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La condamnation d’un congolais par pendaison en Malaisie préoccupe le gouvernement
Depuis le samedi dernier, une délégation des officiels congolais conduite par Emmanuel Ilunga Ngoie, ministre en charge des Congolais de l’étranger, s’est rendue à Kuala Lumpur, en Malaisie afin de s’enquérir de la situation d’un citoyen congolais condamné à la pendaison, renseigne un document officiel remis lundi à l’ACP.
« Un très bonne journée pour moi ici à Kuala Lumpur, où je suis en séjour depuis deux jours, dans l’objectif d’empêcher la pendaison de notre compatriote emprisonné dans ce pays. Il a été condamné à la pendaison et a épuisé tous ses recours », a écrit Emmanuel Ilunga sur sa page officielle.
Et d’ajouter: « Un moratoire d’urgence m’a été signifié par le ministre de la Justice sur le cas de mon compatriote suite à l’intervention du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, ce jeune de 28 ans a été sauvé ».
L’identité du Congolais ainsi que les motifs de sa condamnation ne sont livrés au public.
Le gouvernement s’emploie donc à déployer tous les mécanismes internationaux pour défendre la cause de ce fils ne fut ce que pour obtenir son rapatriement, afin qu’il vienne purger sa peine au pays.
Signalons que M.José Mbuyu, représentant personnel du Chef de l’Etat, fait également partie de cette délégation.
Notons que depuis quelques années, la RDC observe le moratoire en matière d’exécution de la peine de mort, en même temps que plusieurs pays du monde.
La peine capitale, par pendaison, est actuellement prévue par la loi malaisienne pour toute une série de crimes allant du meurtre à l’enlèvement, en passant par la possession d’armes à feu et, il y a encore quelques mois, le trafic de drogue.
Le gouvernement a opté pour l’abolition en raison d’une opposition grandissante des Malaisiens à l’égard de la peine de mort.
En novembre 2017, le Parlement de Malaisie avait adopté un projet de loi supprimant la peine de mort obligatoire pour les trafiquants de drogue.
Entrée en vigueur en mars 2018, la loi initiale prévoyait la peine de mort sauf quand la personne coupable d’avoir transporté, envoyé ou livré une drogue acceptait de coopérer avec les forces de l’ordre pour démanteler des trafics de stupéfiants.
Dans ce cas-là, la personne était condamnée la réclusion à perpétuité assortie de 15 coups de fouet.
Bishop Mfundu/CONGOPROFOND.NET
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IA et médias africains : Melba Orlie Nzang Meyo plaide pour la souveraineté des données culturelles
C’est à l’Université Internationale de Libreville Berthe et Jean, le mercredi 21 janvier 2026, que Mme Melba Melba Orlie Nzang Meyo a livré une communication dans le cadre de la Conférence internationale de la presse francophone (Cipref 2026). Au cœur de son intervention : la nécessité urgente de valoriser les données culturelles locales dans l’usage croissant de l’intelligence artificielle par les médias africains.
Face à un auditoire composé de professionnels de l’information, d’universitaires et d’étudiants, la conférencière a mis en garde contre une adoption aveugle des technologies d’IA ( Intelligence Artificielle), souvent conçues et entraînées loin des réalités africaines.

Les données locales, nerf de la guerre de l’intelligence artificielle
Pour Mme Nzang Meyo, la question des données n’est pas accessoire : elle est centrale. « Sans données locales, l’intelligence artificielle appliquée aux médias risque de devenir un instrument d’acculturation plutôt qu’un levier de développement », a-t-elle souligné.
La majorité des modèles d’IA aujourd’hui utilisés dans le monde, qu’il s’agisse de génération de textes, d’images ou d’analyses, sont entraînés sur des bases de données largement dominées par des contenus occidentaux. Une réalité qui pose un problème majeur pour les médias africains soucieux de produire une information ancrée dans leurs contextes nationaux.
Des contenus déconnectés des réalités africaines
Le risque est réel : recourir à une intelligence artificielle non nourrie de données locales peut conduire à la production de contenus historiquement approximatifs, socialement hors-sol ou culturellement inadaptés. Articles de presse, illustrations, analyses ou récits médiatiques peuvent alors refléter des schémas exogènes, éloignés des réalités géographiques, linguistiques et sociopolitiques du Gabon ou d’autres pays africains.
À l’inverse, la valorisation des archives nationales, des productions médiatiques locales et des savoirs endogènes permettrait à l’IA de mieux saisir les nuances du français gabonais, l’usage des langues vernaculaires, ainsi que les subtilités culturelles propres aux sociétés africaines.
Raconter l’Afrique avec ses propres algorithmes

L’enjeu est aussi politique et symbolique. « Si les médias africains ne valorisent pas leurs propres données, ils deviennent dépendants d’algorithmes étrangers pour raconter leur propre histoire », a averti la conférencière. Une dépendance qui pourrait, à terme, fragiliser la souveraineté narrative du continent et uniformiser les récits médiatiques.
Pour Melba Nzang Meyo, il est donc impératif que les rédactions, les institutions culturelles et les États investissent dans la structuration, la numérisation et la protection des données locales, afin que l’intelligence artificielle devienne un outil d’émancipation et non de dilution identitaire.
Qui est Melba Melba Orlie Nzang Meyo ?
Mme Melba Melba Orlie Nzang Meyo est une spécialiste des enjeux numériques et culturels, engagée sur les questions de médias, innovation technologique et valorisation des patrimoines africains. Son travail s’inscrit à la croisée de la communication, de la culture et des nouvelles technologies, avec une attention particulière portée à la souveraineté informationnelle et à la place de l’Afrique dans l’écosystème mondial de l’intelligence artificielle.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
