Justice
Le débat sur l’homosexualité en RD Congo : Entre moralité, légalité et liberté individuelle
Le nouveau ministre d’État en charge de la justice en RD Congo a pris deux décisions pour marquer son arrivée dans l’exécutif national suscitant une vive controverse en qualifiant l’homosexualité d’immorale et contraire aux mœurs, us et coutumes du pays d’un côté et mettre fin aux nuisances sonores de l’autre.
Cette prise de position soulève des questions fondamentales sur la façon dont la société congolaise aborde les droits individuels et les libertés personnelles. Il est essentiel de rappeler que la moralité d’un acte ne détermine pas automatiquement sa légalité en droit pénal. Comme le souligne le principe de légalité, une infraction doit être clairement définie par la loi pour pouvoir être sanctionnée.
Ainsi, l’homosexualité ne constitue pas en soi une infraction tant qu’elle n’est pas expressément interdite par une loi en vigueur. Face à cette situation, le ministre d’État devrait proposer d’initier un projet de loi visant à interdire les pratiques homosexuelles en RD Congo. La société congolaise considère qu’il n’est pas bon de changer ni muer les lois de la nature.
Cette démarche soulève des questions sur la compatibilité d’une telle législation avec les principes de non-discrimination et de respect des droits individuels, garantis par de nombreux instruments internationaux auxquels la RD Congo est partie prenante. Pourquoi le monde a-t-il des lois et conventions. Sinon pour que d’aucuns les foulent aux pieds ?
Par ailleurs, le ministre d’État annonce également une action contre les nuisances sonores, démontrant ainsi une volonté de traiter à la fois des questions de moralité et de respect de l’ordre public. Cependant, il est essentiel que toute action gouvernementale soit menée dans le respect des droits fondamentaux et des procédures légales établies.
Le débat sur l’homosexualité en RD Congo pourrait être explosif, passionnel, ardent, fervent et fanatique car soulevant des enjeux complexes mêlant moralité, légalité et liberté individuelle. Il est crucial que toute initiative gouvernementale soit menée dans le respect des droits humains universels et des principes de l’État de droit, afin de garantir une société inclusive et respectueuse de la diversité.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Justice
Affaire Ilemo Mosenzo : le ministère des Droits humains rompt le silence et assure le suivi du dossier
Comme un éclair dans le ciel pesant de la justice congolaise, l’affaire Ilemo Mosenzo s’est imposée au cœur du débat national. Depuis la diffusion, le 20 décembre 2025, d’une vidéo devenue virale — un visage émacié, une voix brisée, un récit qui glace — l’opinion publique s’est embrasée. Interpellé par l’émotion collective, le ministère des Droits humains est finalement sorti de sa réserve.
Dans un communiqué publié ce vendredi sur son compte X, l’institution affirme suivre de près ce dossier qui a secoué la toile et réveillé les consciences. Le ministère rappelle, avec insistance, l’attachement du gouvernement au respect scrupuleux des droits fondamentaux : présomption d’innocence, primauté de la liberté, et refus catégorique de toute forme de détention arbitraire.
« Toute privation de liberté qui ne répond pas aux exigences de la loi constitue une violation grave des droits humains », martèle le communiqué, comme pour opposer la Constitution aux dérives des pratiques de terrain.
Cette déclaration intervient après la diffusion d’images troublantes montrant Ilemo Mosenzo dans un état de dénutrition avancée, le regard perdu mais la mémoire intacte.
Dans la vidéo, l’homme raconte avoir passé cinq mois enfermé dans un cachot, sans être présenté au magistrat, sans audition, sans procédure claire. Son calvaire aurait commencé après un incident anodin : une altercation entre son tricycle et l’escorte d’un général dont l’identité demeure mystérieuse.
Entre les lignes, une question obsédante plane :
Comment un simple accrochage routier peut-il conduire à cinq mois d’oubli carcéral ?
L’affaire, désormais portée à la lumière publique, met une nouvelle fois à l’épreuve l’engagement du pays en matière des droits humains. Le ministère promet de faire toute la lumière sur ce dossier devenu symbole — symbole d’un combat toujours recommencé entre l’État de droit et les zones d’ombre qui persistent.
Barca Horly Fibilulu Mpia
