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La Bank of Kigali à Goma : Une menace stratégique contre la souveraineté économique de la RDC
L’installation récente d’un guichet de la Bank of Kigali (BK) dans la zone occupée de Goma, sous contrôle du RDF/M23, n’est pas une simple opération commerciale anodine. C’est une stratégie délibérée de pillage économique orchestrée par le Rwanda, qui exploite la vulnérabilité des populations et des institutions congolaises pour asphyxier financièrement la région et renforcer son emprise illégitime.
Ce guichet, situé à la frontière entre Goma et Gisenyi, agit comme un véritable siphon qui draine les ressources de la RDC vers Kigali, avec la complicité active des rebelles. Loin d’être un service bancaire légitime, cette initiative est un acte de guerre économique qui doit être combattu avec une détermination sans faille par Kinshasa et la communauté internationale.
L’implantation de la Bank of Kigali dans une zone sous occupation illégale constitue une violation directe de la souveraineté territoriale et économique de la RDC. Le droit international, notamment les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies (par exemple, la résolution 2348 sur la RDC), interdit toute exploitation économique des ressources dans des zones contrôlées par des forces non étatiques ou étrangères.
Le Rwanda, en soutenant ce guichet, bafoue ouvertement le principe de non-ingérence et s’expose à des sanctions internationales. Les recettes collectées dans les zones occupées sont systématiquement versées à la Bank of Kigali, y compris en francs congolais, avant d’être converties en dollars et expédiées à Kigali. Cette pratique équivaut à un détournement organisé des fonds publics congolais.
Elle viole les lois nationales de la RDC qui exigent que toutes les recettes fiscales et douanières soient centralisées dans les caisses de l’État. Le prélèvement de 5% sur chaque retrait est une forme d’imposition illégale qui enrichit illicitement le Rwanda et ses proxies. Aucun service bancaire légitime ne justifie une telle taxe, qui s’apparente à une extorsion de fonds dans un contexte de coercition armée.
La RDC doit immédiatement geler tous les actifs de la Bank of Kigali sur son territoire et poursuivre en justice ses dirigeants pour complicité de pillage économique et blanchiment de capitaux. Des plaintes doivent être déposées devant la Cour pénale internationale (CPI) et la Cour internationale de Justice (CIJ) pour exiger des réparations financières. Kinshasa doit adopter une loi d’urgence criminalisant toute transaction financière passant par des institutions non autorisées dans les zones occupées.
Les entités et individus collaborant avec la Bank of Kigali doivent être inscrits sur une liste noire et faire l’objet de sanctions pénales et économiques. La RDC doit saisir la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et l’Union africaine (UA) pour condamner publiquement le Rwanda et exiger la fermeture immédiate du guichet. Une résolution doit être adoptée pour isoler Kigali sur la scène financière régionale.
La RDC doit restaurer d’urgence les services bancaires dans l’Est du pays en rouvrant les succursales des banques congolaises (comme Trust Merchant Bank, Rawbank, ou EcoBank) et en déployant des unités mobiles de banking dans les zones sécurisées. La Banque centrale du Congo (BCC) doit superviser ces opérations pour garantir l’accès aux liquidités. Le gouvernement doit encourager l’utilisation de monnaies numériques souveraines.
Mais aussi de plateformes de paiement mobile sécurisées (comme MPesa ou Orange Money) pour réduire la dépendance aux liquidités physiques. Une campagne de sensibilisation doit être lancée pour alerter les populations sur les risques liés à l’utilisation de la Bank of Kigali. La Cellule nationale de renseignement financier (CNRF) doit surveiller toutes les transactions transfrontalières suspectes et geler les comptes impliqués dans des activités illicites.
Les entreprises et administrations congolaises doivent être tenues de déclarer toute transaction avec des entités rwandaises. Kinshasa doit lancer une campagne médiatique agressive pour dénoncer les pratiques prédatrices du Rwanda. Des reportages ciblés doivent être diffusés sur les chaînes internationales (comme BBC, CNN, ou France 24) pour exposer le rôle de Kigali dans le pillage économique de la RDC.
La RDC doit mobiliser ses alliés (comme la France, les États-Unis, et la Belgique) pour imposer des sanctions économiques contre le Rwanda, notamment la suspension des aides financières et l’interdiction d’accès aux marchés internationaux pour les minerais rwandais suspectés de provenir de la RDC. Kinshasa doit former une coalition avec l’Angola, l’Afrique du Sud, et la Tanzanie pour isoler diplomatiquement et économiquement le Rwanda.
Des exercices militaires conjoints doivent être organisés pour sécuriser les frontières et perturber les réseaux de contrebande. L’implantation de la Bank of Kigali à Goma est bien plus qu’un simple guichet bancaire : c’est un instrument de colonisation économique qui menace la souveraineté de la RDC. Si Kinshasa ne réagit pas avec une fermeté implacable, cette initiative risque de normaliser l’occupation économique rwandaise.
Mais aussi enraciner la dépendance financière des populations congolaises envers Kigali. Le gouvernement congolais doit agir sur tous les fronts : légal, économique, financier, et diplomatique. Il doit aussi retrouver la confiance des populations de l’Est en leur offrant des alternatives bancaires légitimes et sécurisées. La communauté internationale, souvent silencieuse face aux exactions rwandaises, doit enfin assumer ses responsabilités en sanctionnant Kigali pour ses agissements illégaux.
Le temps n’est plus aux discours, mais à l’action. La RDC doit se lever pour défendre sa souveraineté économique, ou accepter de voir son territoire pillé et son peuple asservi par un voisin prédateur.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
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HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril
L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.
D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.
Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.
Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
