Société
La ville morte d’Isiro sonne le glas de la patience populaire
La synergie de la société civile du Haut-Uélé a tiré la sonnette d’alarme. Les 7 et 8 juillet, Isiro se paralysera dans un silence éloquent, une ville morte pour crier l’indignation face à un exécutif provincial dont l’incompétence et la malversation sont devenues une marque de fabrique et un art de la désolation en bandes organisées.
Derrière les slogans creux et les promesses en carton, se cache une réalité brutale : le Haut-Uélé est livré aux prédateurs en costume-cravate. Il y a un carnaval de l’impunité. La rivière Ngayo à Wamba, théâtre d’insécurité répétitive, symbolise l’abandon des populations. Pendant que les citoyens subissent violences et tracasseries, l’exécutif provincial, sourd et aveugle, se complaît dans l’inaction.
Où est passée la sécurité promise ? Les mains vides des autorités contrastent avec les poches pleines des milices locales, dont l’audace prospère sous le regard complice—ou complaisant—des dirigeants. Les fonds publics, censés irriguer les projets vitaux, sont siphonnés avec une régularité déconcertante. La paralysie des services essentiels n’est pas un accident, mais le résultat d’un système organisé de pillage.
L’héritage de dettes exorbitantes de l’ère Christophe Baseane Nangaa, par ailleurs allié de l’homme de Bambesa dans l’alliance de Gombe, n’a servi de leçon à personne : le nouveau gouverneur Jean Bakomito Gambu perpétue la tradition, avec des équipes complices et une opacité qui sent le soufre. À Akpokoma, la vente illicite de concessions se fait au mépris des lois, des droits des citoyens et de toute justice foncière.
Un scandale à ciel ouvert, un Far West foncier où des terrains sont bradés comme au marché noir, avec la bénédiction tacite d’un exécutif absent—ou pire, impliqué. Le maire de la ville, fantôme depuis 3 mois, incarne cette désertion coupable. Que cache cette fuite ? Une complicité ? Une lâcheté ? L’université de l’Uélé, les routes urbaines d’Isiro, la prison centrale… Autant de projets promis, autant de mirages pour une population abandonnée.
Le ralentissement des travaux n’est pas une question de moyens, mais de volonté. Les fonds existent—ils sont juste détournés. Le gouverneur Bakomito Gambu préfère-t-il les dossiers opaques de la DGRHU aux chantiers transparents ? La justice doit trancher, mais en attendant, les citoyens étouffent. Face à ces abus, le silence prolongé des autorités compétentes est une insulte.
La société civile exige l’implication de la justice pour éclaircir les dossiers brûlants, comme celui de la DGRHU. Mais surtout, elle somme le gouverneur de balayer sa propre équipe—une bande de courtisans inutiles—et d’adopter un esprit de suivi. Sans cela, les villes mortes ne seront qu’un prélude à une colère bien plus vive. Les deux jours de ville morte ne sont pas qu’un avertissement : c’est un ultimatum.
L’exécutif du Haut-Uélé a échoué sur toute la ligne. Insécurité, corruption, urbanisme anarchique, projets abandonnés… Le bilan est accablant. La société civile, unie et déterminée, refuse désormais de servir de spectatrice à ce naufrage. Aux autorités de choisir : la reddition aux exigences populaires ou la chute programmée. La résistance citoyenne s’organise, l’histoire jugera.
Signé par la Synergie de la Société Civile du Haut-Uélé
Avec le soutien de : Société Civile de Solidarité du Congo, Société Civile Révolutionnaire, Société Civile du Peuple Congolais.
Société
Retour à la mère nourricière : 30 ans après, les anciens du Collège Elikia posent un geste de cœur
L’attachement à leur alma mater demeure intact. Trente ans après l’obtention de leur diplôme d’État, les anciens élèves du Collège Elikia ont posé, vendredi 17 avril 2026, un geste fort de générosité en faveur de leur ancien établissement. À travers une série de dons matériels et de travaux de réhabilitation, ces vétérans ont tenu à exprimer leur gratitude envers l’école qui a contribué à leur formation.
Face à l’état de dégradation progressive de l’établissement, marqué notamment par la vétusté de certaines infrastructures, les anciens ont décidé d’agir. Faute de moyens financiers suffisants pour une réhabilitation complète, la priorité a été accordée à la peinture des salles de classes des finalistes, afin d’offrir aux élèves un cadre d’apprentissage plus décent et motivant.
Au-delà des infrastructures, ces anciens élèves ont également pensé au développement physique et culturel des apprenants. Des ballons de football ont été remis à l’école, tandis que des ballons de basketball devraient suivre dans les prochains jours. Ils ont également entrepris des démarches pour la réfection du terrain de basket, dans le souci de redynamiser la pratique sportive au sein de l’établissement.
Fidèles à l’adage Mens sana in corpore sano un esprit sain dans un corps sain les anciens ont aussi mis l’accent sur l’éveil intellectuel des élèves. À cet effet, des jeux de Scrabble ont été offerts afin de promouvoir la culture générale, la maîtrise de la langue et l’esprit de réflexion. Leur ambition est également de voir renaître des activités académiques telles que les “Génies en herbe”, qui ont autrefois révélé plusieurs figures de la presse et de la vie politique congolaise.
Malgré des moyens limités, l’impact de cette action reste considérable. Ce geste de cœur témoigne de l’amour profond que ces anciens continuent de porter à leur “mère nourricière” et de leur volonté de contribuer à l’avenir des générations futures du Collège Elikia.
Adonikam Mukendi, stagiaire UCC
