Provinces
« Le veuvage n’est pas une fatalité, c’est une casquette que toute femme mariée peut porter un jour » (Odile Mabanza)
À l’occasion de la Journée internationale des veuves, célébrée ce lundi 23 juin 2025, les veuves de Butembo, dans la province du Nord-Kivu, ont été exhortées à vivre dignement et à rejeter toute forme d’autodévalorisation. Le message fort a été lancé par Madame Mabanza Dibi Odile, cheffe du service urbain du Genre, Famille et Enfant, en marge de cette journée commémorative.
« Le veuvage n’est pas synonyme de vulnérabilité. Être veuve, c’est une casquette que toute femme mariée peut porter un jour. Lorsque le mari décède, la femme doit prendre la relève et diriger dignement sa famille. Nous les encourageons à ne pas vivre dans la mendicité ni dans la débauche, mais à affirmer leur valeur », a déclaré Mme Mabanza.
Présent à cette rencontre, le pasteur Papy Kambale Kamaliro, représentant de la Fédération des familles pour la paix mondiale et l’unification, a pour sa part insisté sur l’importance de se préparer spirituellement, affirmant que « la vie sur terre détermine la place que chacun occupera dans le monde spirituel ».
« Nous sommes tous des voyageurs sur cette terre. Comprendre d’où l’on vient, où l’on est, et où l’on va est fondamental. Il faut donc bien se préparer, ici et maintenant, pour la vie spirituelle », a-t-il souligné.
Au-delà des discours, plusieurs thèmes majeurs ont été abordés au cours de la journée, notamment :
- Le droit à la succession pour les veuves,
- L’autonomisation par l’entrepreneuriat féminin,
- Les maladies spécifiques affectant les veuves,
- Et d’autres problématiques souvent négligées dans les politiques publiques.
L’activité, organisée dans la salle Simposium pour la paix en Afrique (SIPA), s’est clôturée par une caravane à pied, symbole de la visibilité que réclament les veuves. Le thème retenu cette année:
« Des femmes invisibles aux problèmes invisibles », rappelle l’urgence de briser le silence autour des réalités que vivent ces femmes souvent oubliées.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Bumba : « GTS » reprend son pouvoir coutumier au groupement Ndobo après 11 mois de tensions
Le secteur de Monzamboli, dans le groupement Ndobo, a été le théâtre d’un événement hautement symbolique ce vendredi 24 avril 2026 : la reprise officielle du pouvoir coutumier par l’élu provincial Lingomba Saidi, connu sous le nom de GTS. La cérémonie, empreinte de solennité, s’est tenue en présence d’une quinzaine de députés provinciaux de la Mongala, sous la conduite du ministre provincial de l’Intérieur, Christophe Nzongolo Pape e Makpobo, et du chef de secteur Israël Tonga Ngbangu Lisika.

Une crise coutumière de près d’un an enfin dénouée
Cette investiture met un terme à près de 11 mois de tensions et de rivalités entre GTS et Makengo, fils de l’ancien chef de groupement aujourd’hui décédé. Le différend, profondément ancré dans les enjeux de succession coutumière, avait alimenté une situation d’instabilité au sein de la communauté locale, divisant les notabilités et suscitant l’inquiétude des habitants.
Un attachement revendiqué au siège ancestral
Malgré ses responsabilités en tant que député provincial, Lingomba Saidi n’a jamais renoncé à son autorité coutumière. Refusant de céder ce qu’il considère comme un héritage légitime, GTS a maintenu sa position tout au long du conflit, affirmant son attachement au trône ancestral. Cette détermination semble aujourd’hui avoir trouvé une issue favorable avec sa reconnaissance officielle.
Vers une accalmie durable à Ndobo ?
La présence des autorités provinciales et des élus à cette cérémonie traduit une volonté politique d’apaiser les tensions et de restaurer l’ordre coutumier. Reste désormais à savoir si cette reprise de pouvoir marquera le début d’une stabilité durable dans le groupement Ndobo, longtemps fragilisé par cette crise de succession.
Liévin Molota mo Yambuli/CONGOPROFOND.NET
