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Le "Fétichisme de la Marchandise" : Indexation de la totalité humaine sur le principe du rendement !( Tribune du Prof Patience Kabamba, PhD) — Congo Profond
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Le “Fétichisme de la Marchandise” : Indexation de la totalité humaine sur le principe du rendement !( Tribune du Prof Patience Kabamba, PhD)
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Le “Fétichisme de la Marchandise” : Indexation de la totalité humaine sur le principe du rendement !( Tribune du Prof Patience Kabamba, PhD)

La semaine dernière le Mot Du Weekend (MDW) était rédigé par Mr l’abbé Docteur Jean-Pierre Bikunda. Il avait planché sur le principe de subsidiarité, c’est-à-dire la délégation d’une parcelle du pouvoir aux subalternes. Sa conclusion était la suivante : alors la subsidiarité nous conduit à l’autonomie individuelle – nous devenons la source de nos propres lois – elle est pourtant plus prêchée que vécue, surtout dans le contexte “totalitaire” de l’Eglise Catholique Romaine.

Aujourd’hui, je vais parler du fétichisme de la marchandise, c’est à dire les objets que nous achetons sont devenus des fétiches, nous avons idéalisé la consommation au point d’oublier les véritables raisons de la production humaine, produire la joie de vivre dans la communauté.

Vers les années 1980, alors que le Syndrome Immuno-Déficiente Acquise (SIDA) arrachait des êtres chers à la manière d’une pandémie en Afrique, des usines pharmaceutiques détenaient des médicaments, au nom du droit au profit. Le capitalisme mondialisé qui nous contrôle a fait des vaincus et des vainqueurs. Les vainqueurs sont une poignée des gens bien installés dans le monde tel qu’il est (les politiciens Congolais en font partie), et les vaincus sont des personnes pauvres et exclues, incapables, a cause du contexte de leur vie, de faire le choix d’une vie pourvue de sens (C’est le cas de la majorité des Congolais aujourd’hui).

Le monde actuel a atteint de degré des inégalités jamais atteint jusqu’à présent. D’après Thomas Pickety (2010), auteur du Capitalisme au 21eme Siècle, nous sommes revenus quasiment à l’époque féodale des années 1920s. Selon, les études des inégalités dans le monde, 10% de la population mondiale détiendraient 86 % des ressources globales. La concentration des richesses est sans précédent.

Pour Herbert Marcuse, l’expansion capitaliste – productive et profitable – a créé des « gagnants » et des « perdants, », et ces derniers sont en fait les gens les plus faibles sur lequel pèse tout le poids du système dominant. Ce sont comme les « damnés de la terre, ». Marcuse qualifie de totalitarisme l’indexation de la totalité sur le principe du rendement. Le marché fait la loi. Il le fait à l’école, à l’hôpital ou dans le monde de la publication. L’argent est le déterminant décisif. L’argent est une dynamique aliénatoire qui nous échappe. Il nous contrôle, nous ne le contrôlons pas. L’argent a pris dépossession de notre être en nous contraignant universellement à la prostitution du salariat. La totalité de notre structure humaine est devenue mercantile. Notre être est ainsi aliéné, confisqué et enterré par les sédiments de l’avoir.

L’aliénation porte en elle trois dimensions :
1. Le producteur est séparé de sa production. Il n’a aucun contrôle dans le processus de production.
2. Il est dépossédé des moyens de production et doit simplement se vendre lui-même et dépendre de son salaire
3. Le travail est devenu une activité mécanique. Il n’est ni ludique ni créatif.
L’homme est abandonné au plaisir de la marchandise. Nous croyons être libres parce que nous consommons, mais en réalité c’est le mensonge du capitalisme. La liberté n’est pas dans la consommation mais dans la protestation. La révolution disparait au profit de la protestation pour la consommation.

En effet, la logique de la marchandise et de l’aliénation ont envahi tous les aspects de la vie humaine. La liberté dans le capitalisme est la capacité de consentir à être endoctriné.

Le fétichisme de la marchandise n’est rien d’autre que la structuration d’aliénation qui nous enveloppe et qui chosifie la nature et naturalise les choses. C’est exactement cette primauté donnée au marché pour décider de toute chose, ce système organisé autour de la propriété privée et dont le profit est devenu l’horizon indépassable du produire humain.

L’argent est devenu un fétiche qui contrôle tous les aspects de la vie humaine. La dictature démocratique de la marchandise défigure et dénature tout.

Le fétichisme de la marchandise est un processus d’aliénation absolu et procède d’une indistinction absolue ou le beau devient laid, le laid devient beau. Le grand renversement de l’indistinction remplie nos vies et désormais nous ne regardons qu’avec des nos yeux aliénatoires qui renversent tout.

Désormais la réussite ne se définie que sous forme monétaire ou le profit s’est érigé en horizon indépassable du produire humain.

Les modèles de réussites chez nous sont des ignorants qui n’ont pas fini l’école. Ils envoient un défi de taille au cursus scolaire normal au Congo. Sans avoir user les bas de leurs pantalons sur les bancs de l’école, ils sont millionnaires et dirigent même le pays. C’est le règne de l’indistinction et de renversement.

Selon Alain Badiou (2010 :96), le capitalisme a confié l’organisation de notre vie collective à nos instincts les plus bas, à savoir l’avarice, la rivalité et l’égoïsme inconscient.

Il manque un ordre de valeur symbolique qui valorise autre chose que le froid et glacial calcul économiste. Comment trouver un autre système de valorisation différent de la concurrence ou des vainqueurs ou vaincus ? Comment trouver les nouvelles figures de symbolisation ?

Karl Marx nous propose une symbolique égalitaire opposée à la culture anarchique du capitalisme. Il existe pour Marx autre chose que le matériel qui est fondamentalement opposé à l’existence de l’humanité. Mais, est-il possible de créer un système de valeur qui soit ancré dans l’égalité de tous les hommes et les femmes ? Comment trouver des voies d’un processus social qui ne soit pas soumis aux nantis ?

Marx s’était aperçu que dans l’Angleterre de 1840 que la logique de la marchandise et de l’aliénation avait envahi tous les aspects de la vie humaine, que l’indexation de la totalité de la vie s’opérait sur le principe du rendement et du marché. Les hommes et les femmes étaient prisonniers d’un mode de production ou tous étaient obligés de vendre leur temps de travail en échange d’un salaire.

La totalité de la structure humaine était devenue mercantile. Aujourd’hui encore l’argent fait la loi, le marché décide de tout, de l’école, de l’hôpital, de la canonisation ou de la paix.

Marx nous invite a reconstruire la communauté de l’être – communauté archaïque de notre être primordial – caractérisée par les relations organiques entre les hommes, ou l’humain reste inappropriable, non-monnayable, et non objectivable. Il nous invite à résister à la société de l’avoir définie par l’impérialisme de la marchandise. L’axe de la pensée radicale de Marx est l’automouvement du prolétariat vers l’auto-abolition de son aliénation par le processus de communisation.

Pour Marx, le communisme ou la communauté de l’être est l’arc historique par lequel les hommes dépossédés de leur humanité n’ont cessé de vouloir recomposer et retrouver cette humanité perdue.

Le communisme est la tripe de l’homme qui veut être un homme en communauté d’amour avec les autres. C’est pour Marx l’être générique de l’homme, notre ontologie radicale qui fait de nous des êtres inappropriables et non-réifiable. Pour Marx, nous portons en nous cet être générique et nous devons nous défendre contre le despotisme de la marchandise. Nous sommes des êtres de l’éros, des êtres de l’amour et non des êtres de la marchandise !

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