Politique
Kinshasa : l’intersyndicale conteste la suspension du chef de division urbaine de la culture et Arts
Une correspondance officielle est parvenue à la rédaction Congoprofond.net faisant état d’une vive controverse autour de la suspension du Chef de Division urbaine de la Culture, Arts et Patrimoine à Kinshasa/Gombe. En cause, une décision prise par le ministre provincial de la Jeunesse, Sports, Loisirs, Culture et Arts, suspendant à titre conservatoire ce responsable administratif à la suite de multiples accusations présumées portées par certains agents de sa division.
Dans sa lettre, le ministre provincial évoque notamment des faits graves tels que le tribalisme, l’abus de pouvoir, le favoritisme, le détournement de fonds et des suspensions abusives, ayant, selon lui, conduit à la démoralisation du personnel. Estimant que les explications écrites fournies par l’agent mis en cause n’ont pas permis de dissiper les griefs, l’autorité provinciale affirme avoir pris cette mesure afin de préserver l’ordre et permettre la poursuite des enquêtes administratives.
Cependant, cette décision est fermement contestée par l’intersyndicale des services publics, qui a adressé une lettre de mise au point aux autorités nationales et provinciales, dont le Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique et le Gouverneur de la ville de Kinshasa. Pour les syndicalistes, la suspension est qualifiée « d’irrégulière et cavalière », car contraire aux dispositions de la loi n°16/013 du 15 juillet 2016 portant Statut des agents de carrière des services publics de l’État.
Selon l’intersyndicale, la procédure disciplinaire est strictement encadrée par la loi et demeure écrite, contradictoire et du ressort exclusif de l’autorité hiérarchique légalement compétente. Elle rappelle que les ministres provinciaux ne disposent d’aucun pouvoir disciplinaire sur les cadres et agents des services publics déconcentrés en province, lesquels sont placés sous l’autorité directe du Gouverneur, conformément à la loi organique n°16/001 du 3 mai 2016.
Face à cette situation, l’intersyndicale demande l’annulation pure et simple de la décision de suspension, estimant qu’elle pourrait constituer un excès de pouvoir et une usurpation de compétence. Elle en appelle également à l’implication du Gouverneur de la ville de Kinshasa afin de garantir le respect strict des textes légaux et d’éviter que les agents publics ne soient soumis à des sanctions jugées arbitraires.
Dorcas Mwavita
À la Une
Sud-Kivu : à Bukavu, des messages appelant au retrait rwandais apparaissent le jour dédié à Lumumba
La ville de Bukavu s’est réveillée, ce samedi 17 janvier 2026, dans une atmosphère particulière mêlant commémoration historique et messages politiques. Cette date, consacrée à la mémoire de l’Héros national Patrice Emery Lumumba, intervient dans un contexte sécuritaire et politique tendu au Sud-Kivu.

Des tracts dénonçant la présence rwandaise
Selon des images et témoignages relayés sur les réseaux sociaux, plusieurs tracts ont été aperçus dans différents quartiers de la ville. Ces messages dénoncent la présence rwandaise dans la province et appellent au retrait immédiat de ce qui est qualifié d’« envahisseurs rwandais ».
Dans l’un de ces messages, il est affirmé que « malgré la présence de l’armée rwandaise à Bukavu, la ville se réveille dans l’atmosphère particulière de commémoration de la journée de l’Héros national Patrice Emery Lumumba, le vrai ».
Un acte présenté comme patriotique
Les tracts visibles à Bukavu expriment une revendication claire. Ils exigent « le retrait des envahisseurs rwandais de la province du Sud-Kivu », un message que les auteurs présentent comme un acte patriotique.
Pour eux, cette mobilisation s’inscrit dans la continuité de l’héritage de Patrice Lumumba, figure emblématique de la lutte pour l’indépendance du Congo. Le texte souligne que cette cause est « une cause noble ayant précipité la mort du vaillant panafricain que les Congolais et les grands révolutionnaires du monde entier célèbrent à la date d’aujourd’hui ».
La Génération Z se revendique de la résistance
Les auteurs des messages se réclament notamment de la Génération Z congolaise. Ils estiment que « la population de Bukavu, jadis ville de la Résistance (…), s’invite dans la lutte de reconquête de l’indépendance de la RDC ».
Les slogans affichés se veulent également un avertissement, parlant d’« un message fort adressé aux envahisseurs rwandais, les avertissant de la couleur de l’ouragan populaire qui pointe à l’horizon ».
Après Goma, Bukavu à son tour

Cette action à Bukavu intervient au lendemain d’initiatives similaires rapportées à Goma.
« Hier, le 16 janvier 2026, c’était à Goma ; aujourd’hui, 17 janvier 2026, c’est le tour de Bukavu. Rien n’est hasard », peut-on lire dans le message. Les auteurs affirment qu’« quelque chose se prépare » et que « la population a déjà décidé de braver la peur ».
Des slogans explicites
Parmi les slogans diffusés figurent notamment :
« Retrait urgent des envahisseurs rwandais déguisés en rebelles »,
« Non à l’occupation rwandaise du territoire congolais »,
ou encore « On ne libère pas un peuple, mais un peuple se libère ».
Le message se conclut par une prise de position sans équivoque : « Bukavu dit NON aux M23 ».
Silence des autorités
Pour l’instant, aucune réaction officielle des autorités locales ou nationales n’a été rendue publique à propos de ces tracts et des messages qui les accompagnent. La situation reste suivie de près dans un contexte régional toujours marqué par de fortes tensions sécuritaires.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
