Actualité
Kenge : les journalistes décrètent « trois jours sans radio »
Les journalistes de la province du Kwango, notamment ceux œuvrant à Kenge, chef-lieu de la province, promettent d’observer une période de trois jours sans radio.
Cette décision a été prise le jeudi 26 janvier 2023, à l’issue d’une rencontre qui a réuni des représentants des médias présents à Kenge autour des responsables provinciaux de l’Observatoire des medias congolais (Omec) et de l’Union nationale de la presse congolaise (UNPC). « Trois jours sans radio » se présente à l’opinion comme réponse face à l’insécurité dans laquelle les journalistes de Kenge exercent leur métier.
L’idée est partie de différentes interpellations, menaces et autres intimidations que les professionnels des médias et les journalistes de Kenge considèrent comme humiliations subies de la part de certains pouvoirs publics.
Les journalistes de Kenge se sont donc réunis pour réfléchir sur la situation et les conditions de travail, et en prévision de la période électorale. Convaincus en effet que les temps risquent d’être durs pour les professionnels des médias de cette partie du pays, ils ont jugé utile de se pencher en amont sur les modalités de l’exercice de la liberté de presse. Sous la modération du journaliste Émile Yimbu, correspondant du médias en ligne Congoprofond.net, les chevaliers de la plume et du micro ont fait de l’autocritique, se remettant sans ambages en question, sur la manière d’exercer cette noble profession de journaliste. Aussi ont-ils exprimé le besoin de s’amender afin d’être utiles à la société par le travail qu’ils ont accepté de faire pour le plus grand bien du public.
En revanche, ils ont exprimé leur indignation face au traitement qu’ils subissent de la part de certains des pouvoirs publics et quelques personnes ayant une parcelle de pouvoir au Kwango. Ils ont évoqué notamment des interpellations arbitraires parfois commandées par des politiciens. Quelques cas ont été cités, entre autres, ceux des journalistes Olivier Makambu, directeur des programmes de la RCRK, (jeté en prison sur ordre du député Matadiwamba depuis deux mois), Paz Miluta, coordonnateur de kwangopresse.net (déshabillé après une arrestation brutale sur base d’un faux mandat par des éléments de l’ANR), Ruphay Ndamba chef de station de la RCRK (en fuite puisque, a-t-on appris, recherché par les services de sécurité qui n’ont pas accepté qu’il ait reçu des opposants politiques sur ses antennes), Émile Yimbu, directeur provincial de congoprofond.net, (arrêté par chaque gouverneur du Kwango pour ses critiques envers la politique menée au Kwango), etc. ont été évoqués.
Pour manifester contre ces traitements inhumains, les radios ne vont pas émettre pendant trois jours. Les professionnels des medias promettent de prendre d’autres mesures ciblées comme l’embargo, à l’encontre de responsables qui ont humilié les journalistes.
Cette mesure prise s’étend sur les réseaux sociaux : les influenceurs qui font la promotion du Kwango et des activités des acteurs kwangolais vont également fermer leurs pages et ne vont pas participer aux discussions dans les plateformes du net. Ils n’acheteront pas les forfaits.
CONGOPROFOND.NET
Politique
États inquiétants des routes dans le Haut-Uele : l’A.Ch Blaise Omunyepa remet en cause la politique provinciale de Jean Bakomito
L’état préoccupant des routes dans le Haut-Uele relance le débat sur la politique des infrastructures menée par le gouverneur Jean Bakomito Gambu. Face à des axes routiers jugés dégradés et peu durables, Blaise Omunyepa, président fédéral de l’Alliance pour le Changement (Haut-Uele 2), critique ouvertement les choix opérés par l’exécutif provincial.

Le gouvernement provincial met pourtant en avant plusieurs travaux de réhabilitation réalisés sur fonds propres, présentés comme un effort pour désenclaver les territoires et faciliter les échanges vers Isiro. Ces initiatives sont perçues par les autorités comme un pas important vers le développement économique de la province.
Mais pour Blaise Omunyepa, l’enjeu ne réside pas dans le nombre de kilomètres réhabilités, mais dans la qualité des infrastructures. Il estime que privilégier des routes en terre, souvent impraticables en saison des pluies, ne répond pas aux besoins réels des populations.

Cette critique rejoint le ressenti de nombreux usagers qui dénoncent la dégradation rapide de certains tronçons à peine aménagés. L’opposant plaide pour une politique axée sur l’asphaltage et des ouvrages durables, capables de soutenir les activités économiques sur le long terme.
Au-delà de l’aspect technique, Blaise Omunyepa soulève aussi la question de la gouvernance et de la gestion des ressources publiques. Un débat de fond s’installe ainsi dans le Haut-Uele : faut-il miser sur la quantité des réalisations ou sur la qualité des infrastructures pour impulser un développement durable ?
Junior Kasamba
