Actualité
Kwilu/Apk: le bureau Sindani débouté par la Cour constitutionnelle, Serge Makongo réhabilité
La Cour constitutionnelle siégeant en matière d’inconstitutionnalité dans son audience publique du 30 novembre 2021 a réhabilité le président de l’Assemblée provinciale du Kwilu, Serge Makongo, en défaveur du Bureau Donald Sindani déclaré désormais illégitime.
Après une tentative de destitution du bureau Makongo, le 28 avril 2021, par une pétition qui a été rapidement déclarée non conforme à l’article 22 du règlement intérieur de cet organe délibérant par la cour d’appel du Kwilu saisie en matière d’interprétation par Serge Makongo, ces mêmes députés, par une motion de désaveu signée le 06 mai 2021, avaient reçu à destituer le bureau Makongo et installer le bureau d’âge le 08 mai de l’année encour enfin le 22 juin de la même année. Après plusieurs tentative de fermeture de l’organe délibérant par la police sur ordre de Kinshasa, le bureau d’âge avait procédé à l’installation du bureau définitif qui va porter le député Donald Sindani à la tête de cette chambre du parlement provinciale.
Le 23 juin, soit un jour après l’installation du bureau, Sindani Serge Makongo avait lui, à son tour, introduit la requête à la haut cour pour solliciter l’annulation des résolutions du 08 mai et du 22 juin cités ci-haut et une autre requête 30 juillet 2021 pour l’inconstitutionnalité même actes du 8 mai et 22 juin.
Fallait attendre six mois après pour que le verdict tombe. Après examen de deux requêtes, la cour constitutionnelle a donné raison à Serge Makongo à travers son arrêt rendu lors de l’audience publique du 30 novembre 2021.
» Dit qu’elle est compétente pour connaître de la requête sous R const 1624;
Dit inconstitutionnelles la déclaration de désaveux du 6 mai 2021 et les résolutions du 8 mai et du 22 juin 2021 de l’assemblée provinciale du kwilu mettant respectivement en place le bureau d’âge pour la première et installant le bureau définitif pour la deuxième. », pouvons nous lire dans cet arrêt.
Ce dernier a été notifié par la haute cour avant le début des travaux de la conférence des gouverneurs qui aura lieu à Kinshasa du 22 ou 23 décembre dont les présidents des assemblées provinciales sont aussi invités.
Il sied de signaler que parmis les 5 membres du bureau Serge Makongo deux ont été élevés en d’autres fonctions au niveau de l’exécutif.
David Mayele/ Congoprofond.net
Politique
Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle
En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.
Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.
Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.
Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.
En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.
En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
