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Justice pour Dr Huguette Ngomb : les organisations des droits des femmes s’opposent à la mise en liberté de l’Adg de l’hôpital du Cinquantenaire
Les fais se sont passés, il y a deux semaines, à l’hôpital du Cinquantenaire à Kinshasa dans la commune de Kasa-Vubu.
Pour la petite histoire, le Dr Huguette Ngomb est anesthésiste aux cliniques universitaires, détachée à l’hôpital du Cinquantenaire dans le cadre de son travail.
Pour une raison que l’on ignore, en date du 04 mars, l’Adg de cette formation hospitalière l’a violenté gratuitement sans motif valable et a saisi son téléphone jusqu’à ce jour. La victime, après cette violence, est allée porter plainte et le coupable a été interpellé. Malheureusement, l’homme veut user de son influence et de l’appui des autorités pour ne pas être poursuivis.
Pour Annie Bambe, présidente du forum pour les droits des jeunes et enfants au Congo, coordinatrice de la coalition Beijing,: » Nous avons reçu la copie d’une plainte d’une femme médecin anesthésiste qui est en détachement depuis deux mois à l’hôpital du Cinquantenaire. Selon elle, sans aucune raison son chef, l’Adg de l’hôpital du cinquantenaire l’a bousculé et a presque porté des coups sur elle. Elle a été brutalisée jusqu’à ce que ses collègues interviennent.
HAZEED lui a même ravi son téléphone et a accédé dans la messagerie. C’est une violation des droits humains. Cet homme à eu un comportement sexiste à l’égard de cette femme, c’est une violence. On ne comprend pas pourquoi un chef peut se comporter ainsi. Nous lui avons conseiller de saisir la justice. Une plainte a été déposée aujourd’hui contre HAZEED malheureusement nous apprenons qu’il y a une certaine pression de certaines autorités pour la libération de ce coupable. Nous disons non, tout ça doit s’arrêter et justice doit être rendu en faveur du Dr Huguette Ngomb ».
Cependant, cette militante des droits des femmes et des enfants n’est pas la seule à dénoncer cette injustice qui se prépare. Les femmes de différentes structures de défense des droits des femmes notamment, la coalition Beijing +25 Rdc et tant d’autres s’opposent à la mise en liberté de HAZEED RAHMAN, auteur des propos sexistes à l’endroit du Dr Huguette Ngomb. Elles appellent à la solidarité envers cette femme victime de violences et interpellent les autorités judiciaires à dire le droit comme il se doit.
En outre, elles mettent en garde ceux qui ont commencé à demander sa liberté tout en promettant de publier leurs noms.
Une marche de colère est prévue à Kinshasa au cas où la justice ne sera pas rendue à cette femme.
Elda Along/ congoprofond.net
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Révision constitutionnelle en RDC : Ferdinand Lokunda et l’ASMECO plaident pour une refondation institutionnelle
Le débat sur une éventuelle révision ou réforme constitutionnelle en RD Congo continue d’alimenter la scène politique et citoyenne. Parmi les voix qui se font entendre figure celle de Ferdinand Lokunda Dasilva, président de l’Association des Métis au Congo (ASMECO), une structure de la société civile engagée notamment dans la lutte contre la discrimination raciale, la marginalisation et la défense des droits des enfants sans distinction d’origine.
À travers une série de propositions rendues publiques, Ferdinand Lokunda appelle à une « nouvelle Constitution » qu’il juge plus adaptée aux réalités politiques, sécuritaires et institutionnelles de la RDC. Ses desiderata touchent aussi bien à la nationalité, à l’organisation des institutions qu’au mode de gouvernance du pays.

La double nationalité au cœur des propositions
Parmi les réformes majeures défendues par Ferdinand Lokunda figure la reconnaissance de la double nationalité pour les Congolais. Selon lui, tout citoyen devrait avoir le droit d’acquérir une autre nationalité sans perdre celle de la RDC. Une question qui revient régulièrement dans le débat national, notamment au regard de l’importante diaspora congolaise installée en Europe, en Amérique ou ailleurs en Afrique.
L’activiste estime que cette ouverture pourrait renforcer l’apport économique et intellectuel de la diaspora dans le développement du pays, tout en modernisant le cadre juridique actuel.
Un mandat présidentiel plus long
Autre proposition phare : la modification de la durée du mandat présidentiel. Ferdinand Lokunda suggère soit un mandat de 7 ans renouvelable une seule fois, soit un mandat unique de dix ans non renouvelable. Pour lui, cette réforme permettrait au chef de l’État de disposer du temps nécessaire pour exécuter ses projets de société et garantir une certaine stabilité institutionnelle.
La proposition intervient dans un contexte où la question des institutions et de leur efficacité reste largement débattue au sein de l’opinion congolaise.
Les fonctions de souveraineté et la question identitaire
Le président de l’ASMECO propose également un durcissement des conditions d’éligibilité aux fonctions dites de souveraineté. Selon sa vision, tout Congolais ayant des « affiliations » ou des « cordons ombilicaux » avec un pays voisin ne devrait pas accéder à certaines hautes fonctions de l’État.
Une position qui s’inscrit dans un climat politique marqué depuis plusieurs années par les débats autour de la nationalité, de l’identité et des questions sécuritaires dans la région des Grands Lacs.
Vers un Parlement monocaméral ?
Dans ses propositions, Ferdinand Lokunda défend aussi l’idée d’un Parlement à chambre unique composé de 800 députés, estimant que cette formule serait plus adaptée à l’immensité géographique de la RDC. Il plaide en outre pour des élections présidentielles organisées à deux tours afin de renforcer la légitimité populaire du président élu.
Enfin, il souhaite que les gouverneurs des provinces, les responsables territoriaux ainsi que le Premier ministre soient nommés par le président de la République lorsqu’ils ne sont pas originaires des entités concernées.
Une vision portée par l’ASMECO
À travers l’Association des Métis au Congo (ASMECO), Ferdinand Lokunda développe depuis plusieurs années un discours axé sur la cohésion nationale, la lutte contre les discriminations et la protection des droits des personnes marginalisées. La structure affirme également promouvoir des projets de développement communautaire et l’autofinancement pour soutenir ses actions sociales.
Ces nouvelles propositions constitutionnelles viennent ainsi élargir le champ d’intervention de cette organisation citoyenne qui entend désormais peser dans le débat public sur l’avenir institutionnel de la RDC.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
