Société
Kinshasa : un père de famille humilié par les policiers de la ministre Bestine Kazadi
Kinshasa/Gombe, un incident choquant s’est produit récemment lorsqu’un père de famille a été humilié et agressé par des policiers chargés de la sécurité de Madame Bestine Kazadi, Ministre déléguée en charge de la Coopération Internationale et de la Francophonie.
La raison de cette intervention brutale ? Le père avait simplement demandé la permission de stationner temporairement devant la parcelle de la ministre pour déposer son fils de trois ans à l’école.
Ce qui aurait dû être un acte de courtoisie a rapidement dégénéré en une scène de violence inacceptable. Des témoins ont rapporté que le père et son jeune enfant ont été brutalement battus, suscitant l’indignation parmi les passants. Des enfants et des adultes présents sur les lieux ont été choqués par l’agression, qui soulève des questions sur l’usage de la force par les agents de sécurité.
En plus des violences physiques, les policiers ont également endommagé le véhicule du père en lui crevant les pneus, ajoutant l’humiliation à l’injustice de la situation. Cet incident met en lumière des problèmes plus larges concernant la sécurité et le traitement des citoyens par les forces de l’ordre, ainsi que la nécessité d’un meilleur encadrement des agents de sécurité.
Les autorités sont appelées à enquêter sur cet événement et à garantir que de telles violences ne se reproduisent pas à l’avenir. La protection des citoyens doit primer sur la protection des personnalités publiques, et des mesures doivent être prises pour éviter que des familles innocentes ne deviennent victimes d’abus de pouvoir.
Désiré Rex Owamba/CongoProfond.net
Actualité
Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité
L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.
Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »
Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :
« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »
Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.
Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »
Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.
Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
