Analyses et points de vue
James Swan prend la tête de la MONUSCO avec la lourde tâche de faire respecter le cessez-le-feu de Doha
Deux semaines après sa nomination par le Conseil de sécurité, le diplomate américain James Swan a officiellement pris ses fonctions de Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC, ce mardi 7 avril 2026. Il succède à la Guinéenne Bintou Keita et hérite d’une mission à un moment charnière : garantir l’application du fragile accord de paix signé à Doha en novembre 2025 entre Kinshasa et le RDF/M23.
Première urgence pour le nouveau patron de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) : mettre sur pied le mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu prévu par l’accord de Doha. Signé en novembre 2025 sous l’égide du Qatar, ce texte est censé ramener un calme durable dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, déchirées par des décennies de violences armées. La tâche s’annonce immense dans une région où les groupes armés prolifèrent et où la défiance envers la mission onusienne reste vive parmi la population.
Second dossier sur le bureau de James Swan : obtenir la réouverture complète des aéroports du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Depuis la reprise des hostilités il y a plusieurs mois, les liaisons aériennes civiles et humanitaires sont drastiquement limitées, paralysant l’acheminement de l’aide et les déplacements des acteurs institutionnels. “C’est un préalable à toute normalisation de la vie économique et à l’accès aux populations déplacées”, rappelle-t-on de source onusienne.
Lors de sa première prise de parole à Kinshasa, le nouveau Représentant spécial a tenu à adresser un message au peuple congolais, tout en cadrant ses priorités : “Ma priorité est de veiller à ce que la MONUSCO mette pleinement en œuvre le mandat que lui a confié le Conseil de sécurité, mettant l’accent sur la protection des civils […] et à la création de conditions propices à une paix durable.” Et d’insister sur le respect de la souveraineté congolaise, un point sensible alors que la mission est régulièrement accusée d’inefficacité ou d’ingérence.
À 63 ans, James Swan n’arrive pas en terrain inconnu. Avant de diriger la mission de l’ONU en Somalie (UNTMIS) depuis mars 2025, ce diplomate de carrière a été ambassadeur des États-Unis à Kinshasa de 2013 à 2016, une période marquée par les tensions autour du troisième mandat de Joseph Kabila. Il avait auparavant exercé comme chef de mission adjoint à l’ambassade américaine entre 2001 et 2004, dans un Congo tout juste sorti de la deuxième guerre du Congo.
Cette connaissance fine des arcanes politiques congolaises pourrait s’avérer précieuse pour naviguer entre les exigences du gouvernement Tshisekedi et les réalités du terrain à l’Est. Reste que la réussite de sa mission dépendra largement de facteurs extérieurs à la MONUSCO. La mise en œuvre de l’accord de Doha suppose une volonté politique constante de Kinshasa et de Kigali, accusé de soutenir le RDF/M23 – ce que le Rwanda nie.
Sur le plan intérieur, la mission doit aussi composer avec un sentiment anti-MONUSCO croissant, nourri par des années de promesses de paix non tenues. Le nouveau patron a jusqu’au 30 novembre prochain, date prévue du prochain examen du mandat par le Conseil de sécurité, pour démontrer que la mission peut encore faire la différence.
Winnie Dina / Stagiaire UCC
Actualité
Le député Jacques Djoli brandit Tocqueville : la souveraineté populaire foudroie l’imposture
L’Honorable Jacques Djoli Eseng’Ekeli n’a pas seulement démenti une rumeur : il a donné une magistrale leçon de grandeur. Par un tweet lapidaire convoquant la science, le Rapporteur de l’Assemblée nationale a refusé de descendre dans l’arène fangeuse où certains voulaient l’attirer. Il a choisi la verticale. Face à la manœuvre odieuse qui lui prêtait des propos imaginaires, il ne s’est pas justifié.
Il a surplombé, avec l’autorité souveraine de celui qui manie le droit comme on manie le glaive. Un silence calculé, puis une annonce : l’heure de la vérité sonnera, et elle sera sans appel. Car la riposte, c’est à Tocqueville qu’il la confie, élevant soudain le débat à des hauteurs où la calomnie ne peut plus respirer. Aux “chercheurs du Buzz” qui alimentent l’infamie, il assène la pensée centrale de l’article 5 de la Constitution.
Celle qui brûle toutes les impostures : “Au-dessus de toutes les institutions et en dehors de toutes les formes réside un pouvoir souverain : celui du peuple, qui les détruit ou les modifie à son gré.” Ce n’est plus un tweet, c’est un manifeste. Le pouvoir créateur, le pouvoir constituant originaire, est par essence illimité, inconditionné, indomptable. Placé au-delà des pouvoirs institués (simples créatures ), il détient la faculté sublime de tout refonder.
La faculté de briser les cadres établis et de redessiner, dans sa majesté absolue, le pacte national tout entier. Voilà la souveraineté populaire dans sa vérité nue, que le Professeur Jacques Djoli brandit comme une torche dans la nuit des manigances. Ainsi, en deux phrases et une citation, l’honorable rapporteur vient d’offrir à la nation congolaise bien plus qu’un rétablissement des faits : il lui restitue la puissance de son propre destin.
Là où les manœuvriers espéraient l’enfermer dans une polémique stérile, il leur oppose le granit des principes, rappelant que le peuple est le seul maître, le seul architecte, le seul juge. Par cette riposte éclatante, où Tocqueville éclaire le chemin de la RD Congo, Jacques Djoli Eseng’Ekeli lave son honneur sans une once d’aigreur, et du même geste réarme la démocratie avec une force conceptuelle rare. La calomnie n’a pas été vaincue : elle a été dissoute, dans la lumière d’une vérité plus haute. Magistral.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
