Musique
La chanson nostalgique « Bina na ngai na respect » du TP OK Jazz : un cri poétique pour le respect des femmes
La chanson nostalgique « Bina na ngai na respect » (Dansons avec dignité) de l’orchestre Tout Puissant OK Jazz, de feu Lwambo Makiadi de la République démocratique du Congo, a jadis porté une leçon de morale d’une femme indépendante devant un séducteur indécent, selon une analyse de contenu réalisée dimanche par l’ACP.
« Bina na ngai na respect, nayali mwasi ya moto eh, oyo ya ngai lolendo ya kobotama eh, nayaki na ngai mpo nabina, mobali oyo atingami ngai eh » (Danse avec moi avec respect, je suis la femme de quelqu’un, celle-ci est ma fierté de naissance, je suis venue pour danser. Mais cet homme m’agresse), a-t-on repris dans le passage clé de cette chanson interprétée par feu le chanteur Daniel Ntesa, dit Ntesa Dalienst, du TP OK Jazz.
Dans cette chanson qui dure environ 11 minutes, sont exprimées les revendications d’une femme qui affirme son droit à la liberté et au plaisir, tout en précisant fermement qu’elle n’est pas là pour être séduite à tout prix ni pour devenir la maîtresse de quelqu’un.
« Nazali kitoko ya kobotama (Je suis belle et digne de naissance)
Nayaki na ngai mpo nabina (Je suis venue pour danser).
Naboyi kozala ya leki ya moto, nazali mwasi ya moto (Je refuse d’être la maîtresse de quelqu’un, je suis la femme de quelqu’un).
Respecta ngai, pona ngai nazali na bomoi na ngai (Respecte-moi, car j’ai ma propre vie) », a-t-il chanté.
Ce message dénonce le comportement irrespectueux d’un homme qui pense pouvoir abuser de la présence d’une femme seule en public.
« Nalingi kozala na motema makasi » (Je veux avoir un cœur ferme, rester forte), a entonné l’interprète de la mélodie.
En arrière-plan, la musique s’élève vers un sebene entraînant, ce moment instrumental typique où la guitare s’emballe pour inviter à la danse, renforçant ainsi, sans violence mais avec assurance, la force de cette revendication pour le respect.
Fondé le 6 juin 1956 à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa), l’orchestre OK Jazz, devenu plus tard TP OK Jazz, s’impose comme l’un des pionniers de la rumba congolaise. Sous la direction à l’époque de feu le chanteur et compositeur Franco Luambo, le groupe avait profondément transformé la musique populaire en Afrique centrale, en mêlant rythmes africains et sonorités cubaines. Son style distinctif et sa riche discographie ont influencé plusieurs générations. La chanson Bina na ngai na respect s’inscrit dans cette lignée. Elle a vu le jour en 1981, au cœur du répertoire du TP OK Jazz.
ACP/CL
Actualité
Stade de France : Jossart N’Yoka Longo aux côtés de Fally Ipupa pour un moment historique de la musique congolaise
Le leader emblématique de Zaïko Langa Langa, Jossart N’Yoka Longo, a confirmé sa présence au double concert que livrera Fally Ipupa les 2 et 3 mai prochains au Stade de France.
L’annonce a été faite lors de son passage dans « Fauteuil Jaune », une émission culturelle animée par le chroniqueur Miguè Niema.

Hommage à une icône de la nouvelle génération
Dans une intervention empreinte de reconnaissance, le patron de Zaïko Langa Langa a salué le parcours de Fally Ipupa, qu’il considère comme l’une des figures majeures de la musique congolaise contemporaine.
« C’est un fils qui fait bien son travail, avec perfection et excellence », a-t-il déclaré, soulignant l’impact de l’artiste dans la promotion de la rumba et des musiques urbaines congolaises à l’échelle internationale.
Une rencontre entre générations
Actuellement en tournée avec son orchestre, Jossart N’Yoka Longo a indiqué qu’il profitera de cette période pour assister à cet événement d’envergure.
Sa présence au Stade de France revêt une forte portée symbolique, incarnant un pont entre les pionniers de la musique congolaise et les stars actuelles, dans une dynamique de transmission et de reconnaissance mutuelle.
Héritage musical et consécration internationale
Évoquant les influences dans l’œuvre de Fally Ipupa, le “Vieux Bombasse” a mis en avant une proximité stylistique avec Willy Bula, notamment dans le sebene et le travail rythmique inspiré de l’école Zaïko.
Au-delà de l’aspect artistique, il a également souligné l’existence de liens familiaux entre les deux artistes, renforçant une relation fondée sur le respect, l’héritage et la continuité culturelle.
Ce double concert s’annonce ainsi comme une véritable consécration pour la musique congolaise. La présence de figures légendaires comme Jossart N’Yoka Longo vient amplifier la portée de cet événement historique, symbole du rayonnement international d’un patrimoine musical en constante évolution.
Barca Horly Fibilulu Mpia/CONGOPROFOND.NET
