Analyses et points de vue
Le paradoxe du contrôle : l’art de ne rien forcer et la sagesse de l’abandon
Nous vivons dans une société obsédée par la maîtrise. Tout doit être planifié, optimisé, forcé : nos carrières, nos relations, nos émotions. Pourtant, les plus grandes leçons de la vie nous viennent souvent lorsqu’on cesse de résister, comme un fleuve qui ne cherche pas son chemin mais le trouve simplement en coulant. La vie nous enseigne que le lâcher-prise est la plus haute forme d’intelligence
La philosophie antique, les sagesses orientales et même la psychologie moderne convergent vers une vérité simple mais profonde : rien de vrai ne s’épanouit sous la contrainte. Ni les conversations, ni les amitiés, ni l’amour, ni même l’attention ne peuvent être arrachés sans perdre leur essence. La vie trouve toujours sa voie ; comme un fleuve détourné de son lit en creuse toujours un autre.
Les fleurs ne forcent pas leur éclosion ; elles s’ouvrent quand les conditions sont réunies. De même, les relations authentiques ne naissent pas de la pression, mais d’un terreau de patience et de réciprocité. Lao-Tseu enseignait que l’eau, molle et flexible, finit par user le rocher le plus dur. Forcer, c’est être le rocher. Accueillir, c’est être l’eau. Il faut toute la vie pour apprendre à vivre et éviter le piège du remplissage.
Combien de dialogues deviennent des monologues par peur du vide ? Socrate, lui, pratiquait la maïeutique : il accouchait les esprits par des questions, sans imposer de réponses. C’est la profondeur du non-dit. Comme l’écrivait Camus, « le silence est un univers à part entière ». Une amitié forcée est un bruit qui étouffe la musique des âmes complices. Là où il y a l’amour, il y a la vie. Mais l’amour enchaîné n’est plus de l’amour.
Il faut reconnaître que forcer une relation, c’est comme pousser éternellement un rocher en haut d’une montagne — un effort absurde qui nie la liberté de l’autre. Il faut distinguer ce qui dépend de nous (nos actions) et ce qui n’en dépend pas (les sentiments d’autrui). Forcer l’attention, c’est confondre les deux. L’attention est un don, pas une dette. La vraie sagesse de la vie consiste à voir l’extraordinaire dans l’ordinaire.
Les réseaux sociaux nous ont fait croire que l’attention se monnaye. On ne naît pas aimé, on le devient — par une alchimie naturelle, jamais par la manipulation. Il existe ce qu’on appelle le culte de l’instant, l’art d’être pleinement présent. Une attention forcée est une présence morte. Vis comme si tu devais mourir demain. Apprends comme si tu devais vivre toujours. L’abandon est une puissance.
Il faut imaginer Sisyphe heureux. Accepter ce qu’on ne peut changer, c’est trouver la joie dans l’effort même, sans attente. La souffrance naît du désir de tout posséder, même les cœurs. La paix naît du lâcher-prise, comme un arbre laisse tomber ses feuilles sans résistance. Il faut avoir le courage de ne pas forcer. Forcer, c’est croire qu’on peut violenter le temps, les sentiments et les destins.
Le plus lourd fardeau, c’est d’exister sans vivre. La plus grande sagesse n’est pas dans la conquête, mais dans l’accueil; pas dans la possession, mais dans la gratitude pour ce qui vient et ce qui part. Une vie est une œuvre d’art, il n’y a pas de plus beau poème que vivre pleinement. Et vivre pleinement, c’est parfois simplement laisser vivre, laisser les ignorants étaler leurs limites.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Analyses et points de vue
RDC : Quid de la réinsertion familiale et la protection des enfants ? (Par Zagor Mukoko Sanda)
Le profil social de Kinshasa est caractérisé par la pauvreté, les inégalités, les disparités dans les conditions de vie entre les différentes couches de la population. Dans la Ville de Kinshasa, on compte plusieurs catégories de groupes vulnérables : enfants et femmes en situation difficile, personnes du troisième Age, personnes vivant avec le VIH, personnes avec handicap, déplacés, malades mentaux, les personnes victimes de sinistres et calamités naturelles.
Les activités dans ce secteur sont assurées par le Ministère des Affaires sociales, en partenariat avec les Organisations non gouvernementales avec l’appui des organisations humanitaires internationales. Ces activités visent principalement l’assistance sociale, la récupération, la réinsertion socio-professionnelle.
En optant pour l’accompagnement des acteurs sociaux dans le travail social , le CEPEF s’est orienté principalement dans l’analyse des phénomènes sociaux et des pratiques professionnelles ,la vulgarisation des normes et standards de prise en charge des enfants en situation difficile et les activités de renforcement des capacités des acteurs sociaux dans le domaine de réinsertion et la protection des droits des enfants et leurs familles dont certaines ont élues domicile dans la rue.
CEPEF, structure de réflexion pour des pratiques innovantes

Il faut noter que le CEPEF est une organisation non gouvernementale initiée par les Chercheurs, les Experts en travail social qui œuvrent pour la promotion des droits et la protection de l’enfant et de la famille et la réinsertion socioéconomique des enfants et jeunes de la rue.
Le CEPEF a pour ambition de faire le point sur les savoirs et des pratiques professionnelles du travail social au profit de ses bénéficiaires. Il se focalise sur les rôles et les fonctions des travailleurs sociaux dans les structures publiques et dans celles du mouvement associatif congolais. Le CEPEF s’appuie sur les réalisations professionnelles dans une perspective actualisée qui permet d’entrevoir ce qui est effectivement reconduit aujourd’hui et ce qu’il faut impérativement faire advenir demain pour une coresponsabilité dans la protection de l’enfant dans la société.
Le Processus de Réinsertion
Un des objectifs du CEPEF est, d’une part, de renforcer les compétences de l’acteur social à mieux accompagner l’enfant en rupture familiale à s’intégrer réellement dans la société et rétablir la relation entre cet enfant et dans sa famille grâce au processus de réinsertion « IDMRS » à travers la scolarisation, l’intégration des enfants dans les différents mouvements de jeunesse.
A propos de l’aspect « rétablir la relation entre l’enfant et la famille « , il importe de faire remarquer qu’il renvoie au départ de la relation entre l’enfant et l’éducateur social ou l’assistant social. Le premier contact avec l’enfant, selon les acteurs sociaux, est très déterminant car il peut favoriser la réussite du processus en cas d’acceptation mutuelle. Pour parvenir l’acteur social utilise ses techniques professionnelles de base marquées par sa disponibilité à savoir : l’observation, l’entretien et l’écoute. Grace à l’identification de l’enfant, le travailleur social prend connaissance de l’enfant puisque ce dernier est appelé à décliner son identité, celle de ses parents, ses ambitions et son problème.
Par les enquêtes sociales, l’acteur social prend connaissance de la famille biologique ou élargie, jauge la possibilité de réunification familiale, établit un contact direct avec la famille, cherche l’implication effective de la famille au projet de réinsertion à court ou long terme de l’enfant.
Le processus de réinsertion demande beaucoup des moyens humains, matériels et psychologiques. Chaque enfant est un cas qui demande des moyens selon la gravité de sa situation car chaque enfant à son histoire spécifique.
Suivi psychologique pour les violences
Les cas les plus difficiles pour l’aboutissement de la réinsertion sont dans l’accompagnement psychosocial des enfants victimes des violences psychologiques, verbales ou physiques. L’apport des psychologues cliniciens est très déterminant pour redonner la confiance en soi annulée. L e CEPEF s’appuie l’expertise de l’équipe des psychologues cliniciens sous la responsabilité de la Sœur Professeur Jacky BUKAKA PhD et de la CT Etiennette Mukwanga.
La formation continue ou le renforcement des capacités est très indiqué, gage d’un bon résultat dans la protection de l’enfant dans les centres d’hébergement du territoire.
Zagor Mukoko Sanda
