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Analyses et points de vue

L’Alliance Fleuve Congo : La maîtresse de l’art du communiqué

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La magie des communiqués de presse a encore frappé. Ce matin, l’Alliance Fleuve Congo de Corneille Nangaa Yobeluo a décidé de nous régaler avec un chef-d’œuvre d’ironie : un communiqué dénonçant un acte audacieux du régime de Kinshasa qui aurait osé violer « leur espace aérien » à Bunagana. Oui, vous avez bien lu, leur espace aérien.

Qui aurait cru que la carte de la République Démocratique du Congo avait été redessinée sans que nous en soyons informés ? Il semblerait que l’espace aérien congolais soit devenu un terrain de jeu pour les rebelles, où le régime de Kinshasa est le vilain petit canard qui s’aventure audacieusement dans un territoire qu’il n’est plus censé occuper.

Et quelle audace ! Après tout, qui aurait pu imaginer qu’un avion du gouvernement oserait survoler un espace revendiqué par des rebelles ? C’est presque comme si un enfant de cinq ans tentait de revendiquer un terrain de jeux en déclarant que les autres enfants n’ont pas le droit d’y jouer. Signé par Lawrence Kanyuka, cet appel désespéré à la Communauté Nationale et Internationale interpelle.

Comme si l’ONU allait envoyer une mission d’enquête pour déterminer qui a le droit d’utiliser l’espace aérien de qui. Peut-être qu’ils pourraient aussi envoyer des ballons de fête pour faire passer le message, parce qu’après tout, cela semble être une question de savoir qui a le plus de droits sur le ciel au-dessus de leurs têtes. Et parlons du cessez-le-feu.

Ce concept insaisissable qui semble être plus un vœu pieux qu’une réalité. L’Alliance Fleuve Congo s’indigne de cet incident, mais n’est-ce pas un peu comme si un chat se plaignait d’être poursuivi par un chien ? La guerre, la rébellion, les violations, tout cela fait partie d’un jeu dangereux où chaque acteur semble jouer sa propre partition, ignorant le fait que la symphonie de la paix est bien loin.

Mais ne vous y trompez pas, ce communiqué n’est pas qu’une simple lamentation. Non, c’est un cri de ralliement pour ceux qui aiment se draper dans le drapeau de la légitimité tout en se livrant à des actes de rébellion. C’est un appel à l’unité, à la résistance, à la bravoure – tant que cela peut être exprimé à travers un communiqué bien formulé.

Alors, que faire maintenant ? Attendre que la communauté internationale se mobilise pour envoyer des lettres de réprobation au régime de Kinshasa, ou peut-être un tweet sur la gravité de la situation ? Peut-être même un hashtag ? #Laissez-nousVolezTranquillement devrait faire l’affaire. Alors, chers lecteurs, gardez vos yeux rivés sur cette saga.

En attendant, nous pourrions tous profiter de ce moment pour réfléchir à la façon dont un espace aérien peut devenir un champ de bataille pour les mots, les promesses, et les revendications. Parce qu’après tout, dans cette danse macabre de la diplomatie et de la rébellion, le plus important est de savoir combien de communiqués vous pouvez publier avant que quelqu’un n’ose réellement agir.

Qui sait ce que le prochain communiqué nous réserve ? Un autre vol d’avion ? Un autre espace aérien à revendiquer ? Laissons la comédie tragique se dérouler sous nos yeux. Qui a dit que la politique ne pouvait pas être divertissante ? À la paix, il faut parfois forger des chaînes, mais c’est dans la douceur du dialogue que se construisent les vraies libertés.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Actualité

Ormuz sous verrou : Les gouvernements ouvrent les vannes, la RDC n’y déroge pas ( Décryptage d’Aldo Kamwanga, Expert du secteur des ressources naturelles et Consultant )

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Le souffle de l’histoire est devenu brûlant. Alors que Donald Trump vient de couper court à tout espoir de désescalade immédiate en annulant le vol de ses émissaires, Jared Kushner et Steve Witkoff, vers le Pakistan, et que Union européenne, réunie en urgence, dresse le constat d’un choc durable né des fronts iranien et ukrainien, la réalité nous rattrape à la pompe.

Le détroit d’Ormuz n’est plus une simple ligne sur une carte maritime ; c’est un garrot qui se resserre sur la gorge de l’économie mondiale. Avec une offre amputée de 20 % en un clin d’œil, le marché ne se contente pas de convulser : il délire. De Paris à Kinshasa, en passant par Nairobi, le pistolet à la pompe ne distribue plus seulement du carburant, il injecte un poison lent : l’inflation.

Les chiffres donnent le vertige et dessinent une géographie de la crise : +15 % sur le diesel au Kenya, +13 % en moyenne dans une zone Schengen où l’Allemagne frôle les 20 %, et un bond de 18 % au Royaume-Uni. Dans cet œil du cyclone, la République démocratique du Congo semble, pour l’heure, jouer les amortisseurs avec une hausse contenue sous les 10 %.

La perfusion : le grand retour de l’État-providence

Face au spectre d’une explosion sociale ( des “gilets jaunes” européens aux émeutes possibles à Luanda ou à Nairobi ) les dogmes libéraux volent en éclats. C’est le retour fracassant des subventions massives, cette “perfusion” financière devenue l’unique rempart, au grand dam des institutions de Bretton Woods.

L’Europe et son “quoi qu’il en coûte” : Bruxelles a ressorti les recettes de la crise sanitaire. La France et l’Allemagne subventionnent leurs secteurs vitaux à bout de bras. L’Espagne renonce à 5 milliards d’euros de recettes de TVA. Même la Belgique mobilise 80 millions d’euros pour éviter la paralysie des ménages les plus fragiles.

L’Afrique, elle, est au pied du mur : ici, on ne gère pas, on pare au plus pressé. Si Nairobi divise sa TVA par deux, Kinshasa opte pour l’électrochoc : une TVA à 0 %. L’objectif est autant politique qu’économique : bloquer l’effet domino avant que le moteur de l’économie réelle ne se grippe.

Le paradoxe du raffinage : dépendance africaine, repli européen

C’est ici que le bât blesse, et Organisation des producteurs de pétrole africains ne s’y trompe pas. Le paradoxe est cruel : l’Afrique déborde de brut, mais manque de produits finis.

Le constat dressé le 17 avril lors d’un webinaire de African Energy Commission est sans appel : sans une capacité de raffinage locale d’au moins 150 000 barils par jour et par région, le continent restera otage des soubresauts mondiaux.

Comme l’a souligné Lerato Mataboge, cette dépendance ( jusqu’à 80 % d’essence importée ) constitue une menace directe pour la souveraineté des réserves de change.

Pendant ce temps, l’Europe réduit ses capacités. Sous la pression de normes environnementales strictes et de la fin programmée du moteur thermique à l’horizon 2035, les raffineries ferment ou se transforment. L’exemple de Grandpuits illustre ce basculement : une victoire écologique, mais un affaiblissement stratégique à court terme.

Cap sur le 8 mai : Addis-Abeba, l’heure de vérité

Le prochain sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba ne sera pas une réunion de plus. Il doit marquer une riposte systémique.

Réserves stratégiques, interconnexion énergétique, accélération du solaire : le plan existe. En 2026, la transition énergétique n’est plus un luxe, mais une nécessité. L’indépendance ne se proclame plus, elle se construit.

Aldo Kamwanga/Expert et Consultant 

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