Médias
Kinshasa : des journalistes formés au fact-checking et à la sécurité numérique par RSF et Eleza Fact
Du 10 au 12 février 2026, Reporters Sans Frontières (RSF), en collaboration avec Eleza Fact, a organisé une session de formation de trois jours à l’hôtel Bellevie, dans la commune de la Gombe, à Kinshasa. Axées sur la vérification des faits et la sécurité numérique, ces assises ont réuni plusieurs journalistes venus de différents horizons, notamment du Kongo Central, du Bandundu, du Kasaï ainsi que de la capitale congolaise.
Sélectionnés à l’issue d’un appel à candidatures, les participants ont bénéficié de l’encadrement de spécialistes du domaine, qui ont dispensé des modules pratiques sur la lutte contre la désinformation. L’objectif était de renforcer les capacités des professionnels des médias face à la prolifération des fausses informations, tout en leur fournissant des outils concrets pour améliorer la rigueur dans le traitement de l’actualité.
Une attention particulière a été accordée à la sécurité numérique, un enjeu devenu incontournable dans le travail journalistique, surtout dans le cadre des enquêtes sensibles. Les formateurs ont insisté sur la nécessité de protéger les données personnelles et professionnelles, ainsi que celles des rédactions, dans un environnement où les menaces numériques sont de plus en plus fréquentes.

À l’issue de cette formation, les journalistes se disent mieux outillés pour exercer leur métier avec plus de prudence et de responsabilité. Entre perfectionnement en fact-checking et apprentissage des mécanismes de protection digitale, cette initiative entend encourager la mise en place de pratiques durables au sein des médias, afin de garantir une information fiable et sécurisée au service du public.
Dorcas Mwavita/Congoprofond.net
Médias
Grands Lacs : à Ukweli Summit, Patrick Muyaya et Obul Okwess appellent à une action concertée pour renforcer l’accès à l’information face à la désinformation
À Kinshasa, lors de la première édition de l’Ukweli Summit 2026, tenue du 30 au 31 mars, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, et l’enseignant Obul Okwess ont appelé à une action concertée pour renforcer l’accès à l’information dans la région des Grands Lacs, face à la montée de la désinformation.

Prenant la parole, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective. « La meilleure manière de combattre la désinformation est de se mettre en coalition : gouvernement, professionnels des médias et société civile », a-t-il déclaré. Il a également plaidé pour une synergie entre acteurs afin de faire face aux attaques informationnelles, y compris en période de conflit, tout en rappelant que « chacun doit instaurer un doute méthodique face à toute information reçue ».
De son côté, Obul Okwess, enseignant à l’UNISIC ex IFASIC, a mis en avant les avancées introduites par la législation sur la presse en RDC. « Cette loi a permis de reconnaître les médias en ligne et les médias communautaires, tout en amorçant une dynamique vers la dépénalisation des délits de presse », a-t-il expliqué. Il a également souligné le rôle des fondamentaux enseignés aux étudiants pour s’adapter aux mutations du paysage médiatique.

Toutefois, l’universitaire a regretté un recul avec l’adoption du code du numérique. « Ce texte a instauré un régime plus répressif qui restreint certaines libertés acquises », a-t-il affirmé, estimant que cela freine l’élan de libéralisation engagé. Les échanges, auxquels participait aussi un membre du comité directeur de l’UNPC, s’inscrivaient dans le thème : « Repenser l’information, l’intelligence artificielle et l’éducation numérique en temps de crise pour les cinq prochaines années ».
Exaucé Kaya
