Sécurité
Justice populaire à Bukavu : soupçonné de vol, un arbitre brûlé vif par des habitants en colère
Un drame s’est produit dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 mai 2025 à Bukavu au Sud-Kivu, dans le quartier Irambo. Patrick Ngalamulume, connu sous le nom de « Ngalas », arbitre de profession évoluant au sein de l’Entente Urbaine de Football de Bukavu (EUFBUK), a été violemment lynché puis brûlé vif par des habitants en colère qui le soupçonnaient de vol.

D’après plusieurs médias locaux, cet acte de justice populaire s’inscrit dans un climat d’insécurité croissante dans l’Est de la RDC, particulièrement depuis la prise des villes de Bukavu et Goma par les rebelles de l’AFC/M23. Faute de réponses adéquates de la part des autorités, de plus en plus de citoyens prennent la justice entre leurs mains, au risque de s’en prendre à des innocents.
En avril dernier, un cas similaire avait ému la ville de Goma (province du Nord-Kivu), où Isaac Bataana Kalebu, ancien joueur du FC Hopimasi (Hôpital de Masisi) et agent de Médecins Sans Frontières (MSF), avait été tué et brûlé vif après avoir été confondu avec un voleur alors qu’il rentrait chez lui en soirée dans le quartier Kyeshero.
Cedrick Sadiki Mbala
Sécurité
14 décès en janvier, 8 blessés en février sans prise en charge… : la société civile dresse un bilan sécuritaire alarmant du premier trimestre 2026 à Butembo
La Coordination urbaine de la Société civile du Congo (SOCICO) à Butembo a présenté, ce 15 avril 2026, un bilan sécuritaire préoccupant couvrant les trois premiers mois de l’année. Selon cette structure, 14 personnes ont été tuées au mois de janvier dans différents incidents, notamment des incursions d’hommes armés, des cas de justice populaire et des découvertes de corps sans vie.
Le mois de février a, quant à lui, a été marqué par plusieurs drames, dont des éboulements et des actes criminels ayant fait au moins 8 blessés graves, déplorés sans prise en charge adéquate. Bien qu’une relative accalmie ait été enregistrée en mars, la SOCICO estime que la situation sécuritaire reste fragile et préoccupante dans la ville.
Face à ce constat, la société civile dénonce la faible réactivité des services de sécurité et l’impunité persistante. Elle appelle les autorités à renforcer les patrouilles mixtes, intensifier les enquêtes et améliorer l’éclairage public, tout en exhortant la population à collaborer avec les forces de l’ordre et à éviter le recours à la justice populaire.
Exaucé Kaya
