Médias
« Aucun réseau social ne peut remplacer la radio », martèle Samuel Ayikuli Andabha au Haut-Uele
À l’occasion de la Journée internationale de la radio célébrée ce vendredi 13 février 2026, Samuel Ayikuli Andabha a défendu avec fermeté le rôle central de la radio dans la province du Haut-Uele, face à la montée des réseaux sociaux et à l’essor de l’intelligence artificielle.
Dans une interview exclusive accordée à CongoProfond.net, le point focal des médias partenaires de la société Kibali Gold Mine dans la province du Haut-Uele et Président Directeur Général de la maison de communication Victoire Avenir Kibali — structure à l’origine de la radio communautaire Radio Kibali FM (Raki FM), émettant sur 88.8 MHz dans la cité minière de Durba, territoire de Watsa — a livré une réflexion approfondie sur l’avenir du média radio.
Placée sous le thème mondial « Radio et intelligence artificielle : l’IA est un outil, pas une voix », cette édition 2026 a été, selon lui, un moment de méditation dans le Haut-Uele pour analyser la direction que prend la radio face aux mutations technologiques.
« Aucun réseau social ne peut remplacer la radio. Ni la presse écrite, ni la télévision n’ont réussi à la renverser », a-t-il affirmé.
La radio, outil d’information et de formation
Pour Samuel Ayikuli Andabha, même si la radio est aujourd’hui confrontée à la concurrence du numérique, elle demeure un outil primordial d’information et de formation, particulièrement dans une province où elle reste accessible au plus grand nombre.
Il souligne que l’intelligence artificielle peut appuyer le travail radiophonique — notamment dans la production de contenus, l’archivage ou l’interaction avec les auditeurs — mais ne saurait remplacer l’éthique, la responsabilité et la créativité humaine.
Des défis persistants après 25 ans d’existence
Évoquant les 25 années d’existence de Radio Kibali FM, il a parlé de stabilité, d’émergence et d’amélioration continue comme vision pour l’avenir.
Cependant, plusieurs défis demeurent :
L’insuffisance budgétaire
Les problèmes liés à l’énergie
Le renouvellement du matériel technique
La motivation et l’encadrement du personnel
Malgré ces contraintes, la radio continue de fonctionner grâce à des partenariats essentiellement locaux, ne bénéficiant pas encore d’appuis nationaux ou internationaux.
En cette Journée internationale de la radio, le message lancé depuis le Haut-Uele est clair : la technologie peut évoluer, mais la radio reste un pilier incontournable de la communication communautaire.
Junior Kasamba/CongoProfond.net
À la Une
« Descendez au refuge ! » : À Kyiv, j’ai vécu 2 alertes aériennes qui m’ont fait comprendre le quotidien des Ukrainiens sous les bombes (Carnet de voyage CONGOPROFOND.NET)
Pendant 3 heures d’échanges riches et passionnants avec des universitaires, des diplomates et des journalistes, nous avons eu l’opportunité exceptionnelle de découvrir les initiatives académiques et scientifiques portées par l’Ukraine en direction de l’Afrique, grâce au précieux accompagnement du Centre d’études africaines de l’Université nationale Taras Chevtchenko et de nombreux partenaires engagés.
Mais au-delà des discussions scientifiques et diplomatiques, c’est une expérience humaine forte qui marquera durablement ma mémoire.

Quand les sirènes interrompent la science
Alors que les échanges se déroulaient dans une atmosphère studieuse et conviviale, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti à 2 reprises. À chaque fois, nous avons dû interrompre la conférence pour rejoindre en urgence un refuge anti-bombes.
Ces moments ont suscité en moi des émotions intenses. Descendre dans un abri souterrain alors que l’on participe à une conférence universitaire est une expérience qui dépasse l’imagination de ceux qui vivent loin du conflit. Cette réalité, je ne l’avais jusqu’alors observée qu’à travers les médias. La vivre personnellement m’a permis de mieux comprendre les conditions actuelles de l’Ukraine et les défis quotidiens auxquels les Ukrainiens sont confrontés depuis le début de l’agression russe.
Sur le chemin menant au refuge, une question me traversait l’esprit. J’ai alors demandé à notre hôte si les frappes russes visaient uniquement des objectifs militaires. Sa réponse fut aussi simple que percutante : « Que faut-il en penser lorsque nous sommes obligés, avec des étudiants et des chercheurs, de descendre dans un abri anti-bombes alors que nous discutons de science ? »
Cette interrogation résume à elle seule la réalité d’un pays où la guerre s’invite jusque dans les amphithéâtres, les salles de conférence et les espaces dédiés au savoir.
Le courage d’informer malgré la guerre

Cette visite a également été marquée par la présence d’une importante délégation de journalistes africains. Je tiens à saluer le courage et le professionnalisme de mes confrères venus de plusieurs pays du continent. Leur décision de se rendre en Ukraine en cette période particulièrement difficile témoigne d’un véritable engagement envers la recherche de la vérité et la compréhension des réalités du terrain.
Choisir de visiter un pays en guerre ne relève pas seulement du devoir professionnel ; cela exige aussi une part importante de courage personnel. Leur détermination à voir l’Ukraine de leurs propres yeux mérite d’être reconnue.
Cette visite m’a permis de découvrir une autre facette de l’Ukraine : celle d’un peuple qui continue d’enseigner, de rechercher, d’innover et de dialoguer avec le monde malgré les menaces permanentes. J’espère sincèrement que cette expérience contribuera à une meilleure compréhension des réalités que vivent quotidiennement les Ukrainiens et renforcera les liens entre l’Afrique et l’Ukraine dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de la coopération internationale.
Une expérience qui rapproche l’Afrique et l’Ukraine

Au cours de cette tournée de presse, des journalistes venus du Bénin, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie, du Sénégal et du Togo ont eu l’opportunité de couvrir les activités organisées à l’Université nationale Taras-Chevtchenko de Kyiv et de découvrir de près la réalité ukrainienne. Leur présence a donné à cette mission une dimension véritablement panafricaine, favorisant les échanges d’expériences et le partage de regards sur les défis contemporains auxquels fait face l’Ukraine.
Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude à Saleck Zeid, Josiasse Assemon, Arnauld Kassouin, Aliya, Mohamed Diop, Robert Kra, Bernadette Ayelo Ablavi Ayibe, Paul Joel Kamtchang, Mor Amar, Eddy Tshiala Katala qui ont participé à cette tournée de presse en Ukraine. Leur professionnalisme, leur courage et leur volonté de témoigner des réalités du terrain ont contribué au succès de cette mission et à une meilleure compréhension mutuelle entre nos peuples. Ensemble, nous avons vécu une expérience marquante qui restera gravée dans nos mémoires bien au-delà de ce voyage.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
