Santé
Kongo Central : À Matadi, la santé reproductive des femmes sort de l’ombre
La ville portuaire du Kongo Central a accueilli, ce mardi 6 mai, une journée cruciale pour l’avenir de la santé sexuelle et reproductive en République Démocratique du Congo. À travers des interventions de haut niveau, le lancement du programme WISH2-soutenu par le Royaume-Uni-a mis en lumière l’urgence d’agir face à une mortalité maternelle toujours alarmante et à un accès insuffisant aux services de planification familiale.

Avec un ratio de mortalité maternelle de 547 pour 100 000 naissances vivantes, la RDC reste l’un des pays les plus touchés au monde. Les chiffres de la mortalité néonatale et infantile restent également préoccupants. En réponse, le gouvernement congolais a inscrit la planification familiale parmi les priorités du Plan national de développement sanitaire et de prévoyance sociale 2024-2033, dans le sillage des Objectifs de Développement Durable.
Le projet WISH2, financé à hauteur de 17,7 millions de livres sterling par le gouvernement britannique, est mis en œuvre par un consortium de cinq organisations, avec MSI RDC comme chef de file. À Matadi, son représentant pays, Dr Patrick-Djemo Kabange, a présenté les objectifs de ce programme ambitieux : accroître l’accès des femmes à la contraception, éviter les grossesses précoces ou multiples, et réduire les avortements à risque.

Mais au-delà des chiffres, les discussions se sont aussi attardées sur le cadre juridique. Le Conseiller à la Cour de Cassation a rappelé que la RDC a adhéré au Protocole de Maputo, qui garantit à la femme 20 droits spécifiques, dont l’accès à l’avortement sécurisé dans certaines conditions. Il a insisté sur l’article 14.2.c, relatif à l’avortement médicalisé en cas de viol, d’inceste ou de danger pour la santé de la mère. Il a appelé les médecins à vulgariser ce protocole, et les parents à assumer leur rôle dans l’éducation sexuelle des enfants.
Prenant la parole, Dr Blaise a précisé les normes cliniques et les protocoles recommandés : avortement médicamenteux ou chirurgical, encadré par une évaluation médicale rigoureuse et le consentement éclairé de la patiente. Il a également insisté sur la nécessité d’équiper les hôpitaux en matériel adéquat pour garantir la sécurité des soins.

Enfin, le ministre provincial de la Santé a salué l’initiative, appelant à soutenir les efforts de WISH2 pour transformer en profondeur le système de santé reproductive en RDC.
Ce projet vise à éviter 2 570 décès maternels, 758 000 grossesses non désirées et 195 000 avortements non sécurisés d’ici 2029. À travers lui, c’est tout un espoir qui renaît pour des milliers de femmes congolaises : celui de pouvoir choisir, décider, vivre pleinement.
Espérance Mbuyi Kamusha/CONGOPROFOND.NET
Santé
Ebola à Butembo : les autorités appellent les étudiants à renforcer le respect des mesures barrières
Les autorités urbaines de Butembo ont sensibilisé les étudiants au respect strict des mesures barrières afin de lutter contre la 17ᵉ épidémie de la Maladie à virus Ebola. Le message a été lancé ce mardi 26 mai 2026 à l’occasion de la cérémonie officielle de remise du trophée du championnat de football de la paix organisé par la Représentation des Étudiants du Congo (REC/Butembo-Lubero).
Prenant la parole au cours de cette activité, M. Bwambale Mughanirya Gilbert, chef de division urbaine à la mairie de Butembo, a exhorté la jeunesse estudiantine à s’impliquer activement dans la riposte contre Ebola à travers le respect des gestes barrières.
« J’invite le corps estudiantin à se liguer pour la riposte contre Ebola. Vous êtes encore jeunes, et nous ne voulons pas voir un jeune mourir d’une maladie aussi grave alors qu’il suffit de respecter quelques gestes simples. L’expérience de la dixième épidémie en 2018 nous a beaucoup appris », a-t-il déclaré.
L’autorité urbaine a indiqué que la ville de Butembo a déjà enregistré deux cas positifs, d’où l’importance d’une mobilisation communautaire pour limiter la propagation de la maladie.
« Je vous demande de respecter les gestes simples afin d’éviter toute chaîne de contamination. Si, après 21 jours, aucun nouveau contact n’est détecté autour des cas confirmés, cela signifiera que la riposte évolue positivement. Cette lutte doit être communautaire, mais l’engagement doit d’abord être personnel », a-t-il insisté.
Dans la ville de Butembo, les campagnes de sensibilisation se multiplient depuis l’annonce de cette nouvelle épidémie. Plusieurs acteurs rappellent notamment les conséquences dramatiques de la dixième épidémie d’Ebola, qui avait causé la mort de plus de 2 277 personnes dans la région, dans un contexte marqué par la désinformation et la méfiance d’une partie de la population envers les équipes de riposte.
Dalmond Ndungo
