Education
Ituri : une réponse intégrée pour protéger et scolariser les enfants affectés par le conflit
Dans un contexte où l’insécurité et les déplacements continuent de fragiliser les familles en Ituri, un projet d’appui intégré apporte une réponse à la fois sociale, éducative et psychosociale aux besoins des filles et garçons affectés par le conflit armé. Financé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, il est mis en œuvre par Save the Children et AJEDEC dans les zones de santé de Komanda et Drodro.
L’initiative combine la gestion des cas, les Espaces amis des enfants, le renforcement des capacités communautaires et institutionnelles ainsi que le soutien scolaire formel et non formel. Sur le terrain, les activités progressent et les bénéficiaires rencontrés saluent l’appui reçu.
Sur le volet protection, 12 gestionnaires de cas (4 femmes, 8 hommes) ont vu leurs capacités renforcées. Parmi eux figurent 8 travailleurs para-sociaux, 3 superviseurs de la DIVAS et 1 gestionnaire de base de données d’AJEDEC. Tous ont été formés à l’approche inter-agence de gestion de cas sensible au genre et aux Premiers Secours Psychologiques.
Cet accompagnement a permis la prise en charge de 55 Enfants Associés aux Groupes Armés (12 filles, 43 garçons) âgés de 11 à 17 ans, 74 Enfants Non Accompagnés ou Séparés (25 filles, 49 garçons) âgés de 4 à 17 ans, ainsi que 66 survivantes de Violences Sexuelles et Basées sur le Genre âgées de 6 à 17 ans.
Parmi ces cas, 38 EAFGA (9 filles, 29 garçons), 61 ENA (17 filles, 44 garçons) et 35 survivantes de VBG ont été clôturés avec succès. Actuellement, 17 cas d’EAFGA (7 filles, 10 garçons), 13 cas d’ENA (1 fille, 12 garçons) et 31 cas de VBG restent en cours de suivi.
Les mécanismes communautaires ont été consolidés dans trois aires de santé de Drodro : Blukwa, Masumbuko et Drodro et quatre aires de santé de Komanda : Mangiva, Makayanga, Komanda et Mangusu. Cinquante-six membres des Réseaux communautaires de protection de l’enfant (28 femmes, 28 hommes) ont été formés. En parallèle, 35 femmes issues des familles d’accueil transitoires ont bénéficié d’un renforcement en matière de protection et de sauvegarde, ainsi que d’un appui en articles ménagers essentiels pour améliorer leurs capacités d’accueil.
Les Espaces amis des enfants mobiles, animés par 16 facilitateurs (9 femmes, 7 hommes) formés aux Premiers Secours Psychologiques et aux activités récréatives adaptées, ont organisé des séances au profit de 3 711 enfants (2 062 filles, 1 649 garçons).
L’approche « Familles épanouies » a permis de toucher 326 personnes (115 femmes, 104 hommes, 50 filles, 57 garçons), en favorisant des pratiques parentales positives et la cohésion familiale. De leur côté, 5 facilitatrices ont conduit l’approche « Les filles décident » au bénéfice de 236 filles, 111 âgées de 10 à 14 ans et 125 de 15 à 19 ans, afin de renforcer leur pouvoir d’agir et leurs compétences de vie, notamment sur le plan socioéconomique.
Sur le plan éducatif, l’appui vise à garantir un accès inclusif et de qualité pour les enfants issus des familles déplacées, retournées et des communautés hôtes. Au total, 2 940 élèves de l’enseignement formel (1 716 filles, 1 224 garçons) et 219 enfants inscrits dans les Centres de Rattrapage Scolaire (106 filles, 113 garçons) ont reçu des kits scolaires. Les deux CRS concernés fonctionnent à l’école primaire Mbalimasu et à l’école primaire Sikati, dans la zone de santé de Komanda.
Les enfants inscrits dans les CRS ont également bénéficié de la prise en charge des frais scolaires afin d’éliminer les barrières financières à l’éducation. À Mbalimasu, des salles de classe sont en cours de construction pour améliorer les conditions d’apprentissage.
L’amélioration du cadre éducatif a concerné 41 membres du personnel (15 femmes, 26 hommes) ayant reçu des kits pédagogiques. Des kits récréatifs et didactiques ont été fournis aux 8 écoles et aux 2 CRS appuyés. Par ailleurs, les travaux de réhabilitation de 5 salles de classe et de 4 portes de latrines sont en cours pour renforcer la capacité d’accueil et la sécurité.
Les clubs de rattrapage scolaire ont mobilisé 25 encadreurs formés (6 femmes, 19 hommes) et permis d’améliorer les compétences en lecture et en écriture de 360 élèves (228 filles, 132 garçons). Ces activités se déroulent dans les écoles primaires Amani de Drodro, Hona, Masumbuko, Libu, Sikati, Mangusu, Mbalimasu et Idohu.
En complément, 39 membres du personnel éducatif (17 femmes, 22 hommes) ont été formés à l’apprentissage socio-émotionnel pour améliorer le climat scolaire et la résilience des élèves. Quinze points focaux protection (7 femmes, 8 hommes) ont également été formés à l’identification et au référencement sûr, ainsi qu’à la vulgarisation du Code 22, le code de conduite du personnel enseignant.
En réunissant protection, accompagnement psychosocial et appui à l’éducation, ce projet propose une réponse cohérente aux défis auxquels font face les enfants en Ituri. Dans un environnement marqué par l’instabilité, il vise à préserver à la fois leur sécurité, leur bien-être et leur droit à apprendre.
Verite Johnson
Education
Watsa 1 : Lancement d’une formation stratégique pour renforcer la qualité de l’enseignement maternel
Une formation de deux jours a été lancée ce mardi 03 mars 2026 à l’école primaire Malemba, située à Durba, dans la sous-division de Watsa 1, relevant de la province éducationnelle du Haut-Uele 2.
Prévue du 03 au 04 mars 2026, cette session réunit les éducateurs et éducatrices de la maternelle ainsi que leurs chefs d’établissements.
Cette initiative, qui a démarré dans la cité administrative de Watsa, s’étendra également à d’autres localités de la sous-division de Watsa 1, dans le but de renforcer les capacités pédagogiques des enseignants à la base.

Dans une interview exclusive accordée à CongoProfond.net dans la soirée de ce mardi, Josée Mulugutilo Payte, inspecteur Chef de pool chargé de la maternelle et du primaire dans la sous division de Watsa 1 a indiqué que cette formation vise à aider les éducateurs et éducatrices de la maternelle à se conformer au programme national en vigueur, tout en améliorant la tenue des fiches d’appréciation des enfants, un outil essentiel pour assurer un suivi pédagogique efficace.
Deux principaux thèmes sont abordés au cours de ces assises : la tenue et la gestion des fiches d’appréciation des enfants, ainsi que la conduite des activités pédagogiques en mathématiques, en arts plastiques et en langage pré-lecture à la maternelle.
Selon l’inspecteur, l’objectif est de doter les enseignants de compétences pédagogiques solides afin d’améliorer la qualité de l’encadrement des tout-petits.
Elle a, par ailleurs, exhorté les participants à traduire dans la pratique les notions théoriques acquises au cours de cette formation.
De leur côté, les participants ont salué cette initiative qu’ils jugent bénéfique pour le secteur éducatif local et ont exprimé le souhait de voir ce type de formation organisé de manière régulière pour consolider davantage leurs compétences professionnelles.
Junior kasamba/Congo profond.net
