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Kinshasa/Lemba : la synergie « Congo n’est pas à vendre » en campagne de sensibilisation contre la corruption
Plus de 200 jeunes ont été réunis ce samedi 04 janvier 2020 dans la salle pastorale Liloba dans la commune de Lemba par la synergie « Congo n’est pas à vendre ». Objectif : les sensibiliser au combat contre la corruption qui reste un frein au développement de la République démocratique du Congo.
Ces échanges de trois heures ont permis à ces jeunes de proposer des solutions pouvant mettre fin à ce fléau.
Le consortium de la société civile a aussi appellé les politiques à ne pas apporter leur soutien envers ceux qui se livrent à la corruption. Selon le Secrétaire permanent de Agir pour des Elections Transparentes et Apaisées (AETA), Gérard Bisambu, les sanctions concernant la corruption n’ont ni de temps ni d’espace, ni immunité à s’accorder.

Gérard Bisambo répondant aux questions des journalistes
Il a aussi ajouté que la sanction ne peut pas bénéficier de la solidarité politique. Il n’y a aucune conditionnalité à imposer lorsqu’il s’agit de sanctionner des actes de corruption. « Je crois que ça devrait être le principe de l’action du chef de l’Etat pour qu’il réussisse cette lutte », a déclaré Gérard Bisambu qui a demandé au président de la République de prêcher par les oeuvres en sanctionnant fermement ses proches qui seront trempés dans les affaires de corruption.
Pour sa part le pasteur Fofana Mpoyo, l’initiateur de la structure Eglise contre la corruption ( ECCO), a encouragé les hommes d’église à décourager la corruption auprès de leurs fidèles. Pour lui, la plupart des détourneurs vont dans des églises. C’est ainsi qu’il faut que les hommes de Dieu prennent conscience.
François Itokolo, activiste des mouvements citoyens qui était l’un de participants, a salué l’initiative et aimé aussi les échanges. » Le Congo est mon pays. J’ai besoin qu’il avance mais pour qu’il avance, nous devons nous impliquer sérieusement. Banir la corruption sera une victoire pour notre démocratie « , a-t-il dit.
Il sied de signaler que la synergie ne s’arrête pas à cette activité. Plusieurs ateliers et conférences et autres activités qui iront dans le sens de toucher toutes les couches de la population seront organisés dans les jours à venir.
Petit Ben Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !
Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.
Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.
De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.
Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?
Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
