Actualité
ISC/Bandundu (Kwilu) : les frais académiques divisent les étudiants et le comité de gestion
Les étudiants de l’Institut supérieur du commerce de Bandundu (ISC/Bandundu) ont manifesté lundi 13 juin 2022. Dès lors, les rapports avec les membres du comité de gestion ont tourné au rouge. La pomme de discorde : les montants fixés par les autorités académiques comme frais de scolarisation.
Le comble, la coordination des étudiants ne partage pas le même langage que les étudiants. La coordination des étudiants en effet appuie la position du comité de gestion qui tient que l’ISC/Bandundu reste la seule institution d’enseignement supérieur et supérieur de la ville qui qui a fixé le taux le plus bas des frais académiques.
Devant cette imbroglio, il a fallu l’intervention du gouvernement provincial pour calmer les ardeurs et appeler au calme.
Le vice Gouverneur de province, au nom de son titulaire en mission à convoqué une réunion d’urgence dans la grande salle de réunion de l’hôtel du gouvernement ce mardi 14 juin 2022 pour écouter la représentation des étudiants.
Les chefs des promotions ont émis des avis différents de la coordinatrice, qu’ils ont accusée d’être en complicité avec les autorités académiques.
Le conseiller administratif du gouverneur, prof Roland Mvelé a soutenu la position de la coordinatrice et du comité de gestion. Pour lui, le problème qui divise les étudiants, la représentation des étudiants et le comité de gestion est dû au fait qu’il y a déficit dans la co communication entre les parties en présence.
Le vice-gouverneur de province, Felicien Kiway Mwadi a appelé les étudiants à l’apaisement, promettant d’échanger avec les autorités académiques pour une solution adéquate.
Faisant d’une pierre deux coups, le vice-gouverneur a informé les étudiants de l’arrivée imminente de chef de l’État en visite dans leur province. Il les a sensibilisé à réserver un accueil chaleureux au président de la république Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
David Mayele/CONGOPROFOND.NET
Politique
Guillaume Ngefa Atondoko : l’inflexible gardien du Droit au service de la Justice du Peuple
Il est des nominations qui sonnent comme des professions de foi. Celle de Guillaume Ngefa Atondoko au poste de Ministre d’État, Garde des Sceaux et Ministre de la Justice, le 8 août 2025, est de celles qui redonnent espoir à tout un peuple en quête d’équité. Rares sont les personnalités dont le pedigree international et le courage personnel forcent autant le respect.
Ce juriste chevronné, diplômé de Columbia University et de l’Institut des droits de l’homme de Strasbourg, n’a pas attendu les ors de la République pour servir son pays. Dès les années 1990, alors que la dictature zaïroise étouffait toute velléité de liberté, il cofondait l’AZADHO (devenue ASADHO), bravant menaces et tentatives d’assassinat pour documenter les exactions. Son parcours à l’ONU, où il a piloté la Division des droits de l’homme de la MINUSMA au Mali avant d’en être expulsé pour son intransigeance, puis dirigé l’Examen Périodique Universel à Genève, a forgé en lui une cuirasse d’intégrité.
Aujourd’hui, c’est avec cette même intransigeance morale qu’il a accepté de relever le défi le plus périlleux de sa carrière : restaurer la foi des Congolais en leur justice. Conscient de l’immensité de la tâche dans un système judiciaire miné par la corruption et la lenteur, Guillaume Ngefa n’a pas perdu une minute pour poser les jalons de son ambitieux projet réformateur. Son action s’articule autour d’une vision claire : une justice de proximité, digitalisée et surtout indépendante.
Parmi ses premières initiatives marquantes, on note le renforcement immédiat de la coopération avec la MONUSCO pour l’humanisation du système pénitentiaire congolais, un dossier brûlant tant les conditions de détention sont souvent indignes. En recevant Patience Saï et en relançant les travaux du groupe technique sur la stratégie pénitentiaire, il a démontré que la modernisation des infrastructures carcérales et la protection des détenus, en particulier les femmes, figuraient au sommet de ses priorités.
Parallèlement, il travaille à la digitalisation de la chaîne judiciaire et à la réforme de la formation des magistrats, avec l’ambition affichée de faire de l’École de magistrature un creuset d’excellence éthique et non plus un simple lieu de passage. Mais au-delà des réformes techniques, c’est la dimension profondément humaine et politique de sa mission qui impressionne. Nommé dans un contexte de crise de légitimité suite aux affaires ayant éclaboussé son prédécesseur, il incarne un “pari risqué” sur l’éthique. Pourtant, cet homme qui a documenté les massacres des années 1990 et survécu à l’exil forcé sous Laurent-Désiré Kabila, aborde cette nouvelle bataille avec la sérénité des vétérans.
S’il se définit comme le “ministre du peuple”, c’est parce qu’il sait que la justice ne se décrète pas d’en haut ; elle se vit au quotidien dans les villages reculés et les quartiers populaires. En posant la première pierre d’une justice de proximité et en s’attaquant frontalement aux interférences politiques, Guillaume Ngefa Atondoko ne cherche pas à être populaire, mais à être utile. Et c’est précisément dans cette quête d’une justice intègre et souveraine que réside tout l’espoir d’un État de droit véritable en République Démocratique du Congo.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
