Politique
Le ministre provincial du Haut-Uélé et le pouvoir ancestral : Entre ignorance criminelle et responsabilité sacrée
Dans une ère où l’ignorance se déguise en audace, le ministre provincial de la Culture et des arts se démarque par son mélange périlleux entre les rôles sacrés de chef de chefferie et de tradi-praticien. Alors que la mission première d’un chef de chefferie consiste à protéger les terres pour perpétuer un héritage culturel séculaire, le tradi-praticien œuvre à un tout autre dessein.
Au cœur de cette confusion réside une ignorance qui dépasse les frontières de la tolérance. En effet, à un niveau de responsabilité aussi crucial, confondre ces rôles essentiels n’est pas seulement une erreur, c’est un acte aux conséquences potentiellement criminelles. Le patrimoine ancestral, façonné par des générations, est mis en péril par une méprise aussi grave.
L’heure est venue de rappeler au ministre provincial que sa mission va bien au-delà des cercles du pouvoir politique. Elle réside dans la préservation et la transmission d’un héritage immatériel, dans le respect des traditions et des terres qui ont vu naître et grandir des communautés entières. C’est vrai que l’ignorance rend audacieux et son acte irréfléchi en est une preuve éloquente.
Il est impératif que chaque détenteur de charge publique comprenne et respecte le poids de l’histoire et des croyances anciennes qui tissent la trame de nos sociétés. L’ignorance peut parfois sembler audacieuse, mais à ce niveau de responsabilité, c’est avant tout un devoir de sagesse et de respect envers ceux qui nous ont précédés qu’il faut étaler.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Actualité
Exclu pour avoir défié Jacquemain Shabani : Lady Yangotikala, le député qui prive le VPM de sommeil
L’annonce a fait l’effet d’une onde de choc dans les couloirs feutrés du Palais du Peuple. L’Honorable Lady Yangotikala Senga, élu de Kisangani sous les couleurs du regroupement AB, a été frappée le 1er avril 2026 d’une exclusion temporaire pour “dérogation à la règle de solidarité” au sein de l’Union sacrée. Son crime ? Avoir simplement exigé du Vice-Premier Ministre Jacquemain Shabani Lukoo qu’il assume son devoir de protection envers les électeurs de la circonscription PR 05.
Une requête aussi légitime que dérangeante, qui a visiblement troublé les nuits du patron de l’Intérieur et de la Sécurité. Mais loin de plier sous le poids de la sanction disciplinaire, le député de la Tshopo l’a reçue avec la sérénité des justes, prenant acte de cette mise au ban sans en reconnaître le fondement. Dans une déclaration empreinte d’une ironie mordante, l’élu a tenu à adresser ses remerciements les plus sincères… au Président du Sénat, Sama Lukonde.
“Je le remercie de m’avoir permis d’être libre d’exercer mon pouvoir constitutionnel de contrôle”, a-t-il sobrement fait savoir. Un rappel cinglant du principe fondamental de la séparation des pouvoirs et de l’immunité d’action parlementaire. Lady Yangotikala n’a violé ni la Constitution ni le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il le martèle avec force. Il n’a fait que tendre le micro des sans-voix de Kisangani vers les oreilles d’un membre du gouvernement sourd aux grondements de l’insécurité.
Cette exclusion révèle au grand jour l’inconfort grandissant d’un exécutif allergique à la moindre question gênante, préférant museler ses propres élus plutôt que de répondre de ses actes. En assumant cette exclusion comme un brevet de liberté, Lady Yangotikala Senga s’impose désormais comme un symbole d’intrépidité. Là où les calculs politiciens du Regroupement AB espéraient éteindre une voix critique, ils ont allumé un contre-feu médiatique dont Jacquemain Shabani aura bien du mal à se dépêtrer.
Pendant que le VPM Jacquemain Shabani Lukoo cherche un sommeil qu’on devine agité, l’intrépide député de Kisangani Lady Yangotikala continue de veiller. Cette affaire rappelle cruellement que sous la coupole du Palais du Peuple, il est encore permis de préférer la défense de sa population aux soubresauts disciplinaires d’un présidium aux abois.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
