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Ituri : un chef du groupement arrêté «en pleine activité illégale» dans la réserve de faune à Okapi
Depuis le 03 juin 2024, la Réserve de Faune à Okapi, RFO, a mis la main sur deux personnes. L’un d’un est le chef du groupement Andibuta, chefferie des Walese Karo dans le territoire de Mambasa.
La RFO accuse le chef Apeni Kirongozi et son compagnon d’atteintes graves à l’environnement notamment la réalisation des travaux non prévus dans le plan d’aménagement d’une aire protégée, l’exploitation minière illégale, l’abattage des essences forestières, la construction de maisons et hangars dans le but de créer un nouveau village dans une protégée et le braconnage à grande échelle des espèces protégées qu’abritent la RFO.
Mis à la disposition de la justice, le chef du groupement a été appréhendé par les eco- gardes à Bepela, un site minier illégal se trouvant en pleine réserve à plus de 3 heures de marche de Bandisende, une localité de Babila Babombi.
« La direction de la réserve de faune à Okapi condamne fermement cette énième tentative d’exploitation minière illégale et atteinte à l’environnement. Nous appelons les négociants, les exploitants miniers à se désintéresser aux sollicitations de financer ou soutenir les activités illégales» peut-on lire dans le communiqué de la RFO parvenu à congoprofond.net
Quelques heures après l’attestation du chef, une vive tension a été observée au village Ekulungu du groupement Andibuta. La population protestait contre l’arrestation de leur chef pour un prétendu dossier de limite. La RFO a été pointée du doigt par les manifestants de vouloir spolié leur terre laissée par leurs ancêtres.
De l’autre côté, la RFO qui lutte contre les activités et l’occupation illégales dans son espace, se réclame propriétaire.
Verite Johnson/CONGOPROFOND.NET
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Constant Mutamba rattrapé par la justice : L’affaire FRIVAO prend une tournure explosive !
L’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, se retrouve une fois de plus au cœur d’une affaire judiciaire aux ramifications inquiétantes. Déjà condamné dans un dossier portant sur 19 millions de dollars américains, son nom refait surface dans un scandale lié à la gestion du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO).
Depuis ce mardi 21 avril 2026, les audiences ont officiellement débuté devant la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe, mettant en lumière de nouvelles accusations de détournement de fonds destinés à indemniser des victimes.

Un directeur général au cœur des révélations
Au centre des débats figure Chançard Bolukola, directeur général ad intérim du FRIVAO, nommé à l’époque par Constant Mutamba et présenté comme l’un de ses proches. Lors de sa comparution, il est apparu comme un exécutant des décisions prises au sommet, évoquant implicitement une chaîne de responsabilités remontant jusqu’à l’ancien ministre.
Face aux questions du ministère public, Bolukola a montré des limites troublantes dans la gestion des dossiers qui lui étaient confiés, renforçant les soupçons d’une gouvernance opaque.
Des marchés publics entachés d’irrégularités
L’audience a révélé l’attribution de marchés publics dépassant les 2 millions de dollars à des sociétés sans existence clairement établie. Incapable de fournir des adresses ou même d’identifier les responsables de ces entreprises, le directeur général a suscité l’indignation du tribunal.
Ces contrats ont été conclus sans vérification préalable, sous la bénédiction de l’ancien ministre. Une légèreté administrative qui interroge sur les mécanismes de contrôle et la traçabilité des fonds publics.
Une affaire aux implications politiques et judiciaires lourdes
Selon plusieurs sources, cette affaire pourrait prendre une ampleur encore plus importante, avec des ramifications politiques sensibles. Des soupçons évoquent même l’inscription frauduleuse de personnes, notamment issues d’un parti politique proche de la direction du FRIVAO, parmi les bénéficiaires des indemnisations.
Si ces faits sont avérés, ils pourraient non seulement aggraver la situation judiciaire de Constant Mutamba, mais aussi ébranler davantage la confiance du public dans la gestion des fonds destinés aux victimes.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
