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Kongo Central : la marche anti-Matubuana échoue à Matadi
La marche convoquée à Matadi, chef-lieu de la province du Kongo Central, par plusieurs forces politiques hostiles au gouverneur de province Atou Matubuana, n’a pas eu d’effet ce vendredi 31 juillet.Et pour cause ! Cette manifestation visant l’obtention du départ de l’actuel gouverneur a été étouffée par les forces de l’ordre, comme l’a témoigné, cet après-midi à CONGOPROFOND.NET, le leader de la Nouvelle Dynamique Kongo, Papy Mantezolo.
Papy mantezolo se plaint et dénonce des actes de brutalité de la part des éléments de la police sur sa personne et sur plusieurs manifestants.
Il a fait savoir que le vice-premier ministre et ministre e l’Intérieur, sécurité et affaires coutumières a envoyé des éléments de la Légion nationale d’intervention (Leni) pour disperser les manifestants. Cette situation fait que les manifestants de plusieurs coins de Matadi n’ont pu faire jonction plutôt que prévu.
Par rapport aux informations qui circuleraient dans les réseaux sociaux faisant état de milices « fourmis rouges » qu’il mettrait en action pour marcher, Papy Mantezolo dit qu’il s’agit d’un montage conçu pour faire museler la manifestation d’un Ne-Kongo. « Quand les combattants de l’Udps descendent dans la rue, personne ne dit qu’ils sont des casseurs; quand les autres bérets rouges ou verts d’un certain parti politique marchent, personne ne parle. Mais comme il s’agit d’une formation politique d’un mukongo, ils veulent nous museler pour dominer la province du Kongo-Central », s’est-il emporté.
Papy Mantezolo dresse ce bilan: plusieurs chefs coutumiers et un député molestés, un député arrêté, etc.
En ce qui concerne la situation politique qui prévaut au Kongo-Central, Papy Mantezolo en appelle au président de la République. Il lui demande d’instruire le ministre de l’Intérieur pour organiser l’intérim » comme il l’a fait au Kasaï-Central et au Kwango, par exemple ».
Joint par votre journal en ligne, le député national Belly Mampa, du FCC, donne un autre son de cloche. Pour lui, il n’y a pas eu marche dans la ville de Matadi, les organisateurs ayant été maîtrisés. « Un qui a essayé de sortir, c’est Mantezolo, qui a été maîtrisé avec quelques autres députés, juste devant sa porte ».
Belly Mampa a démenti les infos faisant état de molestation des chefs coutumiers, des actes de barbarie attribués aux éléments de la police nationale ou encore la prise à partie de la résidence du député Mantezolo.
Il fait savoir en outre que « Papy Mantezolo a fait venir des gens de Luozi pour participer à la marche à Matadi ».
Selon lui, « les autorités ont reçu dix demandes de marches. Comment la police pouvait encadrer 10 marches aux objectifs différents ? ». C’est la raison, selon Belly Mampa, pour laquelle » les autorités ont décidé d’interdire toutes les marches « .
Belly Mampa a assuré que le gouverneur Atou Matubuana ne dirige pas par défis, mais reste dans la légalité, contrairement à ce que certaines personnes laissent croire.
Qui dit mieux ?
Émile YIMBU/CONGOPROFOND.NET
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Exclu pour avoir défié Jacquemain Shabani : Lady Yangotikala, le député qui prive le VPM de sommeil
L’annonce a fait l’effet d’une onde de choc dans les couloirs feutrés du Palais du Peuple. L’Honorable Lady Yangotikala Senga, élu de Kisangani sous les couleurs du regroupement AB, a été frappée le 1er avril 2026 d’une exclusion temporaire pour “dérogation à la règle de solidarité” au sein de l’Union sacrée. Son crime ? Avoir simplement exigé du Vice-Premier Ministre Jacquemain Shabani Lukoo qu’il assume son devoir de protection envers les électeurs de la circonscription PR 05.
Une requête aussi légitime que dérangeante, qui a visiblement troublé les nuits du patron de l’Intérieur et de la Sécurité. Mais loin de plier sous le poids de la sanction disciplinaire, le député de la Tshopo l’a reçue avec la sérénité des justes, prenant acte de cette mise au ban sans en reconnaître le fondement. Dans une déclaration empreinte d’une ironie mordante, l’élu a tenu à adresser ses remerciements les plus sincères… au Président du Sénat, Sama Lukonde.
“Je le remercie de m’avoir permis d’être libre d’exercer mon pouvoir constitutionnel de contrôle”, a-t-il sobrement fait savoir. Un rappel cinglant du principe fondamental de la séparation des pouvoirs et de l’immunité d’action parlementaire. Lady Yangotikala n’a violé ni la Constitution ni le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il le martèle avec force. Il n’a fait que tendre le micro des sans-voix de Kisangani vers les oreilles d’un membre du gouvernement sourd aux grondements de l’insécurité.
Cette exclusion révèle au grand jour l’inconfort grandissant d’un exécutif allergique à la moindre question gênante, préférant museler ses propres élus plutôt que de répondre de ses actes. En assumant cette exclusion comme un brevet de liberté, Lady Yangotikala Senga s’impose désormais comme un symbole d’intrépidité. Là où les calculs politiciens du Regroupement AB espéraient éteindre une voix critique, ils ont allumé un contre-feu médiatique dont Jacquemain Shabani aura bien du mal à se dépêtrer.
Pendant que le VPM Jacquemain Shabani Lukoo cherche un sommeil qu’on devine agité, l’intrépide député de Kisangani Lady Yangotikala continue de veiller. Cette affaire rappelle cruellement que sous la coupole du Palais du Peuple, il est encore permis de préférer la défense de sa population aux soubresauts disciplinaires d’un présidium aux abois.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
