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Littérature

Le livre « Ceux qu’on ne sauvera pas » de Dunoyer : un cri de mémoire pour l’Est du Congo

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Trente années de guerres, de massacres et de déplacements forcés… Dans Ceux qu’on ne sauvera pas, la conteuse et auteure Kavira Vahighene Myra Dunoyer explore, par la force du récit, ce que l’histoire officielle préfère parfois taire. Son livre mêle récits réels, allégoriques et prophétiques pour donner voix aux oubliés de l’Est de la RDC.

À travers une galerie de personnages, certains inspirés de figures historiques, d’autres symboliques, l’ouvrage interroge les causes profondes de la violence : cupidité, trahisons, indifférence, peur. On y entend aussi les voix des femmes, des enfants, des anciens et des témoins invisibles, ceux que l’Histoire passe sous silence. Un narrateur singulier, « L’Invisible aux mille visions », traverse les époques et raconte un Congo meurtri, entre ce qu’il est devenu et ce qu’il aurait pu être.

Pour Myra Dunoyer, écrire est une manière de rompre le silence : « La littérature immortalise le fait et participe aussi à la sensibilisation », confie-t-elle à buniaactualite.cd.

Originaire de Butembo, elle dit avoir été motivée par la douleur de voir son pays sombrer dans la répétition des violences. Ceux qu’on ne sauvera pas, explique-t-elle, est une façon de rendre hommage à toutes ces vies fauchées, innocentes et désormais irréversibles :

Le titre lui-même se veut une gifle, une manière de dire sans détour la cruauté de ces pertes irréparables. « Tout est éphémère sur terre, poursuit-elle, et ça ne sert à rien de contribuer à la mort des autres. On doit cesser avec l’hypocrisie et apprendre à se mettre à la place des victimes. »

Photographe de reportages, consultante en communication et fondatrice d’Eleza Masolo, une entreprise culturelle dédiée à la valorisation des récits et traditions africaines, Myra Dunoyer a déjà publié en 2024 Nyuma, le poisson qui avait soif, un conte écologique sur la préservation de l’eau. Avec son second livre, paru en août 2025, elle franchit une étape plus douloureuse et plus engagée : convoquer la mémoire collective et interpeller l’humanité.

« Cette histoire de l’Est, dit-elle, demande qu’on touche à l’humanisme et que l’on ose regarder en face ce qui se passe chez nous. »

Ceux qu’on ne sauvera pas se présente ainsi comme une œuvre de mémoire, un miroir des injustices passées et présentes, mais aussi un avertissement : le drame de l’Est du Congo n’est pas clos, et l’oubli serait une seconde mort pour ses victimes.

Verite Johnson

Littérature

Littérature : Ketsia Mavinga en tournée européenne, une plume engagée qui brise les barrières du handicap

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De Kinshasa à Paris en passant par Bruxelles, l’écrivaine congolaise Ketsia Mavinga impose une voix singulière, portée par la résilience, l’engagement social et la foi en la puissance réparatrice de la littérature.

Contactée par la rédaction culture de Congoprofond.net, Ketsia Mavinga poursuit une tournée littéraire remarquée en Europe. Femme vivant avec handicap, elle transforme son parcours de vie en une force créatrice et militante. À travers ses œuvres et ses rencontres, elle sensibilise à l’intégration sociale et lutte contre les discriminations dont sont encore victimes les personnes vivant avec handicap.

De Kinshasa aux grandes capitales européennes, son périple s’impose comme une véritable odyssée littéraire où la parole devient outil d’émancipation.

À Bruxelles, lors d’une escale marquée par une rencontre autour du livre congolais avec Bookutani, l’écrivaine a défendu avec conviction la place de l’engagement dans l’écriture. Pour elle, la littérature ne saurait être dissociée du vécu : « Mon premier livre est né du désir de donner espoir à ceux qui traversent des moments difficiles. C’est une manière de leur rappeler qu’il existe toujours une porte de sortie », confie-t-elle. Une démarche profondément personnelle, nourrie par ses propres épreuves, et tournée vers les autres, notamment les plus vulnérables.

Cette même logique d’engagement irrigue son second ouvrage, Kodjo et le trésor de la forêt, inspiré notamment par les enfants d’un orphelinat dirigé par sa mère. Face aux interrogations existentielles de ces jeunes, Ketsia Mavinga a choisi l’écriture comme passerelle pédagogique et émotionnelle.

« L’écriture m’a sauvé la vie. À travers ce conte, je veux montrer aux enfants que la littérature peut aussi être un refuge et un chemin », explique-t-elle, convaincue du rôle thérapeutique des mots.

Son passage au Salon du livre africain de Paris, du 21 au 22 mars, a constitué un autre moment fort de cette tournée. Elle y a présenté et dédicacé son premier ouvrage, Les histoires rencontrées à raconter, tout en annonçant officiellement la sortie de son nouveau livre.

Accueilli chaleureusement par le public parisien, Kodjo et le trésor de la forêt confirme l’intérêt croissant pour une littérature africaine engagée et incarnée.
Enfin, le 27 mars 2026, Ketsia Mavinga a pris part au Salon du livre au féminin organisé au Centre culturel congolais de Bruxelles.

Une tribune supplémentaire pour cette auteure en pleine ascension, qui ne cesse de faire entendre une voix authentique et nécessaire dans le paysage littéraire contemporain.

À travers cette tournée européenne, Ketsia Mavinga ne se contente pas de promouvoir ses ouvrages : elle incarne une littérature de combat, d’espoir et de transmission, où chaque mot devient un acte de résistance et de reconstruction.

Barca Horly Fibilulu Mpia

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