Justice
Le CNC accuse Me Palankoy d’appartenir à un réseau lié à Kabila : la CCDH dénonce un lien fabriqué pour justifier son incarcération
Le 14 mars dernier, l’avocat spécialisé en droit minier, Médard Palankoy a été enlevé puis mis en détention dans les locaux du Conseil national de la Cyberdéfense (CNC). Ce mardi 24 juin 2025, il totalise 100 jours dans cet organe non judiciaire attaché à la présidence, ce, sans son avocat, aucun membre de sa famille, son médecin, ni les membres de son cabinet, une réalité déplorée par la Chaire Congolaise des Droits de l’homme (CCDH).
Cependant, il y a des nouveaux rebondissements au sujet de l’enlèvement de Médard Palankoy : Prétendus liens avec le système financier de l’ancien président de la RDC, Joseph Kabila.

« Dans leur quête inespérée de charger Me Médard Palankoy, le CNC, organe présidentiel, comme dans un ballon d’essai, a commencé par médias sociaux interposés, à véhiculer la thèse selon laquelle, Me Médard aurait été Avocat de Dan Gertler, proche de l’ancien Président Joseph Kabila et de Moïse Ekanga, ancien Bonze du régime passé ! », déclare une note de la CCDH qui dénonce un raccordement frauduleux pour «justifier à tort» un tel enlèvement suivi d’une détention prolongée.
Dans sa quatrième phase de la campagne « Freedom for Me Médard Palankoy », la CCDH relève que » les déboires de Palankoy viennent du fait d’avoir tenté en tant qu’avocat à empêcher la spoliation de la parcelle de monsieur Ekangama à Binza Pigeon par des hommes forts de l’actuel régime », rappelant que « dans cet ordre d’idées, il ne faut que son travail d’avocat. C’est-à-dire, poser les actes pour le compte de ses clients », ce qui n’enfreint aucune loi de la République.

Face à la presse ce mardi, la CCDH et ses partenaires, à travers Me Eloi Mubilansam, réitèrent les recommandations du consortium des ONGDH de la RDC et exigent la énième fois au CNC/présidence de la République, notamment :
– La libération immédiate et sans condition de Médard Palankoy, innocent sans cette affaire ;
– La restitution de ses biens, notamment son passeport et autres documents ravis par le CNC ;
– La cessation enfin de cette longue incarcération éhontée suivie des actes d’intimidations, de harcèlement administratif et professionnel, non pas seulement à l’égard de sa famille et des membres de son cabinet, voire des ONGDH.
Exaucé Kaya/CONGOPROFOND.NET