Actualité
Jimmy Cliff : Retour sur l’épisode kinois qui a marqué sa carrière
La disparition de Jimmy Cliff à 81 ans attriste le monde de la musique. Icône du reggae et voix engagée de la diaspora africaine, l’artiste jamaïcain laisse aussi un héritage moins connu mais profondément ancré dans la mémoire congolaise : son passage à Kinshasa et sa collaboration historique avec plusieurs orchestres zaïrois.
Au milieu des années 1980, alors que Kinshasa brillait comme capitale culturelle de l’Afrique, Cliff choisit le Zaïre pour y enregistrer des titres mêlant reggae et soukous. Séduit par l’énergie de la scène locale, il travaille notamment avec le Grand Zaïko Wawa, formation phare héritière de l’école Zaïko. De cette rencontre naîtront des morceaux devenus rares et recherchés, parmi lesquels “Love Me I” et “Love Me II”.
Le Jamaïcain collabora également avec le TP OK Jazz de Franco sur « Shout for Freedom » et avec Afrisa International de Tabu Ley sur « Girls and Cars ». Ces sessions témoignent d’une ambition artistique unique : unir la pulsation jamaïcaine aux guitares électriques et aux rythmes fulgurants du soukous.
Si cette parenthèse africaine n’a pas bénéficié d’une médiatisation internationale, elle reste un moment fort pour les musiciens congolais, qui virent dans cette collaboration un signe de reconnaissance mondiale. Pour Cliff, ce séjour au Zaïre était un retour aux racines et une célébration de l’Afrique qui l’inspirait tant.
À l’heure où le monde rend hommage à Jimmy Cliff, Kinshasa peut se souvenir avec émotion : la ville a accueilli et marqué l’une des aventures les plus audacieuses de sa carrière.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
Politique
États inquiétants des routes dans le Haut-Uele : l’A.Ch Blaise Omunyepa remet en cause la politique provinciale de Jean Bakomito
L’état préoccupant des routes dans le Haut-Uele relance le débat sur la politique des infrastructures menée par le gouverneur Jean Bakomito Gambu. Face à des axes routiers jugés dégradés et peu durables, Blaise Omunyepa, président fédéral de l’Alliance pour le Changement (Haut-Uele 2), critique ouvertement les choix opérés par l’exécutif provincial.

Le gouvernement provincial met pourtant en avant plusieurs travaux de réhabilitation réalisés sur fonds propres, présentés comme un effort pour désenclaver les territoires et faciliter les échanges vers Isiro. Ces initiatives sont perçues par les autorités comme un pas important vers le développement économique de la province.
Mais pour Blaise Omunyepa, l’enjeu ne réside pas dans le nombre de kilomètres réhabilités, mais dans la qualité des infrastructures. Il estime que privilégier des routes en terre, souvent impraticables en saison des pluies, ne répond pas aux besoins réels des populations.

Cette critique rejoint le ressenti de nombreux usagers qui dénoncent la dégradation rapide de certains tronçons à peine aménagés. L’opposant plaide pour une politique axée sur l’asphaltage et des ouvrages durables, capables de soutenir les activités économiques sur le long terme.
Au-delà de l’aspect technique, Blaise Omunyepa soulève aussi la question de la gouvernance et de la gestion des ressources publiques. Un débat de fond s’installe ainsi dans le Haut-Uele : faut-il miser sur la quantité des réalisations ou sur la qualité des infrastructures pour impulser un développement durable ?
Junior Kasamba
