement provincial vante la mise en place d’un « champ pilote » à Itayi, avec 74.102 plantules de café et cacao. Mais derrière cette vitrine médiatique, aucune stratégie globale ne se dessine :

Où sont les 150 hectares promis par territoire ? Pourquoi seulement 700 hectares aménagés sur toute la province, alors que des milliers restent en friche ? Combien de paysans ont réellement bénéficié de ces plants ? Un budget agricole dérisoire, une exécution opaque. Alors que plus de 80% de la population dépend de l’agriculture, le budget provincial alloué à ce secteur reste inférieur à 1% – un scandale économique.

Pire, aucune transparence sur les fonds effectivement dépensés, aucun audit indépendant pour vérifier l’impact des projets annoncés, des outils distribués symboliquement (quelques houes et machettes) sans plan de suivi et des infrastructures agricoles toujours inexistantes. Le ministre du Développement rural, Muhindo Nzangi, a beau vanter l’exonération des taxes agricoles, les routes de desserte restent impraticables.

Les centres de stockage sont vétustes et les paysans continuent de vendre à perte faute de débouchés. Le cas Bavabee est un succès financé par le PNUD, pas par la province. Le PIREDD Haut-Uélé (programme soutenu par le PNUD et la KOICA) a permis des avancées concrètes 854 hectares sécurisés pour l’agriculture durable, 244 hectares protégés contre l’érosion, des comités locaux de développement mis en place.

Mais ces résultats sont-ils le fait du gouvernement Bakomito ? Non. Ils relèvent d’un projet international, avec un financement externe et une gouvernance indépendante. Le gouverneur parle de « révolution verte », mais sur le terrain : aucun plan crédible pour les cultures vivrières (manioc, maïs, riz), aucune politique de crédit agricole pour les petits exploitants et aucune lutte sérieuse contre l’accaparement des terres.

Résultat ? Les paysans restent livrés à eux-mêmes, tandis que les projets « phares » (comme la pépinière d’Itayi) servent surtout à alimenter la propagande gouvernementale. Pourquoi une telle opacité ? Qui bénéficie réellement des subventions agricoles ? Pourquoi aucun rapport d’exécution budgétaire n’est publié ? Pourquoi les chefs de terre ne sont-ils pas associés aux décisions ?

Le Haut-Uélé pourrait devenir le grenier de la RDC, mais pas de mécanisation agricole, pas de transformation locale (les produits sont exportés bruts), pas de politique de commercialisation. Est-ce par incompétence ou par manque d’intérêt ? Jean Bakomito Gambu a-t-il vraiment l’intention de transformer l’agriculture provinciale, ou se contente-t-il d’effets d’annonce pour masquer son inaction ?

Les faits sont têtus. Une pépinière ne fait pas une politique agricole, des outils distribués en grande pompe ne nourrissent pas une province, un budget dérisoire trahit un manque de priorité. Il est temps d’exiger un plan agricole clair, chiffré et vérifiable. Une réelle transparence budgétaire et une inclusion des paysans dans les décisions. Sinon, la « revolution verte » du Haut-Uélé ne sera qu’un mirage de plus.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Analyses et points de vue

RDC : Quid de la réinsertion familiale et la protection des enfants ? (Par Zagor Mukoko Sanda)

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Le profil social de Kinshasa est caractérisé par la pauvreté, les inégalités, les disparités dans les conditions de vie entre les différentes couches de la population. Dans la Ville de Kinshasa, on compte plusieurs catégories de groupes vulnérables : enfants et femmes en situation difficile, personnes du troisième Age, personnes vivant avec le VIH, personnes avec handicap, déplacés, malades mentaux, les personnes victimes de sinistres et calamités naturelles.

Les activités dans ce secteur sont assurées par le Ministère des Affaires sociales, en partenariat avec les Organisations non gouvernementales avec l’appui des organisations humanitaires internationales. Ces activités visent principalement l’assistance sociale, la récupération, la réinsertion socio-professionnelle.

En optant pour l’accompagnement des acteurs sociaux dans le travail social , le CEPEF s’est orienté principalement dans l’analyse des phénomènes sociaux et des pratiques professionnelles ,la vulgarisation des normes et standards de prise en charge des enfants en situation difficile et les activités de renforcement des capacités des acteurs sociaux dans le domaine de réinsertion et la protection des droits des enfants et leurs familles dont certaines ont élues domicile dans la rue.

CEPEF, structure de réflexion pour des pratiques innovantes

Il faut noter que le CEPEF est une organisation non gouvernementale initiée par les Chercheurs, les Experts en travail social qui œuvrent pour la promotion des droits et la protection de l’enfant et de la famille et la réinsertion socioéconomique des enfants et jeunes de la rue.

Le CEPEF a pour ambition de faire le point sur les savoirs et des pratiques professionnelles du travail social au profit de ses bénéficiaires. Il se focalise sur les rôles et les fonctions des travailleurs sociaux dans les structures publiques et dans celles du mouvement associatif congolais. Le CEPEF s’appuie sur les réalisations professionnelles dans une perspective actualisée qui permet d’entrevoir ce qui est effectivement reconduit aujourd’hui et ce qu’il faut impérativement faire advenir demain pour une coresponsabilité dans la protection de l’enfant dans la société.

Le Processus de Réinsertion

Un des objectifs du CEPEF est, d’une part, de renforcer les compétences de l’acteur social à mieux accompagner l’enfant en rupture familiale à s’intégrer réellement dans la société et rétablir la relation entre cet enfant et dans sa famille grâce au processus de réinsertion « IDMRS » à travers la scolarisation, l’intégration des enfants dans les différents mouvements de jeunesse.

A propos de l’aspect « rétablir la relation entre l’enfant et la famille « , il importe de faire remarquer qu’il renvoie au départ de la relation entre l’enfant et l’éducateur social ou l’assistant social. Le premier contact avec l’enfant, selon les acteurs sociaux, est très déterminant car il peut favoriser la réussite du processus en cas d’acceptation mutuelle. Pour parvenir l’acteur social utilise ses techniques professionnelles de base marquées par sa disponibilité à savoir : l’observation, l’entretien et l’écoute. Grace à l’identification de l’enfant, le travailleur social prend connaissance de l’enfant puisque ce dernier est appelé à décliner son identité, celle de ses parents, ses ambitions et son problème.

Par les enquêtes sociales, l’acteur social prend connaissance de la famille biologique ou élargie, jauge la possibilité de réunification familiale, établit un contact direct avec la famille, cherche l’implication effective de la famille au projet de réinsertion à court ou long terme de l’enfant.

Le processus de réinsertion demande beaucoup des moyens humains, matériels et psychologiques. Chaque enfant est un cas qui demande des moyens selon la gravité de sa situation car chaque enfant à son histoire spécifique.

Suivi psychologique pour les violences

Les cas les plus difficiles pour l’aboutissement de la réinsertion sont dans l’accompagnement psychosocial des enfants victimes des violences psychologiques, verbales ou physiques. L’apport des psychologues cliniciens est très déterminant pour redonner la confiance en soi annulée. L e CEPEF s’appuie l’expertise de l’équipe des psychologues cliniciens sous la responsabilité de la Sœur Professeur Jacky BUKAKA PhD et de la CT Etiennette Mukwanga.

La formation continue ou le renforcement des capacités est très indiqué, gage d’un bon résultat dans la protection de l’enfant dans les centres d’hébergement du territoire.

Zagor Mukoko Sanda

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