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Quand l’éthique triomphe de la vénalité : André Mushongo, Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication
L’Université Pédagogique Nationale (UPN) a vibré ce samedi au rythme d’un événement académique de haute portée : la défense publique de thèse du Chef de Travaux André Mushongo Mashara, ancien étudiant devenu enseignant au sein de cette même institution.

Devant un amphithéâtre comble et un jury composé de sommités intellectuelles, le nouveau docteur a brillamment défendu ses travaux, axés sur une problématique brûlante : les mécanismes de la corruption dans la presse congolaise.
Un jury d’exception pour une thèse courageuse

Le caractère solennel de l’événement tenait aussi à la composition prestigieuse du jury. Présidé par le Professeur Émile Bongeli (UNIKIN), il réunissait également Jean Masiala (secrétaire), Achille Bundjoko (promoteur), Philippe Ntonda et Wawa (co-promoteurs et membres effectifs), ainsi que Madeleine Mbongo Mpasi et Nicaise Mangoma (membres suppléants). Tous ont salué la rigueur scientifique et l’audace critique du travail présenté.
À l’issue d’un échange académique intense, le verdict est tombé : mention « grande distinction« , consacrant un parcours exemplaire et un engagement profond envers la déontologie journalistique.
Une recherche au cœur du malaise médiatique
« Notre étude s’est efforcée d’identifier les racines de la corruption dans le journalisme congolais », a expliqué André Mushongo, visiblement ému. « Nous avons démontré que cette vénalité, bien qu’ancrée dans des logiques sociales, ne saurait être normalisée. La presse congolaise peut et doit redevenir un contre-pouvoir crédible, à condition de renouer avec ses repères déontologiques. »
À travers sa thèse, le nouveau docteur appelle à une réappropriation des valeurs professionnelles par les journalistes, mais aussi à un sursaut éthique au sein des institutions politiques, économiques et sociales.
Un promoteur ému et visionnaire

Pour le professeur Achille Bundjoko Iyolo, cette soutenance revêt une importance particulière : « C’est mon tout premier docteur, et je suis extrêmement fier. André Mushongo s’est battu pour ce titre, et il le mérite pleinement. »
Il ajoute, philosophe : « Si tu veux rêver, va dormir. Mais si tu as des rêves, reste éveillé. » Une invitation à l’engagement concret, au-delà des intentions.
Le professeur a également souligné que la corruption médiatique n’est pas le seul fait des journalistes : « L’État, les élites, les entreprises jouent aussi un rôle dans cette dégradation. Il faut une approche systémique pour restaurer la dignité de la profession. »
Une victoire académique, un signal fort pour les médias

La rectrice de l’UPN, Yvonne Ibebeke, entourée de son comité de gestion, a remis officiellement le titre de docteur à André Mushongo. Elle a salué la qualité du travail, le courage intellectuel du récipiendaire, et son apport futur à la recherche en sciences de l’information.
Cette soutenance marque un jalon majeur pour la recherche sur les médias en République Démocratique du Congo. Elle incarne aussi un plaidoyer puissant en faveur d’un journalisme intègre, lucide et responsable, dans un pays où l’information reste un levier stratégique du changement.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET