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Kongo Central : Maîtresse Louise Ndundu Bemba réclame une retraite honorable après 59 ans dans l’enseignement !

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 » Je suis très fatiguée, il faut que l’État congolais me paie ma retraite pour que j’aille me reposer ». C’est en ces mots que la plus âgée des enseignants de l’école primaire officielle Kimpese 4, accepte de répondre aux quelques questions de CONGOPROFOND.NET.

Âgée de 76 ans, Madame Louise Ndundu Bemba a été engagée dans l’enseignement depuis 1963 à l’Ep Camp Handy, actuel Camp Colonel Ebeya de Mbanza-Ngungu.

Toute sa jeunesse, « Maîtresse Louise », comme on l’appelle affectueusement, a sillonné la province du Kongo Central, après une petite escale à Kinshasa, N’djili/Quartier 13, à l’école officielle où elle a enseigné pendant deux ans la classe de troisième année primaire.

Dans l’actif de sa carrière, Madame Bemba a été affectée dans dix écoles.  » Malgré mon expérience, j’ai enseigné dans tous les degrés, excepté le degré terminal ».

L’Ep 4 Kimpese, une école officielle l’a accueilli en 2007 après avoir quitté l’Ep 1 Kimpese.

 » Je suis venu la rencontrer à l’école après avoir quitté l’Ep Nkamuna où j’étais comme directeur. Madame Ndundu, est une enseignante qui s’est distinguée en tout. Une femme dynamique, compétente, serviable et caractérielle. Elle a façonné beaucoup de personnes qui sont devenues aujourd’hui des cadres dans ce pays », témoigne Monsieur Jean-Pierre Nsoni, son ancien directeur.

Fatiguée de l’enseignement après des loyaux services rendus à la nation, Madame Louise ne souhaite que son départ du métier qu’elle a tant aimé,  » l’enseignement »

 » Je ne regrette pas sincèrement d’avoir passé toute ma vie dans la carrière enseignante. Au contraire, j’en suis très fière. Mes enfants ne me prennent pas en charge, parce que l’État congolais continue à payer mon salaire malgré de misère », se félicite Ndundu.

Et d’ajouter :  » Il faut que le ministère de l’EPST nous aide à sortir honorablement de la retraite. Continuer à nous garder à cet âge, serait cracher sur nous ! « .

Au regard de la situation de Mme Ndundu, les observateurs se demandent à quand la mise en œuvre du projet de mise à la retraite honorable des enseignants annoncé avec pompe par le ministre Tony Mwaba?

Justin DIASILUA KIONGA/CONGOPROFOND.NET

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Esclavage des enfants : A Kananga, l’urgence d’agir face au phénomène « Bayanda »

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Au cours d’une ronde effectuée par CONGOPROFOND.NET, dans la ville de Kananga, un constat alarmant s’impose : de nombreux enfants et adolescents sont livrés à eux-mêmes dans les rues. Certains, encore en âge scolaire, sont contraints de travailler comme transporteurs à vélo, communément appelés « bayanda », pour subvenir à leurs besoins quotidiens.

Ces jeunes, qui devraient être assis sur les bancs de l’école, arpentent plutôt les artères de la ville, exposés à toutes les formes de vulnérabilité. Une situation qui illustre crûment une réalité persistante, bien loin des discours officiels.

Une Journée mondiale au goût amer

Le 16 avril, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’esclavage des enfants, cette réalité a pris une résonance particulière. À Kananga, cette journée n’a pas été une simple commémoration, mais un révélateur d’un phénomène profondément enraciné.

Des acteurs de la société civile ont saisi cette occasion pour interpeller l’opinion publique et les autorités, appelant à une prise de conscience urgente face à ce qu’ils considèrent comme une forme moderne d’exploitation des enfants.

La société civile hausse le ton

Parmi les voix les plus engagées, celle de la structure La Voix des Jeunes du Grand Kasaï (VJKA-ASBL), dirigée par sa coordonnatrice Merveille Tshibola, dénonce une situation préoccupante. Selon elle, abandonner un enfant à la rue revient à compromettre l’avenir même de la République démocratique du Congo.

Elle souligne qu’au Kasaï-Central, de nombreux enfants sont arrachés à leur environnement naturel (la famille, l’école et les espaces de socialisation ) pour être plongés dans des activités pénibles, notamment dans les marchés, les carrières ou sur les routes.

Des pratiques assimilées à une forme d’esclavage

Pour plusieurs observateurs, cette situation tend à se banaliser, au point d’être tolérée dans certaines couches sociales. Pourtant, les conséquences sont lourdes : exposition aux dangers, mendicité forcée et travaux pénibles deviennent le quotidien de ces mineurs.

La présidente provinciale du Cadre de concertation de la jeune fille rappelle que le foyer doit rester un espace de protection. De son côté, Vincent Kayembe Tshiamumanya, coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme, condamne fermement ces pratiques, qu’il juge inacceptables.

Un appel pressant à l’action

Au-delà du constat, la société civile lance un appel clair : la lutte contre l’esclavage des enfants ne peut se limiter à des discours. Elle exige des actions concrètes, des politiques publiques adaptées et une responsabilisation accrue des parents.

À Kananga, derrière chaque enfant exploité se dessine une crise silencieuse : celle d’une génération privée de ses droits fondamentaux. Face à cette réalité, les acteurs locaux ne demandent plus ( ils exigent ) des mesures urgentes pour protéger l’enfance et restaurer sa dignité.

Mike Tyson Mukendi / Congoprofond.net

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