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Le chaos des entreprises publiques en RDC : L’échec institutionnalisé d’un ministre inamovible

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Jean-Lucien Bussa, ministre du Portefeuille en RDC, incarne une énigme politique : comment un responsable dont le secteur affiche des résultats catastrophiques depuis des années parvient-il à se maintenir au pouvoir, traversant les gouvernements avec une facilité déconcertante ? Quelle est la réalité de cette équation : un bilan accablant qui procure une longévité inexplicable.

Alors que les entreprises publiques congolaises sombrent dans la contre-performance, le probable maintien du patron de ce secteur interroge sur les véritables critères de nomination et de reconduction dans l’administration congolaise. Depuis son arrivée au ministère du Portefeuille, Jean-Lucien Bussa n’a cessé de dresser un tableau désastreux des entreprises publiques.

Selon ses propres déclarations, aucun bénéfice n’est enregistré nulle part depuis trois ans. La quasi-totalité des entreprises publiques ont réalisé des résultats négatifs. C’est-à-dire qu’elles ne produisent pas de la valeur ajoutée. Elles ont une gouvernance défaillante, une gestion peu acceptable, non axée sur les résultats, avec des rémunérations disproportionnées et des dettes sociales et opérationnelles explosives.

Les charges d’exploitation sont très élevées, les trésoreries plombées par des jugements iniques et des saisies intempestives. Pire, ces entreprises, censées être le levier de la croissance économique, sont devenues des parents pauvres de l’économie nationale. La Gécamines, autrefois pilier financier de l’État couvrant 2/3 des dépenses publiques dans les années 70, est aujourd’hui symbole de gabegie.

Face à ce désastre, Jean-Lucien Bussa a misé sur des mesures cosmétiques. Il a mis en place tout un véritable art de l’esquive : des séminaires, diagnostics et réformes fantômes. Les états généraux du Portefeuille (décembre 2024), présentés comme un diagnostic sans faille, ils n’ont pour l’instant produit aucune réforme tangible. « Nous allons réformer pour replacer les entreprises au cœur de l’économie », clamait-il, sans avancée concrète.

Il y a bien eu une rencontre avec Constant Mutamba alors Ministre d’État en charge de la Justice pour lutter contre les « jugements iniques » , mais aucune amélioration notable. Ces initiatives, bien que médiatisées, ressemblent à un écran de fumée. Les états généraux n’ont été qu’une nouvelle formule pour saigner la caisse de l’État. Pourquoi malgré tout ça Jean-Lucien Bussa reste-t-il inamovible ?

Plusieurs hypothèses expliquent son maintien. Son allégeance au pouvoir en place après avoir servi celui de Joseph Kabila prime sur les résultats. Un schéma classique en RDC, où la compétence professionnelle n’est plus l’urgence. Le système favorise les fidèles plutôt que les technocrates. Les nominations se font sur des bases politiques, non méritocratiques.

Les entreprises publiques, minées par la corruption, servent de réservoirs à privilèges pour une élite peu soucieuse de performance et qui réhabilite des détourneurs des deniers publics sanctionnés. Où sont les preuves tangibles de son action ? Aucune entreprise publique n’est rentable, aucun contrat international significatif obtenu par ces sociétés et aucune restructuration réussie, malgré des années de diagnostics.

Jean-Lucien Bussa se contente de dénoncer les problèmes (mauvaise gestion, rivalités internes ) sans les résoudre. Son ministère est un théâtre d’impuissance organisée. Il est temps de tourner la page. La RDC a besoin d’une rupture radicale. Il faut remplacer Jean-Lucien Bussa par un gestionnaire compétent, hors des réseaux clientélistes et auditer réellement les entreprises publiques.

Les postes clés doivent revenir à des experts, non à des fidèles politiques. La longévité de Jean-Lucien Bussa aux différents gouvernements n’est pas une preuve de compétence, mais un symptôme du malaise congolais : un système où l’échec est récompensé tant qu’il sert les intérêts des puissants. Il est temps que les chiffres, et non les loyautés adaptables aux circonstances, dictent les nominations.

Sinon, les entreprises publiques resteront des canards boiteux, et la RDC continuera de stagner. Un pays qui tolère l’incompétence au sommet se condamne au sous-développement. Comment reconduire un homme qui n’a pour bilan que des voyages, des discours, la famille aux commandes du ministère, la réhabilitation des détourneurs de fonds publics sanctionnés et zéro résultat ?

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Politique

États inquiétants des routes dans le Haut-Uele : l’A.Ch Blaise Omunyepa remet en cause la politique provinciale de Jean Bakomito

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L’état préoccupant des routes dans le Haut-Uele relance le débat sur la politique des infrastructures menée par le gouverneur Jean Bakomito Gambu. Face à des axes routiers jugés dégradés et peu durables, Blaise Omunyepa, président fédéral de l’Alliance pour le Changement (Haut-Uele 2), critique ouvertement les choix opérés par l’exécutif provincial.

Le gouvernement provincial met pourtant en avant plusieurs travaux de réhabilitation réalisés sur fonds propres, présentés comme un effort pour désenclaver les territoires et faciliter les échanges vers Isiro. Ces initiatives sont perçues par les autorités comme un pas important vers le développement économique de la province.

Mais pour Blaise Omunyepa, l’enjeu ne réside pas dans le nombre de kilomètres réhabilités, mais dans la qualité des infrastructures. Il estime que privilégier des routes en terre, souvent impraticables en saison des pluies, ne répond pas aux besoins réels des populations.

Cette critique rejoint le ressenti de nombreux usagers qui dénoncent la dégradation rapide de certains tronçons à peine aménagés. L’opposant plaide pour une politique axée sur l’asphaltage et des ouvrages durables, capables de soutenir les activités économiques sur le long terme.

Au-delà de l’aspect technique, Blaise Omunyepa soulève aussi la question de la gouvernance et de la gestion des ressources publiques. Un débat de fond s’installe ainsi dans le Haut-Uele : faut-il miser sur la quantité des réalisations ou sur la qualité des infrastructures pour impulser un développement durable ?

Junior Kasamba

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