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Société

Kinshasa : le retour des légumes du Kongo Central fait chuter les prix sur les marchés

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Les principaux marchés de Kinshasa connaissent une accalmie bienvenue sur les prix de plusieurs produits maraîchers, portée par un meilleur approvisionnement en provenance des bassins agricoles du Kongo Central. Cette évolution, observée ces dernières semaines, concerne notamment les tomates, les piments, les ciboulettes et les aubergines, des denrées essentielles dans l’alimentation quotidienne des ménages.

Selon des vendeurs interrogés sur différents marchés de la capitale, le prix du bassin de tomates pommées en provenance de Mbanza-Ngungu a enregistré une baisse d’environ 5 % entre décembre 2025 et janvier 2026. Autrefois vendu à 90.000 francs congolais, il se négocie désormais autour de 85.000 FC, soit près de 37 dollars américains au taux indicatif actuel. Cette diminution est attribuée à l’augmentation des quantités acheminées vers Kinshasa au cours de la période allant de la mi-décembre à la mi-janvier.

La tendance est également perceptible sur d’autres produits très prisés. Le filet de piments, dont le prix atteignait 300.000 FC, se vend aujourd’hui à environ 250.000 FC. De même, la botte de ciboulettes (Ndembi) en provenance de Kimwenza est passée de 55.000 FC à 45.000 FC, offrant un léger répit aux ménages et aux petits restaurateurs.

La baisse la plus significative concerne toutefois les aubergines (Solo). La caisse, autrefois cédée à 120.000 FC, se négocie désormais autour de 65.000 FC, soit environ 28 dollars américains. Une situation favorable, saluée tant par les commerçants que par les consommateurs, dans un contexte urbain marqué par la pression du coût de la vie.

Pour les acteurs du secteur, cette embellie pourrait se prolonger si les flux en provenance du Kongo Central restent réguliers et si les conditions d’acheminement continuent de s’améliorer. Une stabilité durable des prix sur les marchés de Kinshasa apparaît ainsi possible, avec des retombées positives directes sur le pouvoir d’achat des ménages.

 

Dorcas Mwavita 

Société

Kintambo : l’électricité devenue un luxe, les habitants dénoncent la gestion de la SNEL

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Dans la commune de Kintambo, l’une des plus anciennes de Kinshasa, l’électricité est progressivement devenue un privilège rare plutôt qu’un service public accessible. Les habitants dénoncent avec insistance la mauvaise gestion et le fonctionnement défaillant de la Société nationale d’électricité (SNEL), qui plonge régulièrement les ménages dans l’obscurité, avec des conséquences importantes sur la vie quotidienne.

Depuis plusieurs mois, un système de délestage s’est installé dans plusieurs quartiers de la commune. Selon les habitants, le principe appliqué est simple mais pénalisant : deux jours avec électricité, suivis d’une journée entière sans courant. Dans la réalité, toutefois, ce calendrier est rarement respecté. Les coupures dépassent souvent les 24 heures prévues et surviennent parfois même durant les jours supposés être alimentés en électricité.

Pour de nombreux ménages, cette situation est devenue insupportable. Les familles voient leurs provisions alimentaires se détériorer faute de réfrigération. Les élèves et étudiants éprouvent des difficultés à étudier dans l’obscurité, tandis que les petits entrepreneurs, fortement dépendants de l’électricité pour leurs activités, peinent à maintenir leurs commerces.

« L’électricité est devenue un luxe à Kintambo », déplore un habitant du quartier Itimbiri. « Nous payons pourtant nos abonnements prépayés, mais nous passons plusieurs jours sans courant. Comment peut-on travailler ou étudier dans ces conditions ? »

Dans le quartier Itimbiri, précisément au camp Utex, la situation suscite une vive indignation. Les habitants affirment que certains agents de terrain de la SNEL gèrent le courant de manière arbitraire. Un agent, identifié sous le nom de John, est régulièrement cité par les riverains comme exerçant une influence disproportionnée sur la distribution de l’électricité dans la zone. Selon plusieurs témoignages, les habitants seraient contraints de le suivre ou de le solliciter pour espérer voir le courant rétabli.

Pour les résidents, une telle situation est inadmissible dans une capitale. « L’accès à l’électricité n’est pas une faveur, c’est un droit pour tout Congolais », rappelle un chef de ménage.

Au-delà du désagrément domestique, les conséquences touchent également la sécurité publique. Dans plusieurs quartiers de Kintambo, l’absence prolongée d’électricité favorise l’insécurité. L’obscurité devient un terrain propice aux vols nocturnes et aux activités des bandes criminelles communément appelées « kuluna ».

Face à cette situation, les habitants appellent les autorités à prendre leurs responsabilités. Dans une ville comme Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, les problèmes d’électricité et d’eau ne devraient plus être une fatalité.

Les citoyens réclament ainsi une réforme profonde dans la gestion des services publics essentiels et un contrôle plus strict du fonctionnement de la SNEL. Pour eux, il est urgent de restaurer un service électrique stable et digne afin d’améliorer les conditions de vie et de soutenir le développement économique des quartiers.

Après plusieurs années de plaintes et de dénonciations, les habitants de Kintambo espèrent enfin être entendus. Car pour eux, vivre dans la capitale ne devrait pas signifier vivre dans l’obscurité.

Régis NGUDIE / Congoprofond.net

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