Société
« Kinshasa Ezo Bonga : Rebecca Lukilonga exhorte l’hôtel de ville à rendre le recyclage rentable pour impliquer toutes les couches sociales
Rebecca Lukilonga Luboko, ingénieure environnementaliste, s’est entretenue, mercredi 22 avril, avec la rédaction de CONGOPROFOND autour de la « dégradation de l’environnement à Kinshasa », mettant en lumière les principaux défis environnementaux de la ville et proposant des pistes de solutions pour y remédier.

L’échange a débuté par un état des lieux de la situation environnementale de Kinshasa. Selon elle, le principal problème reste la gestion des déchets, qui constitue la cause majeure des inondations. Le plastique, en particulier, est une matière non biodégradable.
Elle a également soulevé le problème du manque d’éducation environnementale chez les citoyens congolais. Sous d’autres cieux, les villes sont propres parce que la population est sensibilisée à la gestion des déchets.

Rebecca Lukilonga Luboko est environnementaliste de formation à l’Université de Kinshasa, diplômée en environnement, plus précisément en assainissement et biodiversité. Elle a débuté sa carrière avec une formation en rentabilité carbone, puis a travaillé au ministère de l’Environnement à travers le programme WICA (Women Initiative on Climate Action). Elle est également titulaire d’un diplôme en MRV (Monitoring, Reporting and Verification des gaz à effet de serre).
CONGOPROFOND : Quelles sont vos impressions globales sur le programme Kinshasa Ezo Bonga ?
Rebecca Lukilonga : Il existe quelques difficultés dans la mise en œuvre du programme. La vente de ces déchets plastiques devrait se faire à un coût plus élevé afin d’inciter la population à s’y engager.
Il est nécessaire de mettre en place plusieurs industries de recyclage pour répondre à la loi de l’offre et de la demande, afin que le plastique devienne une ressource recherchée dans la ville.
Il faut également rendre les centres de stockage plus attrayants pour impliquer toutes les classes sociales dans le recyclage des déchets.
Enfin, il est important de renforcer la visibilité du programme pour favoriser une mobilisation collective et une prise de conscience citoyenne.
Propos recueillis par Elvit Kumbu Mbangi
Société
SFK 2026 : l’AFD présente le projet pilote « To petola » pour un modèle viable de collecte des déchets plastiques à Kinshasa
Lors de la 9e édition de la Semaine française de Kinshasa 2026, tenue du 22 au 24 avril au Pullman Kinshasa Grand Hotel, l’Agence française de développement a dévoilé un projet pilote ambitieux baptisé « To petola », visant à améliorer la collecte des déchets plastiques dans la capitale congolaise.
Intervenant lors d’une conférence dédiée aux enjeux environnementaux, l’AFD a mis en lumière l’ampleur du défi : la ville de Kinshasa produit chaque jour entre 30 et 150 millions de déchets plastiques, soit environ 15 % du volume total. Une tendance appelée à tripler d’ici 2035, aggravant notamment les risques d’inondations dans plusieurs quartiers.

Face à cette situation, le projet « To petola » ambitionne de renforcer la collecte des plastiques, en particulier dans les zones périurbaines et difficiles d’accès. Il s’inscrit dans une approche globale d’assainissement urbain, en complément d’autres initiatives liées au drainage et à l’amélioration du cadre de vie.
Malgré l’existence d’un écosystème local incluant collecteurs, recycleurs, infrastructures de tri et unités de transformation, les performances restent faibles. À ce jour, seulement 3 % des déchets plastiques sont recyclés, révélant un important potentiel encore inexploité dans la filière.

Selon l’AFD, le principal frein réside dans le modèle économique des collecteurs. La faible rentabilité, liée notamment aux contraintes logistiques et aux volumes importants à transporter avec des moyens rudimentaires, limite considérablement l’efficacité du système actuel.
Avec « To petola », l’AFD propose de tester un modèle économique innovant et réplicable, capable d’augmenter significativement les volumes collectés tout en améliorant les revenus des acteurs de terrain. Ce projet pilote se veut ainsi une réponse concrète, à la croisée des enjeux environnementaux et économiques, pour une gestion durable des déchets plastiques à Kinshasa.
Exaucé Kaya
