Actualité
Kinshasa accueille un grand colloque sur le panafricanisme, la démocratie et la paix durable en Afrique
Le Centre d’Études pour l’Action Sociale (CEPAS) de Kinshasa sera l’épicentre d’un événement académique d’envergure les 8 et 9 août 2025 : le Colloque international et interdisciplinaire « Panafricanisme, Démocratie et Paix durable en Afrique », organisé en hommage au professeur Georges Nzongola-Ntalaja, figure emblématique de la pensée politique panafricaine.

Porté par un comité scientifique international prestigieux, ce colloque réunit des chercheurs de renom, des intellectuels engagés, ainsi que de jeunes doctorants venus d’Afrique, d’Europe et des États-Unis. L’initiative est coordonnée par les professeurs B. Roger Alfani (Seton Hall University), Mamoudou Gazibo (Université de Montréal) et Didier Gondola (Johns Hopkins University), avec le soutien d’universitaires congolais de l’Université de Kinshasa.
Une réflexion interdisciplinaire sur les crises démocratiques africaines
Le colloque s’articule autour de cinq grands axes thématiques, allant des défis institutionnels de la démocratie, aux rôles des acteurs non étatiques dans la construction de la paix, en passant par le panafricanisme, la gouvernance sécuritaire, ou encore les enjeux géopolitiques contemporains du continent.
Ce rendez-vous est également l’occasion de revisiter la riche trajectoire intellectuelle du professeur Nzongola-Ntalaja, dont les travaux ont constamment interrogé les fondements de l’État africain, la gouvernance démocratique et les conditions d’une paix véritablement durable. Ses ouvrages et prises de position continuent d’inspirer aussi bien les cercles académiques que les mouvements citoyens engagés pour une Afrique souveraine et décolonisée.
Des panels de haut niveau sur deux jours
Parmi les temps forts, l’ouverture du colloque verra l’intervention de figures marquantes comme Balufu Bakupa-Kanyinda, Kasongo Kapanga, et L. Adele Jinadu, autour du thème : « Georges Nzongola-Ntalaja : érudition, poursuite de la justice et panafricanisme ». S’ensuivront plusieurs panels sur les défis des régimes hybrides, les démocratures, les révisions constitutionnelles, la participation des femmes à la paix, ou encore les pistes géostratégiques pour sortir du cycle de l’instabilité.
Des experts comme Tatiana Carayannis, Susan Williams, Adebayo Olukoshi, Herbert Weiss, ou encore Jean Omasombo prendront part à ces réflexions, tout comme des universitaires africains issus de Dakar, Yaoundé, Lubumbashi, Bukavu, Ebolowa, ou Marien Ngouabi (Congo-Brazzaville).
Une jeunesse intellectuelle à l’honneur
Une rencontre spéciale entre doctorants et chercheurs seniors est prévue, afin de stimuler la relève académique et promouvoir les méthodologies critiques et les bonnes pratiques en matière de recherche et de publication scientifique.
Vers une réinvention du discours politique africain
Dans un contexte de résurgence autoritaire et d’essoufflement démocratique dans plusieurs pays africains, ce colloque se veut un espace de réinvention des cadres de pensée. Il ambitionne d’éclairer les trajectoires de libération démocratique à travers une approche panafricaine, décoloniale et résolument tournée vers la paix durable.
« Comment libérer la démocratie africaine de l’étau autoritaire ? » C’est la grande question posée par cet événement, dans l’esprit des combats intellectuels et citoyens menés toute sa vie par le professeur Georges Nzongola-Ntalaja.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
Politique
États inquiétants des routes dans le Haut-Uele : l’A.Ch Blaise Omunyepa remet en cause la politique provinciale de Jean Bakomito
L’état préoccupant des routes dans le Haut-Uele relance le débat sur la politique des infrastructures menée par le gouverneur Jean Bakomito Gambu. Face à des axes routiers jugés dégradés et peu durables, Blaise Omunyepa, président fédéral de l’Alliance pour le Changement (Haut-Uele 2), critique ouvertement les choix opérés par l’exécutif provincial.

Le gouvernement provincial met pourtant en avant plusieurs travaux de réhabilitation réalisés sur fonds propres, présentés comme un effort pour désenclaver les territoires et faciliter les échanges vers Isiro. Ces initiatives sont perçues par les autorités comme un pas important vers le développement économique de la province.
Mais pour Blaise Omunyepa, l’enjeu ne réside pas dans le nombre de kilomètres réhabilités, mais dans la qualité des infrastructures. Il estime que privilégier des routes en terre, souvent impraticables en saison des pluies, ne répond pas aux besoins réels des populations.

Cette critique rejoint le ressenti de nombreux usagers qui dénoncent la dégradation rapide de certains tronçons à peine aménagés. L’opposant plaide pour une politique axée sur l’asphaltage et des ouvrages durables, capables de soutenir les activités économiques sur le long terme.
Au-delà de l’aspect technique, Blaise Omunyepa soulève aussi la question de la gouvernance et de la gestion des ressources publiques. Un débat de fond s’installe ainsi dans le Haut-Uele : faut-il miser sur la quantité des réalisations ou sur la qualité des infrastructures pour impulser un développement durable ?
Junior Kasamba
