Actualité
Kasaï : l’OIM lance le projet de renforcement de confiance à travers la police de Tshikapa
L’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et ONU Femmes ont lancé le lundi 9 novembre 2020 à Tshikapa, un projet conjoint visant à renforcer la cohésion sociale et la confiance entre la population et les autorités de la province du Kasaï à travers l’introduction de la police de proximité, le dialogue communautaire et la relance socio-économique.
Financé par le Fonds pour la consolidation de la paix à hauteur de 4.555.025 millions de dollars américains, ce projet s’étend sur une durée de 18 mois.
L’objectif de ce projet est la consolidation de la paix dans la province à travers deux axes complémentaires à savoir : le renforcement de la sécurité des populations grâce à la mise en place des services de police de proximité et la promotion de l’intégration socio-économique et de la résilience des communautés vulnérables, comme alternative à la violence.
Il soutient aussi l’égalité des sexes par la promotion d’une représentation des femmes et des jeunes dans la gestion locale de la sécurité et les mécanismes de gouvernance locale. Il appuie la relance de l’économie locale en offrant des opportunités socioéconomiques durables aux communautés, principalement aux femmes et aux jeunes à risque, grâce à la création d’emplois temporaires, l’accompagnement dans le développement d’activités génératrices de revenus et de formations professionnelles, qui s’inscrivent dans le renforcement de chaines de valeur porteuses.
Pour le chef du sous- bureau de la MONUSCO à Tshikapa, Ephraim Abwe Diabe, ce projet est le bienvenu parce qu’il survient au moment où la MONUSCO est en train de se retirer dans le cadre de la transition.
« Nous travaillons avec les communautés pour identifier les causes profondes des différends intercommunautaires et menons ensuite des démarches pour renforcer la cohésion sociale et la cohabitation pacifique », déclare-t-il.
La Ministre provinciale du plan Nancy Bokele s’est réjouie quant à elle, du lancement de ce projet, indiquant qu’il constitue une opportunité cruciale pour le réchauffement des relations entre la police et la population du Kasaï.
Pour rappel, la province du Kasaï a été entre 2016 et 2017 le théâtre de violents affrontements entre plusieurs milices locales et les forces de sécurité. D’origine coutumière au départ, ce conflit s’est rapidement étendu sur l’ensemble de la province du Kasaï Central et du Kasaï, où il a été alimenté par destensions intercommunautaires latentes et le manque d’opportunités socioéconomiques pour les jeunes, l’accès limité aux services sociaux de base et le vide sécuritaire.
Elda Along/ congoprofond.net
Politique
États inquiétants des routes dans le Haut-Uele : l’A.Ch Blaise Omunyepa remet en cause la politique provinciale de Jean Bakomito
L’état préoccupant des routes dans le Haut-Uele relance le débat sur la politique des infrastructures menée par le gouverneur Jean Bakomito Gambu. Face à des axes routiers jugés dégradés et peu durables, Blaise Omunyepa, président fédéral de l’Alliance pour le Changement (Haut-Uele 2), critique ouvertement les choix opérés par l’exécutif provincial.

Le gouvernement provincial met pourtant en avant plusieurs travaux de réhabilitation réalisés sur fonds propres, présentés comme un effort pour désenclaver les territoires et faciliter les échanges vers Isiro. Ces initiatives sont perçues par les autorités comme un pas important vers le développement économique de la province.
Mais pour Blaise Omunyepa, l’enjeu ne réside pas dans le nombre de kilomètres réhabilités, mais dans la qualité des infrastructures. Il estime que privilégier des routes en terre, souvent impraticables en saison des pluies, ne répond pas aux besoins réels des populations.

Cette critique rejoint le ressenti de nombreux usagers qui dénoncent la dégradation rapide de certains tronçons à peine aménagés. L’opposant plaide pour une politique axée sur l’asphaltage et des ouvrages durables, capables de soutenir les activités économiques sur le long terme.
Au-delà de l’aspect technique, Blaise Omunyepa soulève aussi la question de la gouvernance et de la gestion des ressources publiques. Un débat de fond s’installe ainsi dans le Haut-Uele : faut-il miser sur la quantité des réalisations ou sur la qualité des infrastructures pour impulser un développement durable ?
Junior Kasamba
