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Kasaï-Oriental : L’exode de la honte !
Chaque jour qui passe, le Kasaï-Oriental se vide un peu plus de ses forces vives. Sur un parking chaotique de Mbujimayi, la scène se répète avec une régularité glaçante : des camions surchargés, des passagers entassés comme du bétail, et des visages marqués par la fatigue, la résignation ou la peur. La destination ? Le Haut-Katanga, perçu comme un eldorado économique. Ce mardi 27 mai, un reportage sur place confirme ce que tout le monde pressentait : l’exode n’est plus saisonnier. Il est massif, désespéré, et désormais hors de tout contrôle.

Des hommes, des femmes, des enfants-parfois à peine sortis du berceau-fuient Mbujimayi. Ils fuient la pauvreté endémique, le chômage sans issue, les promesses politiques trahies. « Le camion ne doit pas dépasser 80 passagers », souffle un responsable du site, débordé et impuissant. Mais qui contrôle encore quoi ? À peine deux véhicules bondés quittent la ville chaque jour, et déjà, c’est tout un peuple qui s’arrache à sa terre.
Les autorités observent, commentent, s’inquiètent… mais agissent peu. Rien n’est fait pour endiguer cette hémorragie humaine qui révèle, mieux que n’importe quel discours, l’échec des politiques de développement dans les provinces dites « oubliées« . Pendant que Kinshasa inaugure des projets vitrine, les Kasaïens fuient par centaines, entassés dans des camions de fortune, au péril de leur vie. L’État, lui, regarde ailleurs.

Ce phénomène n’est pas une fatalité. Il est le résultat d’un abandon. D’un mépris historique envers les provinces de l’intérieur. Il est temps d’appeler les choses par leur nom : ce qui se joue ici, c’est un déplacement forcé déguisé en migration volontaire. Une fuite organisée par l’impuissance.
Tant qu’il n’y aura pas de réponse nationale, coordonnée, urgente, à cette fuite vers le sud, les routes du Katanga continueront d’engloutir les espoirs d’une jeunesse trahie. Ce n’est pas seulement un exode : c’est une honte nationale.
Félix Ilunga/CONGOPROFOND.NET
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Athénée de la Victoire : Les anciens élèves passent à l’action pour sauver la salle informatique
Animés par un profond sentiment de gratitude envers leur établissement formateur, les membres de l’Association des anciens de l’Institut technique commercial de l’Athénée de la Victoire (AITCV) ont posé un acte fort ce samedi 18 avril. Leur objectif : contribuer concrètement à l’amélioration des conditions d’apprentissage, notamment dans la salle informatique.

Des équipements pour renforcer l’apprentissage numérique
Pour pallier les difficultés liées à l’électricité et améliorer l’accès aux outils numériques, plusieurs équipements ont été remis à l’établissement. Parmi les dons figurent un électroprojecteur, des câbles d’alimentation, un générateur d’énergie (power), des rallonges ainsi que des prises électriques.
En complément, les anciens élèves ont procédé à la rénovation et à la peinture de la salle informatique, offrant ainsi un cadre plus moderne et fonctionnel aux apprenants.
Une remise officielle dans un climat convivial
La cérémonie de remise s’est déroulée dans le bureau du préfet des études, en présence de plusieurs autorités académiques. L’initiative, portée par le président de l’association, Delphin Kalopa, s’est tenue aux côtés du préfet Athanase Kisenda, du directeur des études Corneille Collin Mpoy, ainsi que de quelques enseignants.
Dans une ambiance chaleureuse, un procès-verbal a été lu par le vice-président Guillaume Nsikalangi, puis signé par les parties présentes. Ce document précise clairement que le matériel offert ne peut être ni vendu ni utilisé à des fins personnelles.
Des besoins persistants malgré cet appui

Tout en saluant ce geste, le préfet des études n’a pas manqué d’exprimer d’autres préoccupations majeures. Il a notamment évoqué le besoin urgent de 500 bancs supplémentaires ainsi que la dégradation des infrastructures scolaires, aggravée par les inondations récentes.
Personnel éducatif et élèves ont unanimement exprimé leur reconnaissance envers cette initiative salutaire. L’activité s’est achevée dans une atmosphère détendue et fraternelle, marquée par des échanges de vœux entre anciens élèves. » Cette action illustre parfaitement l’importance du lien entre anciens et actuels élèves dans le développement de notre Alma Mater. Une dynamique inspirante qui pourrait servir d’exemple à d’autres écoles du pays… », a fait savoir le président Delphin Kolopa.
Créée en 2019, l’association regroupe des anciens élèves des promotions allant de 1983 à 1990. Leur démarche repose sur une volonté claire : soutenir leur ancienne école qui leur a transmis des valeurs fondamentales.
Le coût global des équipements offerts est estimé à 2.500 dollars, entièrement financé par les membres, preuve de leur engagement collectif.
Elvit Kumbu Mbangi / Stagiaire UCC
