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Actualité

L’aveu de Kigali : En détournant l’humanitaire vers Doha, le Rwanda confirme que le RDF/M23 est sa propre armée

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La farce est terminée. La machination s’effondre sous le poids de sa propre absurdité. La réaction du Rwanda à une simple demande humanitaire pour Goma a levé le dernier voile sur une vérité que tous voyaient, mais que la diplomatie feignait d’ignorer. Le gouvernement rwandais vient d’offrir au monde entier une leçon de cynisme stratégique, si grinçante qu’elle en devient presque géniale.

Alors que Paris, organisatrice de la conférence humanitaire, suggérait la réouverture de l’aéroport de Goma pour des vols humanitaires légers – une mesure de bon sens pour soulager des populations civiles prises en étau – Kigali a sorti de son chapeau un lapin diabolique : non, cela devrait passer par Doha. Pourquoi Doha ? La question, posée, obtient une réponse qui fuse, cinglante comme une gifle.

À Doha, les pourparlers dits de “paix” ne se déroulent pas officiellement entre la RDC et le Rwanda. Non. Ils ont lieu entre le gouvernement congolais et le RDF/M23 sensé être un groupe terroriste congolais. En exigeant que la logistique humanitaire, et donc la reconnaissance de facto, transite par cette plateforme, le Rwanda commet un aveu monumental. Il officialise, de sa propre main, le statut de son prétendu “adversaire”.

Ce détour par Doha n’est pas une simple suggestion logistique ; c’est une confession géopolitique. En pointant vers la capitale qatarie, Kigali désigne du doigt la seule réalité qui vaille : les discussions à Doha sont les véritables négociations entre Kinshasa et Kigali. Le RDF/M23, la brigade avancée de l’armée rwandaise, n’est qu’un sigle commode, une marionnette dont les ficelles sont si visibles qu’elles en deviennent ridicules.

Quel autre État souverain s’abaisserait à conditionner l’aide humanitaire à la validation d’un groupe terroriste lourdement armé qu’il prétend ne pas contrôler ? Aucun. Sauf celui qui, en réalité, le commandite. La supercherie est donc éventée. La “rébellion” du RDF/M23, cette entité fantasmagorique présentée comme un mouvement de contestation interne, n’a plus de raison d’être. La pantomime a vécu.

En s’immisçant dans un dossier humanitaire pour en rediriger le flux vers la chambre d’écho de son proxy, le régime rwandais a tiré le masque. Il n’y a pas de rébellion. Il n’y a qu’une armée d’occupation déguisée, une brigade avancée du RDF, l’armée rwandaise, opérant sous un label de circonstance pour permettre le déni plausible – un déni désormais si peu plausible qu’il en est insultant.

L’impératif humanitaire, dernier refuge de l’urgence et de l’apolitisme supposé, a servi de révélateur. Face à la détresse de Goma, Kigali n’a pas pensé aux civils, mais à la consolidation de son fictionnel. Il a préféré la manœuvre à la compassion, l’aveu à la pudeur. Le message est désormais cristallin : toute avancée, même la plus vitale, doit passer par la reconnaissance de son extension militaire.

La communauté internationale, souvent si habile à regarder ailleurs, est aujourd’hui confrontée à cet aveu en forme de coup de force. Continuer à dialoguer avec le RDF/M23 comme avec une entité indépendante reviendrait à entériner cette mascarade. Le rideau est tombé. Il est temps d’appeler l’armée d’occupation par son véritable nom.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Politique

Guillaume Ngefa Atondoko : l’inflexible gardien du Droit au service de la Justice du Peuple

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Il est des nominations qui sonnent comme des professions de foi. Celle de Guillaume Ngefa Atondoko au poste de Ministre d’État, Garde des Sceaux et Ministre de la Justice, le 8 août 2025, est de celles qui redonnent espoir à tout un peuple en quête d’équité. Rares sont les personnalités dont le pedigree international et le courage personnel forcent autant le respect.

Ce juriste chevronné, diplômé de Columbia University et de l’Institut des droits de l’homme de Strasbourg, n’a pas attendu les ors de la République pour servir son pays. Dès les années 1990, alors que la dictature zaïroise étouffait toute velléité de liberté, il cofondait l’AZADHO (devenue ASADHO), bravant menaces et tentatives d’assassinat pour documenter les exactions. Son parcours à l’ONU, où il a piloté la Division des droits de l’homme de la MINUSMA au Mali avant d’en être expulsé pour son intransigeance, puis dirigé l’Examen Périodique Universel à Genève, a forgé en lui une cuirasse d’intégrité.

Aujourd’hui, c’est avec cette même intransigeance morale qu’il a accepté de relever le défi le plus périlleux de sa carrière : restaurer la foi des Congolais en leur justice. Conscient de l’immensité de la tâche dans un système judiciaire miné par la corruption et la lenteur, Guillaume Ngefa n’a pas perdu une minute pour poser les jalons de son ambitieux projet réformateur. Son action s’articule autour d’une vision claire : une justice de proximité, digitalisée et surtout indépendante.

Parmi ses premières initiatives marquantes, on note le renforcement immédiat de la coopération avec la MONUSCO pour l’humanisation du système pénitentiaire congolais, un dossier brûlant tant les conditions de détention sont souvent indignes. En recevant Patience Saï et en relançant les travaux du groupe technique sur la stratégie pénitentiaire, il a démontré que la modernisation des infrastructures carcérales et la protection des détenus, en particulier les femmes, figuraient au sommet de ses priorités.

Parallèlement, il travaille à la digitalisation de la chaîne judiciaire et à la réforme de la formation des magistrats, avec l’ambition affichée de faire de l’École de magistrature un creuset d’excellence éthique et non plus un simple lieu de passage. Mais au-delà des réformes techniques, c’est la dimension profondément humaine et politique de sa mission qui impressionne. Nommé dans un contexte de crise de légitimité suite aux affaires ayant éclaboussé son prédécesseur, il incarne un “pari risqué” sur l’éthique. Pourtant, cet homme qui a documenté les massacres des années 1990 et survécu à l’exil forcé sous Laurent-Désiré Kabila, aborde cette nouvelle bataille avec la sérénité des vétérans.

S’il se définit comme le “ministre du peuple”, c’est parce qu’il sait que la justice ne se décrète pas d’en haut ; elle se vit au quotidien dans les villages reculés et les quartiers populaires. En posant la première pierre d’une justice de proximité et en s’attaquant frontalement aux interférences politiques, Guillaume Ngefa Atondoko ne cherche pas à être populaire, mais à être utile. Et c’est précisément dans cette quête d’une justice intègre et souveraine que réside tout l’espoir d’un État de droit véritable en République Démocratique du Congo.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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