Actualité
Kinshasa : 150 ex kuluna transformées en couturières par la WFAD
La Fédération Mondiale contre la drogue (World Federation Against Drugs, WFAD) vient de former un groupe de 150 filles désœuvrées en Coupe et Couture sans patron, dans le cadre de son projet dénommé : Jeunesse sobre » Communautés plus saines : Transformer les jeunes violents à Kinshasa « .
La cérémonie de remise des brevets, à l’issue de cette formation professionnelle de 4 mois, soit du 1er juillet au 31 octobre 2022, a eu lieu à l’hôtel Invest à Kinshasa, juste après une émission télévisée réalisée à ce sujet par notre consoeur Bibiche Mbete de la RTNC, avec le Directeur pays de cette Fédération, Dandy Yela Y’Olemba, et son équipe, ainsi que les bénéficiaires de la formation.

Se confiant à la rédaction de CONGOPROFOND. NET, le Directeur pays de la Fédération Mondiale contre la drogue a exprimé sa grande joie pour le travail accompli, tout en explicitant les grandes étapes de cette formation.
» Aujourd’hui, la transformation réelle est effective. De jeunes filles, autrefois discriminées, marginalisées parce que considérées comme kuluna, hélas ! Comme vous pouvez le constater, ont été accompagnées mentalement et psychosocialement ».
Et de poursuivre : « Elles ont suivi la formation en Coupe et Couture et comme vous avez vu, elles témoignent d’elles-mêmes de la transformation positive et nous sommes très fiers de voir ce changement positif dans la vie de ces jeunes filles qui autrefois étaient sous les effets de la drogue et toute sorte de boisson alcoolique, mais qui aujourd’hui vivent une vie sobre « .
Des scènes de liesse ont agrémenté cette cérémonie de remise des brevets aux lauréates, en présence des membres de famille, amis et connaissances.
De leur côté, toutes ces filles qui ont bénéficié de l’encadrement dudit projet ont manifesté leur joie et leur reconnaissance à endroit des responsables. Avec enthousiasme, elles se confiaient à la presse et racontaient sans ambage leur passé noir auquel elles ont renoncé.
C’est le cas de Brenda Misingu, l’une des lauréates habitant la commune de Kinshasa, qui nous a déclaré : » Je suis très heureuse aujourd’hui de devenir une fille autonome à partir de ce métier noble que je viens d’apprendre, contrairement à ce que je fus. Je remercie de tout coeur la Fédération Mondiale contre la drogue pour cette initiative que nous souhaitons se poursuivre au bénéfice d’autres filles que nous avons laissées dans la rue « .

Il convient de noter que cette formation s’est déroulée en deux phases. La première phase est celle de l’accompagnement psychosocial pour le changement des mentalités pendant presque cinq mois, tandis que la seconde est celle de l’autonomisation, donc l’apprentissage du métier, qui a duré quatre mois.
Soulignons que c’est grâce totalement au financement de la coopération suédoise que la Fédération Mondiale contre la drogue (WFAD) arrive à organiser ces formations pour tirer de la débauche, ces filles qui deviennent aujourd’hui utiles à la société.
Aussi, convient-il de souligner, elle bénéficie de l’accompagnement du Gouvernement de la République Démocratique du Congo, à travers les Ministères des Affaires Sociales, de la Santé et de la Jeunesse, avec lesquels les efforts sont mutualisés pour lutter contre la délinquance urbaine et la consommation des substances psychoactives par les jeunes.
Par ailleurs, il faudra retenir que ces filles, à l’issue de cette formation, bénéficieront chacune d’un kit composé d’une machine à coudre et de tout ce qu’il faut pour démarrer un atelier de couture, mais elles doivent d’abord faire preuve d’une maîtrise dans ce domaine, car l’accompagnement se poursuit.
» Le projet tel qu’elaboré, a tout prévu. La formation n’est pas l’aboutissement, plutôt une continuité. Chacune d’elles recevra un kit composé de machine à coudre et tout ce qu’il faut pour démarrer un atelier. C’est une occasion que nous leur offrons de devenir elles-mêmes patrones, mais il nous faut du temps pour nous rassurer qu’elles ont bien assimilé », a précisé Dandy Yela Y’Olemba, Directeur pays de la Fédération.
En guise de conclusion, notons qu’elles vont continuer à bénéficier des services du Centre Espoir de la Fédération Internationale contre la drogue, où elles ont suivi leur formation, pour très bien maîtriser la Coupe et Couture.
Jules KISEMA KINKATU/ CONGOPROFOND.NET
Politique
Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle
En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.
Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.
Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.
Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.
En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.
En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
