Actualité
Kinshasa : les morgues remplies, Guy Mafuta interpelle le ministre de la Santé
« Les morgues de l’hôpital du Cinquantenaire, Ngaliema, Monkole et Kinoise sont pleines depuis la nuit du mercredi 23 juin dernier. Une seule place de disponible à Maman Yemo. Pire encore, la pratique de réservation de place à la morgue est signalée dans certains hôpitaux. Le ministère de la santé doit agir en urgence ! « . Tel est l’essentiel de l’alerte donnée par le député national Guy Mafuta Kabongo. Il a déposé, ce lundi 28 juin à l’Assemblée nationale, une question d’actualité au ministre de la Santé, Jean-Jacques Mbungani,
pour éclairer la population kinoise sur l’accroissement brusque et vertigineux du taux de mortalité.
« …Nous avons remarqué, ces dernières semaines, une augmentation brusque et inquiétante du nombre des décès dans la ville de Kinshasa. Nous nous permettons de vous faire remarquer que depuis quelques semaines déjà, il est difficile de trouver une place dans une morgue pour la conservation des corps de nos compatriotes en vue d’organiser leurs obsèques dignement… », peut-on lire dans sa qualification adressée au ministre.
Une situation que l’élu de Tshikapa qualifie de non respect aux morts. « C’est insupportable du point de vu sanitaire, moral et éthique ! », a-t-il martelé.
« Cette situation désagréable porte atteinte au respect dû aux morts et expose ainsi la population à une manipulation indigne des cadavres, à considérer les trajets et les circulations des cadavres dans des véhicules non appropriés pour trouver des morgues disponibles (…) Cette situation insupportable du point de vue sanitaire, moral et éthique nous interpelle au plus haut niveau pour une réaction urgente consistant à épargner la santé de notre population et à respecter nos morts. Une interpellation pour notre avenir, pour la santé publique : nous devons savoir ce qui se passe réellement pour nous prémunir d’une éventuelle catastrophe sanitaire. »
*La question d’actualité Guy Mafuta s’articule autour des préoccupations suivantes :*
– Pouvez-vous nous produire les statistiques comparatives des deux derniers mois, soit les mois de mai et juin, en ce qui concerne le taux de mortalité, spécialement dans la ville de Kinshasa ?
– Est-il possible de nous renseigner sur les causes essentielles de ces décès ?
– Quelles sont les catégories des personnes touchées (âges, sexes, professions) ?
– Qu’en est-il de la capacité réelle d’accueil de nos morgues à travers la ville de Kinshasa ?
– Quelles sont les précautions ou mesures prises en cas de dépassement ?
– Existe-t-il une norme régulant la manipulation des corps dans une morgue ? Depuis un temps, on place plus d’un corps dans un tiroir. Quelle dignité ? Respectent-ils les sexes, les âges, les liens de parenté ?
– Quelle est la communication de crise mise en place par votre ministère pour sensibiliser et conscientiser davantage la population face à cette 3ème vague de la Covid19 ?
Jolga Luvundisakio/CONGOPROFOND.NET
Politique
États inquiétants des routes dans le Haut-Uele : l’A.Ch Blaise Omunyepa remet en cause la politique provinciale de Jean Bakomito
L’état préoccupant des routes dans le Haut-Uele relance le débat sur la politique des infrastructures menée par le gouverneur Jean Bakomito Gambu. Face à des axes routiers jugés dégradés et peu durables, Blaise Omunyepa, président fédéral de l’Alliance pour le Changement (Haut-Uele 2), critique ouvertement les choix opérés par l’exécutif provincial.

Le gouvernement provincial met pourtant en avant plusieurs travaux de réhabilitation réalisés sur fonds propres, présentés comme un effort pour désenclaver les territoires et faciliter les échanges vers Isiro. Ces initiatives sont perçues par les autorités comme un pas important vers le développement économique de la province.
Mais pour Blaise Omunyepa, l’enjeu ne réside pas dans le nombre de kilomètres réhabilités, mais dans la qualité des infrastructures. Il estime que privilégier des routes en terre, souvent impraticables en saison des pluies, ne répond pas aux besoins réels des populations.

Cette critique rejoint le ressenti de nombreux usagers qui dénoncent la dégradation rapide de certains tronçons à peine aménagés. L’opposant plaide pour une politique axée sur l’asphaltage et des ouvrages durables, capables de soutenir les activités économiques sur le long terme.
Au-delà de l’aspect technique, Blaise Omunyepa soulève aussi la question de la gouvernance et de la gestion des ressources publiques. Un débat de fond s’installe ainsi dans le Haut-Uele : faut-il miser sur la quantité des réalisations ou sur la qualité des infrastructures pour impulser un développement durable ?
Junior Kasamba
