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La banalisation de la peine de mort en RDC : Un glissement vers le totalitarisme

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Dans un contexte déjà marqué par des tensions politiques et des crises humanitaires, la récente déclaration de Constant Mutamba, Ministre d’État de la Justice, s’apparente à une véritable déclaration de guerre contre les fondements mêmes de l’État de droit en République Démocratique du Congo. En promettant une application rigoureuse de la peine de mort contre toute personne, qu’elle soit acteur politique, membre de la société civile, journaliste ou religieux, suspectée de soutenir les actions de l’armée rwandaise et de ses alliés du M23, il ne fait pas seulement preuve d’une volonté de répression, mais il ouvre la porte à une banalisation inacceptable de la peine capitale.

Cette annonce, loin d’être un simple acte de populisme, constitue un tournant dangereux dans l’approche juridique du pays. La peine de mort, mesure extrême et irréversible, ne devrait jamais être banalisée ni instrumentalisée à des fins politiques. Elle doit rester une exception, encadrée par des normes rigoureuses et un respect scrupuleux des droits humains. En la transformant en un outil de terreur, le ministre Constant Mutamba fait basculer la RDC sur le toit du totalitarisme, où la loi devient un simple instrument de contrôle social.

La promesse de Constant Mutamba est d’autant plus préoccupante qu’elle reflète une vision réductrice de la justice pour un homme qui est avocat dans la vie civile. En effet, la gravité des faits ne peut pas être jugée sur un simple prisme de loyauté politique ou de nationalisme exacerbé. La justice doit être fondée sur des principes solides, où chaque cas est examiné de manière impartiale par des juges indépendants, et non pas par un gouvernement qui cherche à museler toute critique.

Il est impératif que la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka prenne la mesure de cette dérive. Recadrer son ministre ne doit pas être une option, mais une nécessité. Le populisme, qui préconise des solutions simplistes à des problèmes complexes, ne peut pas se substituer à une réflexion approfondie sur le droit et la justice. Le débat sur l’intégrité territoriale ne doit pas se faire aux dépens de la dignité humaine et des valeurs fondamentales qui régissent une société démocratique.

La RDC doit faire preuve de maturité et adopter une approche graduée des peines. La justice doit être un espace de réparation et de réhabilitation, et non un lieu de vengeance. La banalisation de la peine de mort ne fera qu’accentuer la violence et la polarisation dans un pays déjà fragilisé. Il est temps de redéfinir les priorités et de s’engager vers une justice véritablement restauratrice, qui valorise la vie humaine et respecte les droits de tous.

La RDC se trouve à un carrefour critique. La banalisation de la peine de mort ne doit pas devenir la norme. C’est à la société civile, aux journalistes, et à tous les acteurs engagés pour la démocratie de s’opposer fermement à cette dérive. Il est essentiel de rappeler que la vraie force d’un État réside dans sa capacité à protéger ses citoyens, et non à les menacer. La justice doit prévaloir sur la peur, et l’humanité sur la barbarie.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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Isolé politiquement, Laddy Yangotikala maintient la pression : « Le VPM Jacquemin Shabani doit s’expliquer devant le Parlement ! »

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Exclu de son regroupement politique et abandonné par plusieurs de ses soutiens, le député national Laddy Yangotikala refuse de retirer sa motion de défiance visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité. Dans une déclaration publiée ce vendredi 17 avril sur ses plateformes numériques, il a réaffirmé sa détermination à aller jusqu’au bout de sa démarche parlementaire.

À l’origine de cette initiative, déposée le 13 avril à l’Assemblée nationale, l’élu accuse le VPM d’inefficacité face à l’insécurité grandissante à Kinshasa et dans plusieurs autres villes du pays. Malgré les pressions politiques et les désistements enregistrés parmi les signataires, il campe sur sa position.

« Je prends acte de mon exclusion du regroupement. Je remercie le président Jean-Michel Sama Lukonde pour m’avoir permis d’être libre d’exercer le pouvoir de contrôle sur un membre du gouvernement. Je n’ai pas violé la Constitution ni le règlement intérieur. Je n’ai fait que demander au VPM de protéger les électeurs du président Félix Tshisekedi », a-t-il déclaré.

Dans la même veine, Laddy Yangotikala insiste : « Qu’on ne vous trompe pas. Ma motion de défiance n’a pas été retirée. Nous irons jusqu’au bout ». Il dénonce également des tentatives d’entrave à la procédure parlementaire : « Toutes les manœuvres dilatoires qu’ils ont lancées pour protéger le VPM de l’Intérieur et Sécurité, comme le report de la plénière, n’aboutiront pas car le règlement intérieur est clair ».

Cette posture de fermeté intervient dans un contexte politique tendu. L’Union sacrée de la Nation, par la voix de son secrétaire permanent André Mbata, avait désavoué cette motion, évoquant l’absence de quitus préalable. De son côté, l’AFDC-A a exigé de ses deux députés signataires de retirer leurs signatures, tandis que plusieurs parmi les 56 signataires initiaux se sont désistés.

Malgré cet isolement progressif, Laddy Yangotikala se présente comme un élu déterminé à exercer pleinement son rôle de contrôle parlementaire. En résistant aux pressions politiques et aux désaveux, il affirme son refus de céder, martelant un message clair : pour lui, la question sécuritaire mérite un débat public au Parlement, sans compromis ni abandon de sa motion.

Njila Mule/CONGOPROFOND.NET

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