Sécurité
Justice populaire à Bukavu : soupçonné de vol, un arbitre brûlé vif par des habitants en colère
Un drame s’est produit dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 mai 2025 à Bukavu au Sud-Kivu, dans le quartier Irambo. Patrick Ngalamulume, connu sous le nom de « Ngalas », arbitre de profession évoluant au sein de l’Entente Urbaine de Football de Bukavu (EUFBUK), a été violemment lynché puis brûlé vif par des habitants en colère qui le soupçonnaient de vol.

D’après plusieurs médias locaux, cet acte de justice populaire s’inscrit dans un climat d’insécurité croissante dans l’Est de la RDC, particulièrement depuis la prise des villes de Bukavu et Goma par les rebelles de l’AFC/M23. Faute de réponses adéquates de la part des autorités, de plus en plus de citoyens prennent la justice entre leurs mains, au risque de s’en prendre à des innocents.
En avril dernier, un cas similaire avait ému la ville de Goma (province du Nord-Kivu), où Isaac Bataana Kalebu, ancien joueur du FC Hopimasi (Hôpital de Masisi) et agent de Médecins Sans Frontières (MSF), avait été tué et brûlé vif après avoir été confondu avec un voleur alors qu’il rentrait chez lui en soirée dans le quartier Kyeshero.
Cedrick Sadiki Mbala
Politique
RDC : le RSD Ivan Ilunga plaide pour un dialogue permanent, mais rejette tout format « imposé par les rebelles »
Le président national du parti politique Rassemblement pour la souveraineté et la démocratie (RSD), le Dr Ivan Ilunga, s’est exprimé ce mardi 24 février sur la question du dialogue en République démocratique du Congo (RDC), défendant le principe d’un dialogue permanent tout en rejetant catégoriquement toute négociation dans un format qu’il estime dicté par des mouvements rebelles.
Dans une interview accordée à CONGOPROFOND.NET, le leader politique a souligné que la RDC, « pays à dimension continentale », ne peut être gouvernée « en refusant le dialogue ». « Le dialogue doit être permanent », a-t-il insisté, précisant toutefois qu’il ne saurait s’agir d’un dialogue destiné à « brasser, mixer ou pardonner » à ceux qui, selon lui, « sèment la terreur et la désolation ».
Refus d’un dialogue « pour humilier la République »
Pour Ivan Ilunga, toute initiative de pourparlers qui viserait à remettre en cause les fondements institutionnels de l’État serait inacceptable. Il estime que certains formats proposés par des groupes armés auraient pour objectif « d’humilier la République » et « de détruire la Constitution ».
« La Constitution est l’âme de la République », a-t-il martelé, soutenant que toute discussion éventuelle devrait impérativement se faire dans le respect des institutions légalement établies, notamment du président de la République.
S’il reconnaît la place du dialogue dans la gestion des crises, le président du RSD a affirmé que celui-ci ne peut se tenir « dans le format proposé par les rebelles », qu’il accuse de manquer de crédibilité et d’engagement.
Déclarations sur l’AFC/M23
Évoquant la situation sécuritaire dans l’Est du pays, Ivan Ilunga a affirmé que le décès de Willy Ngoma, porte-parole de l’AFC/M23, consacrerait, selon lui, « sur le plan spirituel et politique », la fin de ce mouvement.
Il a estimé que cette disparition laisserait le groupe « sans parole », tout en disant ne pas souhaiter d’autres morts parmi ses membres. À ce sujet, il a plaidé pour que certains responsables rebelles soient arrêtés et traduits en justice plutôt que tués.
Citant notamment les noms de Corneille Nangaa et les autres, il a suggéré qu’ils puissent être faits prisonniers « pour servir de leçon », évoquant la prison comme « une correction morale et citoyenne ».
Appel à un « pardon national »
Le président du RSD a, par ailleurs, appelé les membres des groupes armés à demander « un pardon national ». Selon lui, les institutions de la République pourraient alors les conduire à la prison centrale de Prison centrale de Makala afin qu’ils « purgent leur peine », rappelant que certains sont déjà condamnés.
À travers cette prise de position, Ivan Ilunga réaffirme la ligne de son parti : ouverture au dialogue dans le respect strict des institutions et de la Constitution, mais fermeté à l’égard des mouvements armés accusés de porter atteinte à la souveraineté et à l’intégrité de l’État congolais.
Félicien MK
