Santé
Ituri : Hôpital attaqué, malade tué, MSF suspend ses activités
C’est maintenant officiel : l’organisation non gouvernementale médicale humanitaire « Médecin sans frontières » suspend ses activités à l’hôpital général de référence de Drodro, situé dans le territoire de Djugu en Ituri, province du nord-est de la République démocratique du Congo.
Annonce faite ce mercredi 20 mars 2024 à Bunia, chef-lieu de la province. Dans la nuit du 6 au 7 mars, une attaque de la milice CODECO a ciblé cet hôpital, faisant un mort (une malade) aux côtés de pillages.
Une attaque, considérée comme un crime de guerre, qui motive le MSF de fermer ses activités sur place.
« Les structures de soins sont des espaces protégés et ne doivent pas faire l’objet d’attaques », rappelle Gérard Uparpiu, coordonnateur du projet Drodro.
Il estime que s’attaquer à cette structure, c’est s’attaquer à MSF.
Plus de 114 000 personnes sont affectées par cette suspension. L’hôpital général est resté fermé depuis près de deux semaines, après cette attaque. Face à ces contraintes, cet organisme appelle les parties en conflit à assurer la protection des droits civils et de la mission médicale, à garantir l’accès aux soins en toute sécurité, à garantir l’accès humanitaire et la sécurité des organisations humanitaires.
Le MSF est en Ituri depuis plus de 20 ans. À Drodro, cette ONG appuie l’hôpital avec des soins pédiatrics en cas compliqués, une unité nutritionnelle, les cas des blessures, des offres logistiques, l’approvisionnement en eau, la maintenance en électricité, une unité de laboratoire en intrant et en personnel, etc.
C’est donc un véritable danger qui guette la population avec la suspension de ses activités dans une zone où le respect du droit humanitaire international peine à être une réalité. Les conséquences pourront être visibles sur la population bénéficiaire de ces soins.
Cependant, MSF maintient ses interventions au camp de Rhoo et son soutien au centre de santé de Blukwa Mbi dans le même territoire de Djugu.
Vérité Johnson/CONGOPROFOND.NET
À la Une
HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril
L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.
D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.
Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.
Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
