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« Le mea culpa du roi belge met du baume au cœur du peuple congolais » (Marie Tumba Nzeza, ministre des Affaires étrangères)

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Dans sa lettre adressée au chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi, à l’occasion du 60e anniversaire de l’accession de la RD Congo à la souveraineté nationale et internationale, le Roi Philippe du Royaume de Belgique a rappelé que l’histoire entre notre pays et la Belgique est faite des réalisations communes mais a aussi connu des épisodes douloureux.

« A l’époque de l’État indépendant du Congo des actes de violence et de cruauté ont été commis, qui pèsent encore sur notre mémoire collective. La période coloniale qui a suivi a également causé des souffrances et des humiliations », s’est-il remémoré.

Ainsi, a-t-il exprimé ses plus profonds regrets pour ces blessures du passé dont la douleur est aujourd’hui ravivée par les discriminations encore trop présentes dans nos sociétés.

« Je continuerai à combattre toutes les formes de racisme. J’encourage la réflexion qui est entamée par notre parlement afin que notre mémoire soit définitivement pacifiée », a insisté le roi Philippe.

En réaction, Marie Tumba Nzeza, ministre d’État, Ministre des Affaires Étrangères, a qualifié ce message de « baume sur le cœur du peuple Congolais ».

« Après 60 ans d’indépendance, le peuple congolais, avec à sa tête le Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi, vient de recevoir les souhaits de bonne fête d’indépendance et des bonheurs que la Belgique ne nous ai jamais adressé ! ».

En effet, explique-t-elle, le Roi des Belges Philippe a présenté au peuple congolais ses plus profonds regrets pour les blessures leurs infligées lors de la période coloniale belge. Il a reconnu ainsi que le Congolais n’a pas été traité dans le respect de la dignité humaine », a-t-elle fait savoir dans une interview accordée à la presse, ce mardi 30 juin.

À en croire la cheffe de la diplomatie congolaise, c’est une avancée qui va booster le rôle des relations amicales de ces deux nations.  » Cela est aussi un puissant soubassement socio-psychologique qui va petit à petit modifier positivement notre regard sur nous-mêmes », a-t-elle appuyé.

À elle d’ajouter : »Nos deux peuples ont besoin d’une grande décrispation sincère et définitive pour permettre au Congo d’enclencher et de poursuivre sa croissance et son développement. La Belgique par le Roi Philippe a posé les bases d’un changement profond ».

Lors de sa visite en Belgique en septembre 2019, le cinquième président de la République démocratique du Congo Félix Antoine Tshisekedi avait invité le Roi à se rendre à Kinshasa pour assister aux festivités d’anniversaire ce 30 juin 2020.

Compte tenu des circonstances actuelles caractérisées par la pandémie du coronavirus, ce voyage n’est plus à l’ordre du jour.

« Les circonstances actuelles ne permettent malheureusement pas de me rendre dans votre beau pays, que j’aimerais tant mieux connaître. J’espère que j’en aurai bientôt l’opportunité », a expliqué le Roi Philippe dans sa lettre adressée à l’époux de Denise Nyakeru Tshisekedi.

MUAMBA MULEMBUE CLÉMENT/CONGOPROFOND.NET

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Insécurité grandissante à Watsa : Nasson Paluku Luvatsi accuse un dispositif sécuritaire « mal orienté »

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La situation sécuritaire dans le territoire de Watsa, dans la province du Haut-Uele, suscite une vive inquiétude au sein de la population. En moins d’une semaine, plusieurs attaques armées, des pillages nocturnes ainsi que des cas de justice populaire ont été signalés dans différents centres de négoce, alimentant un climat de peur et de méfiance.

Face à cette recrudescence de violences, l’acteur sociopolitique Nasson Paluku Luvatsi pointe du doigt l’organisation actuelle du dispositif sécuritaire dans la région. Dans un entretien téléphonique accordé ce mercredi 4 mars 2026 à Congo Profond.net, il affirme que la montée de l’insécurité serait en grande partie liée à la répartition des forces de l’ordre dans le territoire.

Un vide sécuritaire dans les zones habitées

Selon Nasson Paluku Luvatsi, une proportion importante des policiers serait actuellement déployée dans les carrières minières afin d’assurer la protection d’opérateurs étrangers, laissant plusieurs quartiers et centres de négoce avec une couverture sécuritaire très limitée.

« Les bandits opèrent presque librement pendant que la population est exposée », déplore-t-il.

Pour lui, ce choix stratégique crée un véritable déséquilibre dans la protection du territoire. Les zones résidentielles, moins surveillées, deviennent ainsi des cibles privilégiées pour les criminels, notamment lors d’attaques nocturnes répétées.

Des failles internes dans le dispositif sécuritaire

Au-delà du redéploiement contesté des forces de l’ordre, l’acteur sociopolitique dénonce également plusieurs dysfonctionnements internes qui affaibliraient l’efficacité des services de sécurité.

Il évoque notamment :
– l’insuffisance numérique des agents de sécurité dans le territoire ;
– le manque de formation adéquate pour certains éléments ;
– l’absence de patrouilles régulières dans plusieurs zones sensibles ;
– des cas d’indiscipline, certains agents s’adonnant à l’ivresse ou à des activités incompatibles avec leur mission.

Pour Nasson Paluku Luvatsi, l’accumulation de ces défaillances réduit considérablement la capacité de réaction face aux groupes criminels qui opèrent dans la région.

Une série d’incidents violents qui inquiète

Ses déclarations interviennent dans un contexte particulièrement tendu. Ces derniers jours, plusieurs incidents graves ont été enregistrés dans le territoire de Watsa : attaques armées contre des centres de négoce, pillages nocturnes, blessés et même des cas de justice populaire ayant coûté la vie à des présumés bandits.

Pour l’acteur sociopolitique, cette multiplication d’actes violents traduit également une perte progressive de confiance d’une partie de la population envers les services censés garantir sa sécurité.

Un appel à des mesures urgentes

Malgré ses critiques, Nasson Paluku Luvatsi appelle la population à éviter toute forme de justice populaire et à collaborer avec les services de sécurité en signalant tout mouvement suspect.
Il plaide cependant pour des mesures urgentes afin de restaurer l’ordre et la confiance :
– un redéploiement stratégique des policiers vers les zones habitées ;
– un renforcement des effectifs ;
une amélioration de la formation professionnelle ;
– un contrôle disciplinaire plus strict des agents.

Selon lui, dans un territoire entouré de zones déjà affectées par l’insécurité, l’inaction pourrait rapidement aggraver la situation.

Les autorités sécuritaires sont désormais attendues sur des réponses concrètes afin de restaurer la paix et la confiance de la population dans le territoire de Watsa.

Junior Kasamba / CongoProfond.net

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