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La mendicité infantile à Kinshasa : arrêter le fléau ! ( Tribune de Christus Martin de Porrès Philos d’Ekosimba )
Parcourant toute la ville de Kinshasa, nous serons voués à constater devant les places publiques, les portes des églises, les grands marchés, même tout près des arrêts de bus, un phénomène déplorable et pitoyable qui est la mendicité. Bien souvent laquelle mendicité est faite par les enfants. Ils n’ont pas choisi cela, ils n’ont jamais souhaité être appelés enfants de la rue, mais ce n’est que par accident.
Ainsi donc, le souci de savoir dans cette réflexion : quelles sont les causes, conséquences de cette mendicité faite par les enfants, enfin comme toute autre étude, nous nous proposerons des pistes de solution qui seront alors réponses à cette problématique du phénomène mendicité infantile.
1. Causes
Bien avant de parler des causes de la mendicité infantile à Kinshasa, nous pensons qu’il sera logique pour nous de vous dire, en peu de mots, ce que nous entendons par la mendicité infantile. La mendicité est l’état d’indigence qui amène à mendier ( définition tirée de Larousse). Et mendier est un verbe, comme tout autre en français, désignant le fait de solliciter à titre d’aide soit l’argent soit quelque chose à manger, à boire ou à porter… Alors que l’indigence est l’état d’une pauvreté, de manque de nécessaire pour la vie. Pour avoir bien compris le sens de ce titre, venons en maintenant aux différentes causes.
Après avoir posé au moins des questions à quelques têtes d’enfants qui font cette mendicité, nous avons reçu plus les plaintes de manque d’amour manifesté par les soeurs, frères, époux (ses) des parents de ces petits. Autrement dit, nous avons compris que c’est pour avoir perdu des parents que nombreux de ces enfants se retrouvent dans la rue pour mendier. Une autre chose, c’est de savoir qu’après avoir été accusés des sorciers, les enfants ne savent plus regagner leurs familles. Ainsi, ils se mettent dans l’abri (soit disant bien-sûr) d’un parent de la rue qui, à son tour, les envoie trouver un petit rien dans la mendicité. Donc la mendicité devient une profession pour eux. Et, le malheur c’est que celui qui ne saura pas apporter quelque chose là où ils restent, il est très souvent privé de la nourriture. Dans un autre cas, il y a des familles qui habitaient les zones que certaines autorités politiques ont pu arracher, et n’ayant aucun moyen de survie, les parents par honte de ne pas se faire remarquer demandent à leurs propres enfants de faire la mendicité ( car on dit souvent qu’on a plus pitié des enfants que des adultes).
Nous avons, sans doute, découvert beaucoup de causes de la mendicité infantile qui regorgent simplement du manque de survie et de la pauvreté, mais nous ne saurons tout épuiser ici.
C’est pourquoi nous voulons savoir à présent quelles en sont les conséquences ?
2. Conséquences
Déjà dans l’idée que l’on se fait de la mendicité, nous pouvons dire qu’il y a déjà la honte qui caractérise la mendicité, c’est une conséquence aussi. Mais la honte n’est pas une conséquence si grave que cela, il y en a de plus douloureux et pitoyables. Nous prenons le cas de petites filles qui se livrent à la mendicité, elles sont vouées au viol. Combien nous en comptons dans la rue avec deux ou plus d’enfants, et parfois l’on se demande comment et pourquoi pouvait-elle avoir autant d’enfants avant l’âge ? Mais c’est parce qu’elles ont été vouées à cause de la mendicité.
Nous avons appris également que beaucoup meurent par l’accident de circulation, puisqu’ils sont punis pour n’avoir rien amené, alors que quand une occasion se donne, c’est tout le monde qui se précipite, même au grand plein du boulevard.
Une autre conséquence c’est qu’ils sont prêts à devenir des « KULUNA » ( petits bandits aux armes blanches) quand ils constatent un fiasco pendant un moment de leur mendicité. Un élément encore, avons-nous appris de ces petits, qu’ils sont souvent affectés de constater que certains enfants partent à l’école et cela n’est pas le cas pour eux. De la sorte, ils cultivent la haine dans leur cœur, et sont prêts à faire du mal nos seulement à ces enfants qui étudient mais aussi et surtout à ceux qui les ont accusés des sorciers et autre.
Voilà alors, comment nous détruisons le sens de l’humanité dans le psyché de ces enfants qui aujourd’hui sont des menaces, des sujets de beaucoup de questionnements pour nous. Que devons-nous faire pour lutter contre ce phénomène combien honteux et pitoyable ?
3. Pistes de solution
Au regard des causes et des conséquences que nous venons d’illustrer, nous pensons qu’il faut tout d’abord interpeller la conscience de la famille(les membres donc) qui est la racine de tout être humain. Jean Jacques Rousseau nous dit : » l’homme nait naturellement bon mais c’est la société qui le corrompt ». Cela signifie autrement, dès la naissance l’enfant a la capacité de cultiver en lui soit le mal soit le bien. Alors, si nous arrivons à comprendre cela, comment pourrions-nous accuser nos enfants des sorciers, voleurs…? n’est-ce pas là nous accuser nous-mêmes de ne les avoir pas bien éduqués? Peu importe le problème, les parents ont le devoir de garder toujours sous leur ombre les enfants.
Surtout aux jeunes parents qui ne tiennent pas à coeur l’éducation de leurs enfants, il est écrit: » il est bon que les jeunes parents réfléchissent sur les obligations auxquelles ils s’engagent en mettant des enfants au monde. Ils ne le feront que dans la mesure où ils se sentiront capables d’assurer entièrement toutes leurs responsabilités » (dans Que dit le code de la famille? De Pierre de Quirini S.j. Docteur en Droit, CEPAS, Médiaspaul, Kinshasa, Sd., P.8.). Autrement dit, aussi longtemps que nous avons accepté de mettre au monde ces enfants, nous avons l’obligation de les aimer et de les éduquer comme il le faut, car c’est tout à fait légitime voire naturel que les parents veillent à l’éducation des enfants quel que soit leur comportement, quelles que soient leurs caprices. Pour enrichir, un proverbe lingala nous dit clairement que: » nzoko alembaka minu naye te » ( l’éléphant ne peut se fatiguer de ses cornes).
Aux membres de familles ( frères et soeurs du défunt ou de la défunte, marâtre ou parâtre…), pourquoi aimer les enfants de vos frères, soeurs, maris… en leur présence et les haïr en leur absence ( décès ou voyage)? Nous sommes sensés de revoir notre façon de vivre en nous mettant simplement à la place de ceux dont nous négligeons les enfants, telle est pour moi la seule façon de nous inviter à la prise de conscience et au refus de ce genre de pratiques.
Aux personnes ecclésiastiques, celles qui, par le goût et la soif du bien de ce monde, accusent injustement les enfants des sorciers… sachez-le que vous serez traités ainsi aux yeux de Dieu. Car lui-même Jésus nous demande de laisser venir à lui les petits enfants, et enseigne que le royaume des cieux est à eux ( Matthieu 19, 14). Pourquoi négliger ceux qui bénéficient du royaume des cieux que vous autres bishops, évêques, pasteurs… Prêchez et enviez. Retenez bien qu’il n’y a pas de divinité sans humanité.
C’est à cela que l’État congolais est aussi invité pour que toutes ces églisettes qui sont à la base de ce genre d’accusations malhonnêtes disparaissent de la ville, au-delà déjà des tapages qu’elles nous font nuit et jour. Et le gouvernement congolais doit penser à nouveaux frais le système de la récupération des enfants de la rue, non pas pour faire d’eux des mains d’oeuvres mais pour les scolariser et leur donner l’éducation qui leur est due. Car ils en ont le droit et le souci comme tous nos propres enfants. Ce faisant notre ville ne comptera plus petit à petit ce genre de phénomènes.
Christus Martin de PorrèsPhilos d’Ekosimba
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HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril
L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.
D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.
Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.
Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
