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Le dialogue entre le Vice-Premier Ministre et les conseillers communaux

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Le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Son Excellence Jacquemain Shabani Lukoo, a rencontré une délégation de conseillers communaux venus de diverses provinces pour discuter des défis qu’ils rencontrent après leur élection.

Si cette rencontre pourrait sembler être un pas vers une gouvernance inclusive, elle soulève des questions essentielles sur la nature réelle de ces échanges et les actions concrètes qui en découleront. Au cours de cette rencontre, les conseillers communaux ont exposé des difficultés variées, allant de la faible reconnaissance de leur rôle dans l’administration publique à des retards dans le paiement de leurs émoluments.

Le Vice-Premier Ministre, en bon père de famille, a promis une écoute attentive et un soutien significatif pour résoudre ces problématiques. Cependant, derrière cette façade d’empathie, se cache une question cruciale : ces promesses ne sont-elles qu’un vernis poli pour masquer l’inefficacité chronique des institutions ?

Le discours politique est souvent rempli de bonnes intentions, mais l’histoire récente du pays a montré que les paroles ne se traduisent pas toujours en actions. Les conseillers communaux, bien qu’élus pour représenter la voix de leurs concitoyens, se retrouvent souvent dans un système où leurs préoccupations sont entendues mais rarement prises en compte.

Ce cycle de promesses non tenues pourrait alimenter un cynisme croissant au sein des nouvelles élites locales. Les conseillers ont plaidé pour la création d’un cadre de collaboration avec les bourgmestres, une demande qui semble légitime dans un contexte où la décentralisation est censée renforcer l’efficacité des gouvernements locaux.

Pourtant, cette demande soulève des interrogations sur la véritable volonté politique d’instaurer un dialogue constructif. Les mécanismes de collaboration existent-ils déjà, ou s’agit-il d’un nouveau concept qui risque de s’enliser dans la bureaucratie ? Le Vice-Premier Ministre a promis un « accompagnement significatif » pour la résolution des dossiers urgents.

Il est important de rappeler que selon les articles 50 et 120 de la loi sur les entités territoriales décentralisées, la collaboration entre les différents échelons du gouvernement est non seulement souhaitable, mais également nécessaire. Toutefois, la réalité du terrain montre que les lois sont souvent contournées au profit d’intérêts personnels ou politiques.

Ce décalage entre la loi et la pratique pourrait conduire à une nouvelle génération de conseillers déçus, désillusionnés par un système qui ne les respecte pas. Mais que signifie réellement cet « accompagnement » dans un contexte où les ressources sont limitées et où les priorités peuvent être détournées par des enjeux politiques plus pressants ?

Les conseillers peuvent-ils réellement compter sur l’administration pour répondre à leurs attentes, ou s’agit-il simplement d’un discours destiné à apaiser les tensions temporaires ? L’accompagnement devrait être mesurable et concret.

Les conseillers demandent des actions claires, des délais et des mécanismes de suivi afin de ne pas se retrouver une fois de plus dans le vide des promesses. La véritable question est donc : le gouvernement est-il prêt à transformer ses discours en actes tangibles, ou continuera-t-il à naviguer dans les eaux troubles de l’inefficacité et de l’indifférence ?

La rencontre entre le Vice-Premier Ministre Jacquemain SHABANI LUKOO et les conseillers communaux du 24 août 2024 représente une opportunité de dialogue, mais elle met également en lumière les défis persistants d’une gouvernance décentralisée en quête de légitimité.

Entre promesses et réalités, il est impératif que les décisions prises ne soient pas uniquement des mots, mais des engagements concrets envers ceux qui ont été élus pour servir leur communauté. La véritable mesure de l’excellence d’un leader réside non pas dans son écoute, mais dans sa capacité à agir et à apporter des solutions durables à des problèmes réels.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril

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L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.

D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.

Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.

Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.

Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET 

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