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Le Grand Kivu, un volcan qui menace les élections ! (Tribune de Joseph Sekabo)

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A l’approche des élections présidentielle, législatives et provinciales prévues le 23 décembre 2018 en République Démocratique du Congo, la situation sécuritaire ne cesse de se détériorer dans la région du Grand Kivu. Pendant qu’à l’Ouest du pays cette situation sécuritaire demeure un peu plus stable, à l’Est par contre, elle est de plus en plus instable au Nord comme au Sud-Kivu. Il ne s’y passe un jour sans qu’on puisse parler des tueries et kidnapping perpétrés par des groupes armés tant nationaux qu’étrangers.

Au Nord-Kivu, l’on assiste à une succession des tueries dans la ville de Beni et ses environs en dépit des efforts des opérations Sukola I menées avec l’appui de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo (Monusco). Les rebelles Ougandais de l’ADF tuent et pillent d’une manière aussi récurrente les paisibles citoyens de cette contrée sous le nez et la barbe des forces de sécurité et des soldats de l’ONU déployés dans cette région du Nord-Kivu depuis près d’une décennie. Le samedi 22 septembre 2018, ces même rebelles Ougandais de l’ADF se sont encore illustrés par un carnage de la population civile au cœur même de la ville de Beni.

L’armée onusienne basée à l’est de la RDC

Ainsi, à en croire les témoins sur place à Beni, 25 de nos compatriotes ont trouvé la mort sans qu’on puisse connaitre le pourquoi de cette attaque ignoble. L’on ne cessera de s’interroger sur le mobile de ces violences et sur le fait qu’un mouvement rebelle
étranger s’en prenne impunément aux pauvres paisibles citoyens congolais taisant ses revendications contre son propre gouvernement.

Toujours dans le Nord-Kivu, la ville de Butembo, dans le territoire de Lubero, pourtant réputée calme comparativement à celle de Beni, plonge petit à petit dans une situation d’insécurité avec des cas d’assassinats et kidnapping. Sur l’axe Butembo-Goma, des nombreux cas de kidnapping sont signalés et que souvent les victimes les plus nantis sont libérés moyennant une forte somme d’argent en terme de rançons et les moins nantis sont détenus pendant longtemps en guise d’exploitation par les miliciens Maï-Maï.

Dans le Sud-Kivu, la situation est autant plus chaotique dans le territoire d’Uvira bien que l’on note une situation d’accalmie à
Bijombo qui a été récemment le théâtre des affrontements communautaires. Il s’observe que le trafic entre la Cité d’Uvira et la
ville de Bukavu demeure perturbée par des coupeurs des routes identifiés tantôt comme miliciens Maï-Maï et tantôt comme rebelles Burundais. Le trafic sur ce tronçon est ainsi réduit entre 9 heures et 13 heures par crainte de ces assaillants qui de fois attaquent avec de lance-grenade les convois des commerçants et les autres usagers de cette route sur l’axe Uvira-Kamanyola à défaut d’extorquer. Cette situation cause ainsi un vent de panique dans la cité d’Uvira.

Un peu plus au sud de la province en territoire de Fizi, les violents affrontements entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et les groupes armés Maï-Maï sur l’axe Lulimba-Kilembwe, mais aussi dans les secteurs de Fizi et Baraka créent ainsi un mouvement permanent d’insécurité occasionnant ainsi des nombreuses pertes en vies humaines et des vagues de déplacement interne de la population civile.

Ainsi, cette situation d’insécurité dans cette vaste région du Kivu risque d’impacter négativement sur la bonne tenue des élections
prévues en date du 23 décembre 2018, si rien n’est fait pour y remédier. Le gouvernement, par l’entremise des FARDC, est appelé à redouble tant d’effort pour stabiliser cette partie du pays très exposée à des barbaries de toutes formes depuis près de deux
décennies. Le Kivu demeure l’une des régions les plus riches de la RDC, en termes de ressources naturelles, malheureusement sa population vit dans un état de pauvreté indescriptible suite à l’insécurité permanente entretenue par la présence des groupes armés nationaux qu’étrangers.

Joseph Sekabo

Journaliste indépendant et activiste des droits de l’Homme Uvira/RDC

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Nord-Kivu II : les enseignants appelés à reprendre les cours lundi, le SYECO maintient la pression

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Les différentes parties prenantes du secteur de l’éducation dans la province éducationnelle Nord-Kivu II ont appelé, vendredi, à la reprise effective des cours dès le lundi 20 avril à Butembo et à Beni, au terme d’une réunion tenue entre autorités scolaires, syndicats et représentants des parents.

Autour de la table figuraient notamment le PROVED, les sous-PROVED, le DINACOPE, les gestionnaires d’écoles, l’Association nationale des parents d’élèves du Congo (ANAPECO) ainsi que des organisations syndicales.

À l’issue de « débats houleux », les participants ont convenu de privilégier l’intérêt des élèves en appelant à la reprise des activités scolaires.

« Après discussions et échanges d’avis, nous nous sommes convenus de la reprise effective de toutes les activités scolaires à Butembo comme à Beni dès ce lundi. Nous demandons aux enseignants, aux chefs d’établissements et aux parents de s’y conformer pour l’intérêt des enfants », a déclaré le PROVED Norbert Bisismwa Belekembaka.

Selon cette autorité scolaire, la grève n’a plus sa raison d’être, le Gouvernement ayant déjà entamé le paiement du salaire du mois de mars, principale revendication des enseignants.

Il a, en outre, critiqué la position du Syndicat des enseignants du Congo (SYECO), qu’il accuse de maintenir un mouvement de grève « injustifié », notamment en conditionnant la reprise des cours au paiement du mois d’avril, encore en cours.

De son côté, l’intersyndicale de la province, regroupant plusieurs organisations syndicales à l’exception du SYECO, a soutenu les résolutions issues de la réunion et appelé ses membres à reprendre les cours dès lundi.

Même son de cloche du côté de l’ANAPECO. Par la voix de son représentant, Jean de Dieu Katembo Sangala, l’association a exhorté les enseignants à « revenir à la raison » et invité les parents à envoyer massivement leurs enfants à l’école.

Cependant, le SYECO, particulièrement actif à Butembo, maintient sa position. Réuni jeudi en séance évaluative, ce syndicat a décidé de poursuivre la grève, exigeant notamment le paiement du salaire du mois d’avril avant toute reprise des cours.

Pour rappel, les enseignants des écoles primaires publiques, notamment à Butembo et Beni, observent un mouvement de grève sèche depuis le lundi 13 avril dernier.

 

Dalmond Ndungo/ CONGOPROFOND.NET

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