Connect with us

À la Une

Kwango : fin de l’anarchie dans la chefferie de Pelende-Nord

Published

on

Pelende-Nord, une entité coutumière du territoire de Kenge, dans la province du Kwango, aura son Grand Chef Coutumier, le Kiamvu de Kobo, ce vendredi 11 septembre 2020.

Chefferie ayant connu l’un de plus grands conflits de succession au trône depuis le décès du Kiamvu Tsumbi Mwata Mbanza II en novembre 2016, les familles regnantes, issues de deux lignées Kimbamba et Kitsinga, n’ont pas pu dégager un concensus autour d’une candidature.

Certaines langues ont révélé que l’immixtion des politiques dans les affaires coutumières a été à la base de la durée du conflit. Le trio investisseur dirigé par le Kamungu (le pere détenteur de l’investiture) n’a pu résoudre l’équation, l’influence politique ayant été trop forte.

Entre-temps, deux candidats sur 10 se sont imposés et se sont autoproclamés, grace au soutien politique des leaders politiques du coin. Valere Kikomba, detient un arreté ministériel le confirmant Kiamvu de Kobo. Il a été publiquement bouté par les autres challengers et les investisseurs, au motif que son pretendu pouvoir n’était pas reconnu par la coutume et qu’il n’etait pas intronisé par la coutume (le fait precede le droit?). Le candidat Louis-Gethro Makambu, de la branche Kimbamba, a porté le caolin. Mais il été à son tour contesté pour irregularité dans la procedure. Le Kamungu, pris au mot, a du faire marche arrière…

A l’avènement du ministre Eyrolles Mvunzi Meya à la tete des Affaires coutumieres, les choses reviennent à la normale. Le nouveau ministre a fait du respect des us et coutumes son cheval de bataille. Son credo est que les conflits coutumiers ne perdurent plus et et n’aboutissent pas aux conflits armés. Son objectif: retablir l’ordre dans le secteur, ordre qui a été relégué en arrière-plan à cause des appetits politiques.

Lors de sa récente tournée de remerciement à la base pour son élection à la députation nationale, Mvunzi Meya a promis actionner les instruments juridiques nationaux pour mettre fin aux conflits coutumiers dans Pelende-Nord et Kasongo-Lunda (Kwango) et à travers tout le pays. Il a exprimé son regret du fait que la plus grande chefferie de la République Démocratique du Congo ne parvenait pas à se doter d’un Chef!

Pour ce qui est de la chefferie Pelende-Nord, le ministre des Affaires coutumières a, en amont, organisé une serie des rencontres avec les familles regnantes et les leaders de la communauté pelende, auxquels ont été associés d’autres personnes ressources, pour aider cette chefferie à avoir son chef dans le respect des normes; et donc, affranchir la chefferie des influences politiciennes.

Mvunzi Meya est ainsi arrivé à un premier resultat: obtenir des parties en conflit le retour au principe de rotation (alternance) par clan (Kitsinga et Kimbamba). Le clan Kitsinga, qui detenait le pouvoir pendant plusieurs décennies a accepté de lacher le morceau pour permettre au clan Kimbamba de prendre la main. C’était une premiere grande victoire sur la « verité des urnes » coutumières.

Ce week-end, le ministre des Affaires coutumières en personne va siéger avec les familles régnantes pour passer à la vitesse supérieure ce dossier de Pelende-Nord et lui donner son chef.
Selon des sources proches du cabinet du ministre Mvunzi Meya, le ministre va utiliser son approche qu’il a utilisée dans dans la résolution des conflits coutumiers dans les chefferies de Kaponda (territoire de Kipushi), Basanga (territoire de Kambove), Bukumu (territoire de Nyiragongo). Le ministre va ainsi proceder par des consultations avec les familles regnantes et autres parties prenantes au conflit de succession, pour degager la verité sur base des us et coutumes locales, les principes etablis par la coutume de cette chefferie en matiere de succession au pouvoir. Cette etape sera suivie immediatement de l’intronisation du chef choisi.

Emile YIMBU/CONGOPROFOND.NET

À la Une

Kenge : Des réactions contrastées à l’annonce du retour de 2 magistrats

Published

on

L’annonce du retour prochain à Kenge du magistrat Makwanza et du procureur Émile Ndjale continue de susciter des réactions au sein d’une partie de la population du chef-lieu de la province du Kwango, particulièrement parmi certains groupes de jeunes.

Selon plusieurs sources locales, des discussions seraient en cours au sein de la jeunesse afin d’évaluer les actions à entreprendre pour exprimer leur désaccord avec cette éventuelle réaffectation. Des consultations informelles se tiendraient notamment autour de l’organisation d’activités citoyennes destinées à faire entendre leur position.

D’après les informations recueillies, plusieurs options seraient envisagées. Certains jeunes évoqueraient la possibilité de profiter de la marche de l’opposition prévue le 3 juin pour faire connaître leurs préoccupations, tandis que d’autres privilégieraient une initiative distincte à une date ultérieure afin de démontrer leur mobilisation.

Un retour qui ravive des controverses passées

Le magistrat Makwanza et le procureur Émile Ndjale avaient déjà fait l’objet de critiques de la part d’une frange de la population locale concernant leur gestion de certains dossiers judiciaires. À l’époque, plusieurs accusations avaient été formulées à leur encontre par des citoyens et des organisations locales.

Ces allégations portaient notamment sur de supposés abus dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que sur des comportements jugés incompatibles avec leurs responsabilités. Toutefois, il convient de rappeler que ces accusations relèvent des dénonciations faites par leurs détracteurs et qu’elles n’ont pas nécessairement fait l’objet de décisions judiciaires définitives établissant leur responsabilité.

En juillet 2025, un mouvement de contestation populaire avait conduit à une forte tension dans la ville de Kenge, poussant les deux magistrats à quitter temporairement leur poste.

Entre interrogations et attentes

L’éventualité de leur retour suscite aujourd’hui diverses interrogations au sein de la population. Certains habitants estiment que cette décision risque de raviver des tensions encore présentes, tandis que d’autres appellent au respect des procédures administratives et judiciaires en vigueur.

Dans ce contexte, plusieurs observateurs plaident pour l’apaisement et le dialogue afin d’éviter toute escalade et de garantir le maintien de l’ordre public. Les autorités compétentes sont également attendues sur leur capacité à gérer cette situation avec sérénité et dans le respect de l’État de droit.

Alors que les spéculations se multiplient, l’attention reste désormais tournée vers les prochaines décisions administratives et les réactions qu’elles pourraient susciter au sein de la population de Kenge.

Émile Yimbu/CONGOPROFOND.NET 

Continue Reading